Textes et Documents » Catégorie : Insécurité

📂 Appel à la Nation : 39 ans de la Constitution de 1987

Ce texte très vigoureux de Simon Dieuseul Desras, un ancien sénateur de la République et, un temps, président du grand corps, a été rendu public à la veille du jour marquant le 39e anniversaire de la ratification de la Constitution haïtienne de 1987 qui fut un pacte sacré. Cette Constitution, qui suscita tant d’espoirs, fut pourtant trahie par la majorité des gouvernements qui se sont succédé et qui a conduit finalement à l’effondrement de toutes les institutions élues et, ces derniers temps, la montée d’un exécutif sans contrôle.

L’auteur dénonce le soi-disant « Pacte de Gouvernabilité », à ses yeux, un instrument illégal et unilatéral de captation du pouvoir par l’actuel premier ministre et chef d’un exécutif monocéphale, Alix Fils-Aimé et ses alliés, les accusant de flou constitutionnel, d’absolutisme et de kleptocratie tandis que la population fait face quotidiennement à l’insécurité, et endure la misère et des déplacements forcés et indus.

Son texte décrit également une Haïti plongée dans un vide institutionnel, avec un Parlement inexistant, une justice paralysée, et la souveraineté populaire prise en otage. Il appelle la jeunesse, la société civile et toutes les forces vives à rejeter les solutions imposées, à reconquérir l’ordre constitutionnel et à reconstruire la nation grâce à la solidarité citoyenne, et un engagement renouvelé envers l’esprit du 29 mars 1987.

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📂 7 février 2025: Discours à la Nation de Leslie Voltaire

Leslie Voltaire, un des neuf membres du Conseil présidentiel de transition, et président pro tempore d’Haïti prononça, le vendredi 7 février 2025, jour marquant le 39e anniversaire de la fin virtuelle de la dictature des Duvalier, un discours à la nation. De ce bref discours prononcé alternativement en kreyòl et en français, on peut relever six points :

  1. L’importance historique du 7 février;
  2. Les défis auxquels sont confrontés présentement le pays avec l’odieuse présence des gangs criminels;
  3. Une insistance sur la nécessité de l’unité nationale et de la coopération pour rétablir la sécurité et la paix dans le pays;
  4. La reconnaissance envers la mission multinationale pour son soutien et sa lutte contre la violence des gangs et un appel au respect de leurs efforts;
  5. Une collaboration entre les forces de sécurité locales qui participent à la lutte;
  6. Et finalement un appel à une action collective pour restaurer la fierté de la nation.

Toutefois, le discours souffre d’une carence de bonne facture pour une commémoration de ce genre. Rappelons que le 7 février 1986, le peuple haïtien avait repris l’espoir en son avenir. Un sentiment qui s’est effrité au cours des ans et des décades…

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📂 Note de la Conférence Haïtienne des Religieux sur l’acte de vandalisme des maisons des Sœurs Missionnaires de la Charité

Des membres des Missionnaires de la Charité, une congrégation religieuse fondée par Mère Teresa de Calcutta, ont été attaquées au milieu de la nuit du 26 octobre, lorsque des assaillants ont fait irruption dans leur communauté située au bas de Delmas à Port-au-Prince. Ils ont saccagé tout ce qui avait de la valeur chez elles – ainsi que le dispensaire médical voisin – avant d’incendier le bâtiment.

La perte des services médicaux de ces Missionnaires sera certainement ressentie par les habitants du bas de la capitale, car ils s’occupaient des besoins médicaux de milliers de patients financièrement vulnérables pendant des décennies.

La Conférence Haïtienne des Religieux et Religieuses, par une note publiée le 6 novembre, se dit « indignée et peinée » par cet acte de « vandalisme d’une extrême sauvagerie » et « réclame justice et réparation pour ces missionnaires qui ont laissé leur pays pour venir nous aider et qui en revanche reçoivent de l’ingratitude, subissent la méchanceté de ces apatrides ».

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📂 Diskou premye minis defakto a, Ariel Henri, apre 3 jou mobilizasyon kote anpil moun mande pou li bat chalbarik li

Le texte suivant est une transcription du discours prononcé par le premier ministre de facto, Ariel Henry, après que le peuple lui eût signifié qu’il est temps pour lui de partir et ce, selon l’Accord du 21 décembre 2022 (Le Moniteur. 178è Année, Spécial No 1, Mardi 3 janvier 2023) qu’il avait lui-même endossé.

Pendant 31 mois, il a occupé la primature avec le support du CORE group sans se montrer à la hauteur de cette position de gouvernance et de confiance. Les gangs se sont multipliés avec des membres qui affichent une audace terrorisante, pillant, violant, tuant, sans mentionner les prises d’otages qui deviennent monnaie courante. Et pourtant il assimile, dans ce discours, les participants aux trois jours de mobilisation, sans aucune exception, à des éléments qui veulent uniquement détruire le pays. Il ne fait aucune mention des groupes criminels jouissant d’une apparente immunité, et qui détruisent quotidiennement tous les pans de la société haïtienne, forçant souvent les gens à fuir leurs quartiers.

En écoutant son discours, diffusé sur les réseaux sociaux aux premières heures du jeudi 8 février, quand la majorité des Haïtiens dormaient, on peut facilement déduire que ce premier ministre et son gouvernement ne maitrisent pas la situation, à moins qu’ils soient vraiment des ignorants et des incompétents.

Pour eux, la solution aux problèmes de sécurité viendra de la présence sur le terrain d’une force internationale, à défaut d’une acceptation morbidement naïve, de la part de tous, du statut quo. Or compter sur des forces étrangères pour assurer la sécurité de son peuple à l’intérieur de son territoire est une abdication de la souveraineté du pays qu’on est appelé à gérer. D’un autre côté, aucune empathie envers les victimes de la criminalité visqueuse des gangs ne transpire dans ce discours, qui ne contient d’ailleurs aucun projet de redressement de la situation dénoncée par tous les Haïtiens. L’empathie, est d’ailleurs la seule projection émotionnelle admise dans la politique, et est souvent l’un des paramètres permettant d’identifier le leader qui se soucie de son peuple et de la chose publique.

Après avoir écouté ou lire le discours, on ne peut ne pas se sentir, comme Haïtien, au mieux gêné devant de telles balivernes, ou au pire insulté, parce que le premier ministre de facto semble nous prendre pour des imbéciles. (suite…)

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📂 Frantz Carl Braun, un banquier Haitien, nie les allégations de collusion avec les gangs

Texte reçu le 26 septembre 2023

Parmi les membres de l’élite haïtienne sanctionnés par le Canada pour collusion avec les gangs armés qui troublent la paix et sèment la mort un peu partout dans le pays, figure le nom de Frantz Carl Braun, vice-président de la plus grande banque d’Haïti, la UNIBANK.

L’annonce a été faite récemment par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui affirmait alors que le Canada avait des raisons de croire que Frantz Carl Braun et deux autres individus, Marc Antoine Acra, ancien conseiller de l’ancien premier ministre Laurent Lamothe, et Jean-Marie Vorbe, président-directeur général d’une entreprise du secteur de l’énergie, alimentaient la violence et l’instabilité en Haïti par la corruption et d’autres actes criminels et en encourageant les activités illégales de gangs.

Comme beaucoup d’autres sanctionnés, Frantz Carl Braun nie toute implication dans une quelconque activité criminelle ou de gang et se dit « convaincu qu’une grave erreur a été commise en ce qui lui concerne ». Il l’a fait dans une lettre publique dont le texte se trouve ci-après : (suite…)

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