Textes et Documents » Catégorie : Société

📂 Seigneur, Protège-les!

Enfant traversant un tas d’immondices pour se rendre à l’école
Enfant traversant un tas d’immondices pour se rendre à l’école
AP Photo/Dieu Nalio Chery
Prise le 27 mai 2011

Il n’est pas normal que des enfants soient obligés de traverser un champ ou s’amalgament immondices, eaux stagnantes et puantes et germes de toutes sortes pour se rendre d’un point à un autre. L’idée même de ce champ devrait révolter ceux et celles qui, dans le confort de leurs domiciles dans les hauteurs de Pétion-Ville ou dans la plaine du Cul-de-Sac, veulent s’ériger en porte-parole et émissaires du peuple haïtien dans les forums internationaux où l’on discute Haïti ou planifie la reconstruction de la ville de Port-au-Prince. Que dire alors du spectacle?

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📂 18 mai 1803 – 18 mai 2011: Le Pavillon en berne

Texte reçu le 16 mai 2011

Par Jean L Théagène
Drapeau haitienQue peut représenter aujourd’hui pour un pays qui ne l’est plus, l’emblème d’étoffe qui flotte tous les jours au mât des édifices publics ? Quel sens donner encore au drapeau haïtien dont le 18 Mai rappelle la création dans cette enceinte féconde de l’Arcahaie giboyeuse à souhaits ? Quel symbolisme dégager de cette charge d’émotion ressentie par tous ceux qui, au hasard de leurs quotidiennetés, se retrouvent immobilisés en pleine rue, contemplant le frisselis du vent dans le tissu léger, témoin muet de tant d’horreurs liées à la fièvre des combats d’indépendance ? Ceux qui n’ont pas vécu, même en souvenirs ou en rêves, l’intensité des luttes de l’Aïeul désarmé face aux troupes aguerries du Conquérant Napoléon, ceux qui n’ont pas connu ou ne connaissent pas la violence des vibrations intérieures induites par la magie des hymnes nationaux dans l’espace ouvert des arènes simplement sportives, ceux qui ont pris depuis quelque temps, l’habitude sordide de la génuflexion ou de l’aplaventrisme devant les dieux de chair appelés à s’abimer dans des destins de poussière, ceux qui ne peuvent plus regarder le Soleil en face pour avoir trop traîné dans les grottes sombres des chiroptères et des coléoptères, ceux-là ne pourront jamais comprendre la profondeur de ces mots qui nous renvoient malgré nous à trois siècles d’histoire. (suite…)
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📂 ELECTIONS: « La valse du CEP de Gaillot Dorsainvil »

Protestation en faveur d'un candidat à la chambre
© AP Photo / Dieu Nalio Chery
Prise le 25 avril 2011

La proclamation des résultats définitifs du second tour qui s’est déroulé le 20 mars dernier raviva les doutes sur l’impartialité et donc la crédibilité du conseil électoral présidé par Gaillot Dorsinville. Les accusations ciblant ce CEP fusent de partout y compris du président élu, Joseph Michel Martelly, qui demanda à la communauté internationale de ne pas reconnaître les résultats des législatives. Opposition et observateurs s’accordent pour dénoncer les étonnantes différences avec les résultats préliminaires publiés le 4 avril. La violation de la volonté populaire est extrêmement flagrante, soutiennent-ils. (suite…)

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📂 Une société qui a peur

Texte reçu le 25 avril 2011

Par Jean L Théagène
« La sottise et la peur du grand nombre font le triomphe de la scélératesse et la perte des gens de bien. La postérité rend à chacun sa place, mais c’est au temple de mémoire ; Thémistocle n’en meurt pas moins en exil, Socrate dans sa prison et Sylla dans son lit. » Ce mot de Madame Rolland dans ses « Réflexions » semble bien s’appliquer à la problématique haïtienne qui a fini par intégrer dans son expression globale un phénomène nouveau dans sa constance : l’insécurité. En effet, à l’écoute des nouvelles en provenance d’Haïti, après le second tour des élections- bidon de Préval, où des violences subséquentes aux résultats truqués ont éclaté un peu partout à travers le pays, on est forcé d’admettre que la société a peur. Et que cette peur-panique, paralysante et tentaculaire participe d’une stratégie étatique susceptible d’induire des objectifs mal définis ou simplement inavoués : « Le coup Poutine. » (suite…)
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📂 La Diaspora haïtienne et les autochtones: « Contradictions et terrain d’entente »

Texte reçu le 20 avril 2011

Par Jean L Théagène
Décidément, la crise haïtienne est multidimensionnelle. Au lendemain du 7 Février 1986, elle a intégré dans les tentatives de traitement de sa problématique des paramètres nouveaux tels : l’adoption ou le rejet du libéralisme ou du socialisme comme choix politique, la place de la diaspora haïtienne dans la dynamique du processus sociopolitique etc…L’acuité d’un tel débat a fait naître des antagonismes tout à fait irréconciliables allant de la perception mitigée des théories libéralistes et socialistes jusqu’à la notion d’harmonisation des rapports entre haïtiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur : rapports fondés sur la rentabilité accrue de la diaspora dans toute perspective de développement social, économique et politique d’Haïti.

« Concilier l’irréconciliable » : voilà en quelque sorte le défi qui se pose aux leaders politiques, directeurs d’opinion et à tout haïtien qui rêve d’un pays ou à défaut d’éclat, il y aurait sérénité dans les destins individuels et dans l’avenir collectif. Avec des éléments de comparaison étalés sur cinq siècles, l’Histoire prend plaisir à nous rappeler que c’est bien au temps de la colonisation que notre pays a connu son plus haut niveau de développement. Le chiffre des exportations dépassait de beaucoup celui des importations créant de ce fait un équilibre parfait dans la balance commerciale de l’époque. En dehors des contraintes de l’esclavage, les indigènes pavoisaient au sein d’une économie florissante qui leur permettait d’envisager d’explorer de nouveaux axes de développement. Ainsi naquit, émergeant de la brume coloniale et éclatant dans la pensée du génial Louverture, Haïti, en tant que nation, en tant qu’État, un certain 1er Janvier 1804. (suite…)

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