📂 Reprenons nos sens!
📅 Publié le Jeudi 7 novembre 2013 à 19h36
Organiser une manifestation politique un 18 novembre est non seulement une mauvaise décision, mais frôle l’antipatriotisme, considérant la valeur hautement symbolique et historique de cette date. Ce jour-là, il y a exactement 210 ans, nos ancêtres, noirs et mulâtres avaient fini par s’imposer militairement sur les troupes napoléoniennes débarquées 22 mois plus tôt à Saint Domingue pour d’abord nous diviser et ainsi mieux suivre le plan qui consistait à nous subjuguer et réimposer l’esclavage dans toute sa rigueur.
Au lieu de se manifester dans les rues, nonobstant la validité des raisons qui nous auraient poussé à le faire, nous pourrions plutôt dédier ce jour à des réflexions au niveau national et par-delà nos tendances politiques, intérêts personnels ou claniques.
Ces réflexions porteraient, par exemple, sur notre parcours historique de cette date à nos jours, sur les opportunités ratées, les irrémédiables erreurs politiques qui ont jalonné notre histoire et qui nous ont valu des humiliations, deux occupations et la présence aujourd’hui sur notre sol d’une force multinationale contaminante avec l’introduction par un contingent de cette force du choléra. Cette journée nous aiderait également à relever, pour l’éducation de notre jeunesse aux abois, les conséquences néfastes des actes apatrides de quelques-uns de nos concitoyens ce, dès le lendemain de la proclamation de notre Indépendance, et qui nous ont rendu tant vulnérables face à la coalition des nations qui, prenant acte de la journée du 1er janvier 1804, ont d’abord juré notre perte en nous imposant un embargo et ont ensuite travaillé, usant des instruments de la diplomatie, pour nous saper et continuer ainsi à démontrer leurs hypothèses suintant un racisme fétide. (suite…)
Cette semaine et comme chaque semaine, nous avons suivi avec intérêt les événements qui se sont déroulés en Haïti et les réactions des divers secteurs du pays. Nous avons surtout essayé de comprendre certaines actions entreprises par des élus et des hauts cadres de l’administration parce qu’elles nous ont laissé perplexe n’ayant à notre avis aucune motivation logique.

L’Unité Nationale n’a vécu qu’un seul grand moment dans notre histoire de peuple. Elle a connu son apogée durant la campagne militaire libératrice qui a culminé à l’épopée de Vertières. Ce haut exemple d’unité autour d’un objectif ou d’un idéal a donné naissance à la première république noire indépendante fondée, au prix de lourds sacrifices humains, par une bande d’esclaves révoltés. Fait sans précédent dans l’Histoire Universelle.
Parce qu’à travers nos écrits transpire toujours notre foi sans partage dans la démocratie véritable, pour avoir tenu à distance les sornettes démagogiques, les déclarations obligées et contingentes dans cette dichotomie sociale, politique, économique qu’incarne la double nation, première République nègre du Nouveau-Monde, nos propos ne cesseront pas d’être exempts de leur fermeté coutumière. Double nation : d’un côté, les nantis des quartiers huppés et villas somptueuses, ces chevaliers dont on ne peut atteindre les demeures qu’à l’aide de ponts levis ; de l’autre, la multitude souffrante des sans-logis, des grabataires croupissant et grouillant dans les bidonvilles, ces serfs au visage émacié par l’inflation galopante, les taxes et la vie chère.