Textes et Documents » Catégorie : Société

📂 Haiti explose aux mains de l’occupant

Texte reçu le 21 mai 2012

Dr Jean L. Théagène
Une fois de plus, Haïti se présente sous les feux de la rampe. Non pas dans le faste de sa notoriété acquise au temps de l’embargo, non pas dans la luxuriance verbale des manipulateurs d’instances internationales, mais dans le chatoiement incarnat et même rouge vif du sang de ses enfants, du plus humble au plus brillant. Quels esprits démoniaques se sont-ils donc emparés des policiers haïtiens pour les rendre si imperméables aux attraits de la civilisation ? Comment le gouvernement Martelly, dont nous avons chaleureusement salué l’avènement, peut-il en ce jour du 18 Mai drainer tant de réprobations, de regrets, d’amertumes, de bassesses, de vilénies, de rancœurs, d’asservissement et d’écarts impardonnables ?

La manifestation des militaires dit démobilisés, le 18 mai 2012.
Des citoyens se réclamant des Forces armées d’Haïti
participent, le vendredi 18 mai 2012, à une manifestation
pour demander le rétablissement de leur institution.
Photo: Swoan Parker pour Reuters

De mémoire de journaliste, d’historien et d’homme politique, jamais Haïti, notre pays n’avait atteint ces limites d’opprobre, de souillures et d’avilissement. De Soulouque à Duvalier en passant par les horreurs bien compréhensibles du Cacoïsme version nordiste du Piquétisme, la dignité, la moralité collective n’ont jamais été soumises à tant d’épreuves. (suite…)

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📂 Un certain 18 mai: Marie-Claude Argnant…

Texte reçu le 18 mai 2012

Par Eddy Cavé
Marie-Claude Agnant 48 ans ans plus tardIl est dans l’histoire des peuples des dates dont on préserve la mémoire et qui inspirent chaque année une réflexion différente. Dates de victoires décisives comme Vertières, de catastrophes comme Waterloo, de tournants historiques comme le Bois Caïman. Le 18 mai 1803, jour où Catherine Flon aurait cousu à l’Arcahaie le premier drapeau haïtien, est une de ces dates. Des factions de l’armée indigène avaient déjà un drapea noir et rouge, mais Dessalines voulait d’un autre qui symboliserait l’union de tous les fils de la patrie. La petite histoire raconte que n’ayant pas de fil à sa disposition, Catherine Flon utilisa ses propres cheveux pour exécuter la commande.

Dans la vie des êtres humains, il y a aussi certaines dates qui ramènent régulièrement un lot de souvenirs heureux ou douloureux. Et quand elles coïncident avec des événements historiques, elles finissent souvent par perdre leur caractère individuel pour se fondre dans ces événements. Tel le geste frondeur, aujourd’hui oublié, posé le 18 mai 1964 devant un François Duvalier redouté de tous par Marie-Claude Argant, étudiante de première année à la Faculté de droit. (suite…)

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📂 18 mai 2012: Fête du drapeau

Texte reçu le 3 mai 2012

Pratt Vernio Memnon

L’avenir préoccupant de notre pays est dans tous les esprits. Ce 18 mai 2012, unissons nos volontés citoyennes pour que notre « l’union fait la force » ne soit pas seulement une identité historique, mais aussi et surtout une manière de vivre dont nous sommes fiers.

Quand on observe le drapeau haïtien, on remarque que sous les « armes de la République », les pères de la patrie ont inscrit « l’union fait la force ». L’idée fondamentale qui sous-tendait cette inscription était d’affirmer au monde entier que le succès ou la réussite d’un peuple est tributaire de sa volonté à mettre en commun toutes ses énergies pour transformer son rêve de nation en réalité. Pourtant deux cent neuf ans plus tard, après ce remarquable exploit jamais égalé dans l’histoire de l’humanité, les descendants de ces mêmes héros peinent à se donner des intérêts convergents, à articuler leurs talents et leurs compétences autour d’un objectif commun et surtout à saisir les opportunités pour bâtir un projet sociopolitique commun durable.

Aveuglés par nos intérêts personnels, embourbés dans d’interminables crises politiques, enfermés dans un snobisme intellectuel et une exclusion sociale, manipulés par des intérêts externes, déstabilisés par les perturbations climatiques et les catastrophes naturelles, nous nous sommes éloignés du rêve de grandeur et d’autonomie des pères de la patrie. L’urgence de la situation nous commande aujourd’hui d’aborder intelligemment, de manière significative et décisive la question fondamentale : comment mobiliser toutes les forces vives de la nation pour se réapproprier notre souveraineté nationale ? (suite…)

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📂 L’armée, une comateuse qui fait peur

Des compatriotes se réclamant des Forces Armées d’Haïti s’approchent, le 17 avril dernier, du Parlement, et c’est la panique chez nos législateurs qui s’empressent de mettre fin à une séance à laquelle ils assistaient sans état d’âme. Cette armée dite « remobilisée », financée, il faut l’admettre, par des anonymes aux intentions voilées, suscite une grande peur chez nos politiciens et les élites dirigeantes. Et cette peur les empêche de considérer la résurgence de cette institution avec une certaine objectivité.

L’Histoire de cette armée pendant le dernier quart de siècle motiverait-il cet état d’âme ?

Le 7 février 1986, Jean-Claude Duvalier s’apprête à abandonner le pouvoir et à prendre le chemin de l’exil. Il pose un dernier acte en tant que chef de l’exécutif en créant une junte civilo-militaire dénommée “Conseil National de Gouvernement” (CNG) pour le remplacer. Des quatre militaires membres de cette junte, deux furent décriés pour avoir été trop proches de son régime; les deux autres finirent par éclipser les membres civils et réduire le nombre pour mieux asseoir leur autorité.

Pourtant au sein de cette armée longtemps humiliée, où l’on avait réussi à créer une culture de méfiance, il existait de vrais patriotes.
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📂 Un scandale de plus

Trujillo et Lescot trinquant (Courtoisie: Corbis)Dans les années ‘30 et dans les premières années des années ‘40, Trujillo régnant en maître dans la république voisine tentait, usant de plusieurs stratagèmes, d’influencer la politique et ainsi le cours de l’histoire en Haïti. Il se fit passer publiquement pour des amis personnels des présidents Sténio Vincent et Elie Lescot, après avoir encouragé le massacre des milliers d’Haïtiens sur son territoire au mois d’octobre 1937. Ces présidents, toutefois maintinrent, à l’époque, un grand secret sur les fonds reçus du caudillo pour faire avancer leur cause en Haïti et la politique du dictateur dominicain envers Haïti. (suite…)

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