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📂 Les voies insondables de l’avenir Haïtien

Texte reçu le 24 mars 2012

Dr Jean L. Théagène

A partir du moment où, dans un pays, s’établit un divorce entre l’orientation du régime et les aspirations de la jeunesse, alors, oui, la catastrophe est proche- alors, le totalitarisme menace à plus ou moins long terme.

Pierre Mendès France.

Roger Martin du Gard écrivait sans complaisance, il y a de cela un siècle : une conviction qui commence par admettre la légitimité d’une conviction adverse se condamne à n’être pas agissante. C’était, il y a cent ans et le monde n’était pas fait que de canards sauvages émigrant d’un bout à l’autre de la planète au fil des saisons. Aujourd’hui, que nous sommes réduits à contempler en silence la désagrégation de la Patrie, un soupçon d’insurrection semble vouloir nous consoler de notre cafard.

Pour ou contreLa semaine écoulée, certains bonzes éternels de la politique haïtienne, sur les ondes d’une station de radio de la capitale, sont montés au créneau et ont sorti leur verve des grands jours d’exaltation pour fustiger le comportement des hommes au pouvoir. Il est vrai que de 86 à nos jours, ils ont été de tous les combats, toujours en position d’arrière-garde et surtout prêts à brandir en absence de tout danger, l’oriflamme des victoires faciles. Mais, de leurs propos et de leurs critiques, qu’en ont fait l’Exécutif et le Législatif ? Encore, c’est le mutisme d’une agonie prolongée comme seule sait en infliger l’ethnie nègre. Et c’est dommage pour un pays de griots coutumiers des longs palabres, à l’ombre des mapous feuillus. (suite…)

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📂 Dans les affres de l’angoisse, le monde entier s’interroge

Texte reçu le 26 février 2012

« Orphée ne pouvait cependant pas prétendre que jusqu’à la fin des âges les fauves se laisseraient prendre à sa musique. Toutefois, on pouvait peut-être espérer qu’Orphée lui-même ne deviendrait pas un fauve ».

Julien Benda

Dr. Jean L. Théagène
Toussaint LouvertureQuand, méditant sur un rocher de l’île de Sainte Hélène où le retenait captif la soldatesque anglaise, Napoléon Bonaparte, foudre de guerre des armées françaises, vainqueur de cinq coalitions européennes revoyait le film de sa vie, il devait assurément se rappeler ce général nègre que, quelques années auparavant, il laissa mourir dans son cachot du Fort de Joux. On le devine aisément, souriant tristement au souvenir de ses tractations avec l’esclave devenu Gouverneur Général à Vie de la plus riche colonie française. On se l’imagine encore s’insurgeant contre ce destin d’insulaire que lui imposaient les circonstances.

Dérisoire souverain de l’île d’Elbe après avoir connu toute l’ardente ferveur du sort des armes et la somptuosité démesurée d’un pouvoir presque continental, l’illustre prisonnier devait se souvenir de sa correspondance soutenue avec ce Chef rebelle qui s’était toujours permis de  traiter d’égal à égal dans ses missives historiques : «  Du premier des Noirs au Premier des Blancs » ; tel fut l’exergue qui revenait, en leitmotiv lancinant, hanter ses réflexions sur la vanité existentielle. Tel fut l’aphorisme qui, au terme de sa vie tumultueuse et surtout bien remplie, devait lui indiquer, à lui, devant qui tous les souverains d’Europe se courbaient, toute la charge de dignité, toute la puissance de fierté, renfermées dans l’insignifiant corps d’ébène de Toussaint Louverture. (suite…)

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📂 Honneur et respect à Kettly Mars: Prix Prince Claus 2011 !

Texte reçu le 27 février 2012

Par Chenald Augustin
Kettly Mars. Courtoisie : The Prince Claus Fund Cela semble une tradition, un rituel : chaque lauréat du prix Prince Claus reçoit sa distinction dans son propre pays. Jeanguy Saintus, le deuxième créateur haïtien à être distingué en 2008 après Frankétienne pour l’ensemble de son oeuvre chorégraphique, a réalisé, lors de la remise du prix en 2009 par le consul général des Pays-Bas en Haïti, Rob Patberg, une grande soirée de danse à son studio-théâtre à Pétion-Ville. Quant à Kettly Mars, elle s’est vue honorée, le samedi 25 février au Karibe. Cette voix puissante de la littérature contemporaine haïtienne a été distinguée en septembre 2011 parmi 10 autres lauréats par la fondation Prince Claus pour la culture et le développement.

Kettly Mars saluée avec solennité

La cérémonie de réception du prix Prince Claus à l’auteure de « Saison sauvage » a été une vraie célébration de son oeuvre (poétique et romanesque) et de sa personnalité. Ce fut aussi une soirée où le jazz (apporté par le duo formé du pianiste néerlandais Mike del Ferro et de la chanteuse Nadège Tippenhauer), la danse, les chants traditionnels et les rythmes de tambour de l’Ensemble rythmique d’Ayikodans, se sont succédé, enchaînés, ce pour rendre le plus bel hommage à Kettly Mars. (suite…)

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📂 Parlement Haitien: Appel à la Nation

Texte reçu le 24 février 2012

Simon Dieuseul Desras, Président du Sénat de la RépubliqueL’histoire d’Athènes, la cité grecque qui propulsa la citoyenneté à la dimension d’un sacerdoce, nous offre un exemple exaltant de patriotisme et de fidélité à la légalité démocratique.

Socrate, le philosophe, présenté par l’oracle de Delphes comme le plus sage des hommes, inconditionnellement assujetti à l’ordre de la Cité, a été écroué et condamné à mort sous la férule d’une loi injuste…

Pressuré par ses amis de s’évader de prison, il préféra la mort à l’idée d’enfreindre les lois d’Athènes qui lui avaient permis de s’épanouir, d’enseigner, de philosopher, de rechercher la vérité. Pour Socrate, la liberté de penser est sans bornes, alors que la liberté d’agir est toujours limitée et soumise aux lois. Il faut obéir en actes et non en pensée aux prescrits des pouvoirs établis. L’esprit critique n’est pas l’esprit de rébellion. Il ne s’oppose pas au premier devoir du citoyen à l’égard de la Cité : l’obéissance. (suite…)

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📂 Gary Conille: sans complexe devant l’histoire

Texte reçu le 24 février 2012

Dr. Jean L. Théagène
Enfin, les dés sont jetés. Un nouveau locataire devra prendre gîte à la Primature, institution devenue depuis 1985, sous l’instigation du Ministre Jean Marie Chanoine, à travers les amendements de la Constitution de 1983 et approuvés à la faveur d’un referendum le 22 Juillet de la même année, la nouvelle maison du peuple. Mais de quel peuple, il s’agit ?

Est-ce celui des faubourgs de la Capitale et des grandes villes de province ou la faune des bidonvilles dressés comme des verrues à l’entrée des nouveaux agglomérats cossus, témoignages en béton armé des conquêtes matérielles d’individus en transfert de classe ? Est-ce encore cette horde de barbares déchaînés, manipulés par des politiciens sans vergogne en mal de popularité, qu’ils lançaient sur les foyers de paisibles citoyens à chaque fois que ces pêcheurs en eaux troubles évoquaient des tranches d’histoire pour masquer leur impéritie congénitale de procéder démocratiquement à la gestion de la République ? Loin d’imprimer à cette double casquette qui ne répond nullement à nos us et coutumes une orientation orthodoxe, Haïti, de 1991 à nos jours, a connu dix-sept têtes de Turcs. Aujourd’hui, les dés, pipés au départ, viennent d’être jetés. (suite…)

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