Textes et Documents » Catégorie : Souveraineté nationale

📂 Du pouvoir inconditionnel à l’indifférence absolue

Texte reçu le 13 septembre 2011

Par Jean L. Théagène

« On peut parce que l’on croit pouvoir »
(Virgile dans l’Enéide)

Le Pouvoir est un virus qu’on attrape et dont on guérit difficilement. Cette maladie n’épargne pas la plupart des leaders haïtiens en mal de messianisme. Chacun d’eux se croit investi d’une mission permanente de sauvetage de la Patrie ballotée par les raz de marée épisodiques d’une histoire toujours maintenue dans l’œil du cyclone. De 1804 à nos jours, aucun répit n’est laissé à une population plus portée sur les débordements de joie collective que sur les jeux de guerre qui se font fort de remplir les nécropoles. « Bon Dieu bon » reste toujours le refrain de l’haïtien authentique. Une charge intérieure d’espoirs dont pourtant personne ne tient compte. Au contraire, l’adversité simple, apanage de tous les humains, est utilisée comme agent corrupteur de vertus, spoliateur de valeurs de civilisation. Et l’on y substitue la fatalité aux serres rigides pour incurver l’histoire dans le sens de ses desseins et de ses intérêts.

C’est un peu l’aventure des mouvements politiques de ces vingt-cinq dernières années, à cette époque où le choix du leader coïncidait avec les aspirations du peuple trop longtemps maintenu hors des centres de décision. Ignorant délibérément l’étymologie anglo-saxonne du vocable leader ( to lead, anglais) signifie conduire, les soi-disant leaders se sont toujours placés en aval des protestations populaires pour mieux exploiter la fureur des flots. Ainsi, ils apparaissent comme des complices plutôt que comme des conducteurs. À la vérité, ils sont moins que des pleutres à la traîne de la populace. Car eux, ils ont conscience de ce qu’ils font et ce qu’ils font, ils les exécutent en experts. Grâce à cette méthode de combat, ils détiennent un pouvoir totalitaire, un droit de vie et de mort sur tous leurs concitoyens. Voilà ce qu’on appelle le Pouvoir absolu qui n’est autre que celui détenu par un seul être sur dix millions. (suite…)

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📂 MINUSTAH: Corruption et arrogance

Des soldats Brésiliens de la Minustah
Des soldats du contingent brésilien de la Minustah (2010)

Ce dimanche 5 juin, des militaires appartenant aux forces de Nations-Unies en Haïti (MINUSTAH), se sont considérés au-dessus des lois du pays. Revenant d’un séjour aux États-Unis, ils ont refusé de se soumettre à l’inspection douanière obligatoire à l’aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince, et ont fait appel à leurs frères d’armes qui manu militari vinrent « interrompre le travail de vérification des douaniers, prendre [leurs] bagages et repartir avec [eux] »(1).

Imaginez le tollé que causerait les militaires Haïtiens qui agiraient de la sorte. Les sempiternels opposants y puiseraient leurs munitions pour blâmer et vilipender. Où sont-ils aujourd’hui? Ils sont devenus des observateurs prudent qui choisissent avec une extrême précaution leur bataille ne voulant pas perdre certains avantages. Il est beaucoup plus facile de questionner un arrêté présidentiel décrétant la fête de l’Ascension un jour de congé, que de s’attaquer aux puissantes forces qui nous humilient, mais détiennent le pouvoir des bourses. (suite…)

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📂 Élections présidentielles de 2011: « Le vainqueur »

© Photo d’Eduardo Munoz / REUTERS
Prise le 20 mars 2011

Ça y est.

Mr Joseph Michel Martelly a été déclaré vainqueur, ce lundi 4 avril 2011, des élections présidentielles et sera à son investiture le 48ème chef d’état Haïtien inaugurant la 50ème présidence, à moins que des experts de l’OEA appelés in extremis recommandent une alternative.

Nous lui souhaitons Bonne Chance.

Il aura du pain sur la planche s’il veut vraiment s’investir dans sa nouvelle responsabilité et travailler sérieusement, avec une équipe dynamique, au relèvement de ce pays qui nous a vus naître et que nous aimons du plus profond de notre cœur.

Qu’il ne se fasse pas d’illusions cependant. (suite…)

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📂 L’infâme palme revient à…

… L’année 2010.

Symbole de l'infâme palme: une flammeAlors qu’on pensait que l’année 2003 fut celle de tous les malheurs(1) et que notre pays avait alors atteint le fond de l’abime, l’année qui est en train de s’achever nous fait découvrir  des couches souterraines jusque là insoupçonnées. 2010 a donc remporté à ce point l’infâme palme dans la catégorie de : «annus horribilis».

Il nous faut pourtant éviter toute exultation à l’approche des dernières heures de cette année de malheurs et de deuil et nous demander plutôt ce que la nouvelle année contient dans son Makout(2). L’héritage étant déjà très lourd, un certain réalisme le commande.

Par example:

Le sort des compatriotes qui vivent dans des camps et font face à des difficultés inimaginables pour ceux qui ne partagent pas leur sort ne s’améliorera pas comme par enchantement dans les premiers jours, que disons-nous, les premiers mois de ce nouvel an. (suite…)

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📂 Un silence qui nous laisse perplexe

silenceLe président dominicain, Leonel Fernandez, lors de son passage à Paris le 2 décembre dernier, fit certaines déclarations sur la politique intérieure d’Haïti. Nous nous attendions à tout un tollé de la classe politique, de la société civile et des membres de l’ancien Groupe des 184. A côté d’une paire de législateurs qui ont fait part de leur frustration à des journalistes, de la GARR qui publia une note de protestation contre ces déclarations qu’elle assimile à une ingérence dans les affaires internes du pays, du président de la Commission Nationale de Désarmement, démobilisation et Réinsertion (CNDDR), Alix Fils-Aimé, qui les a critiquées, de Edwidge Lalanne, spécialiste en relations internationales qui les a jugées déplacées, c’est le silence total1.

Les déclarations du chef de l’exécutif dominicain constituent une ingérence flagrante dans les affaires du pays et devraient être considérées comme telle par tous les secteurs sans distinction. Si les rôles étaient inversés, la société dominicaine nourrie de cette hostilité pour l’Haïtien aurait manifesté publiquement et même violemment sa désapprobation. (suite…)

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