📂 …Nous sommes simplement négligents et irresponsables
📅 Texte publié le Samedi 14 août 2021 à 23h08
Haiti fait face à un autre désastre, et les mêmes arguments sont repris par certains qui veulent nous faire croire que nous sommes maudits. Que notre malédiction remonte au jour où Boukman, cet esclave lettré et révolté conduisit une cérémonie au Bois-Caïman.
A chaque désastre, ils affichent cet air de satisfaction comme pour nous dire : « Voyez! Vous êtes maudits! La nature vient encore de vous le rappeler. » Tout cela parce que nos ancêtres ont osé débuter leur libération de l’infâme joug des maitres, pour la plupart agnostiques, par une cérémonie tendant à frapper l’imagination des esclaves , à les galvaniser et à réchauffer les peu-enthousiastes. (suite…)
Il a été un président impopulaire et très controversé, mais il était, faute de mieux, le président d’Haïti. Des mercenaires étrangers sont entrés chez lui, un endroit réputé sacrosaint, et l’ont assassiné avec une violence abjecte. Plus d’un mois après cet acte crapuleux, on n’arrive toujours pas, malgré des arrestations, à identifier clairement les auteurs intellectuels du crime. Pourtant, ils se remuent et font, à travers des tiers, des menaces sur ceux chargés à un titre quelconque du dossier et de l’enquête.

Ces derniers mois, il ne se passe pas un jour sans qu’on ait entendu parler d’un cas d’enlèvement. Les otages se comptent parmi des écoliers et écolières, des étudiants, des chefs d’entreprise, des couples qui avaient la malchance de se trouver sur le chemin des malfrats, et de paisibles citoyens et citoyennes sans ressources financières. Il n’y a aucune logique dans le choix des victimes. Le rapt le plus spectaculaire ou l’enlèvement d’une personne jouissant d’une grande notoriété ou d’un membre d’une organisation internationale arrivait jusqu’ici à faire la une de médias haïtiens.