Une entrevue de Dr Fara Jean-Bart: Résumé et commentaire

Quelles que soient les critiques formulées à l’égard de notre pays, et malgré les jugements parfois peu flatteurs portés sur lui, Haïti demeure une nation riche en femmes et en hommes d’une remarquable intelligence, en particulier au sein de sa jeunesse. On a tenté de décourager cette dernière, de lui inculquer l’idée que son avenir se trouve ailleurs, que le pays, engagé sur une trajectoire incertaine, aurait atteint un point de non-retour. Pourtant, ces jeunes — instruits, entreprenants et profondément sensibles aux souffrances de leur peuple — s’efforcent de relever les nombreux défis auxquels ils sont confrontés.

Ce mercredi 15 septembre, un ami a partagé avec nous une entrevue de Wilsonley Simon, publiée en ligne par le journal Le National. Celle-ci retrace le parcours de la docteure Fara Jean-Bart, médecin généraliste originaire de La Colline d’Aquin — Arrondissement d’Aquin — dans le Département du Sud, dont l’engagement dépasse largement le cadre strictement clinique.

Formée à l’UNIFA et spécialisée en médecine familiale, la docteure Jean-Bart a progressivement élargi son champ d’action vers la santé publique, le management et la recherche clinique, notamment grâce à une formation suivie à Harvard. Son expérience professionnelle lui a révélé l’ampleur des inégalités sociales qui conditionnent l’état de santé des populations haïtiennes. Elle défend ainsi une approche fondée sur les déterminants sociaux, l’éducation et le développement communautaire.

Selon elle, le rôle du médecin ne peut être dissocié des enjeux de gouvernance publique: les politiques influencent directement l’accès aux soins, la prévention et la qualité de vie. Son engagement citoyen l’a donc conduite à s’intéresser de plus en plus à la gestion publique et à la politique locale, qu’elle considère comme un prolongement naturel de son action communautaire.

Animée par un profond attachement à Haïti et à sa communauté, la docteure Jean-Bart aspire à contribuer à la construction de systèmes plus équitables, en plaçant l’éducation au cœur d’un changement durable. Elle souhaite laisser un héritage fondé sur l’autonomisation des jeunes, la promotion du leadership féminin et l’amélioration des services essentiels.

La lecture de cette entrevue nous a procuré un réel plaisir, empreint d’un patriotisme sincère. Nous la recommandons vivement à nos lecteurs haïtiens ainsi qu’aux étrangers qui s’interrogent sur l’avenir du pays. Puissent les jeunes y trouver une source d’inspiration ; puissent les observateurs étrangers y percevoir les limites de certaines généralisations hâtives ; et surtout, puissent nos dirigeants, après un nécessaire mea culpa, œuvrer à restaurer l’espoir chez cette frange de la jeunesse que des sentiments négatifs paralysent et poussent à rêver d’horizons souvent peu accueillants.

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