📂 Leslie François Manigat est parti. PAIX À SON ÂME!
📅 Texte publié le Dimanche 6 juillet 2014 à 11h25
Pendant une semaine son décès semble avoir réuni les différentes factions de la classe politique et de la société civile qui ne tarissaient pas d’éloges sur cet illustre historien et politologue. Il les mérite bien, ces éloges. Ses funérailles célébrées chez les Frères de l’instruction chrétienne à Delmas le samedi 5 juillet ont rassemblé leurs représentants.
On avait un peu l’impression d’assister à une réunion autour des dépouilles d’un patriarche qui, en vertu de sa sagesse et de son franc-parler, offusquait quelquefois ses frères, ses enfants et ses petits-enfants. Devoir de famille ou, comme on dit chez nous, « pour la société », ils se sont quand même retrouvés pour le dernier adieu proclamant haut et fort que l’homme auquel ils ont voué un grand respect appartenait à la famille, ou, dans le cas de Leslie Manigat, « au pays ». Une fois le deuil terminé, ils reprendront probablement leurs armes favorites pour cibler ceux et celles à qui il a légué son héritage ou qui se réclament de lui en brandissant l’étendard de ses idéaux. (suite…)
Le Comité exécutif national de l’OPL apprend avec peine la nouvelle du décès du Professeur Leslie François Saint Roc Manigat. Ancien Secrétaire général et fondateur du parti Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), historien-politologue réputé, il a projeté, par la publication d’ouvrages importants, un éclairage lumineux sur le fait sociopolitique haïtien et latino-américain.
On dit toujours qu’il faut être un cynique pour faire de la politique. Cet adage résume bien un des événements majeurs des premiers jours de ce mois de juin.
De mon petit coin, loin du patelin, j’observe les actions et écoute attentivement les déclarations quelquefois tonitruantes de ceux qui sont devenus, par un heureux hasard ou grâces aux fantaisies des puissants de l’international, nos leaders. Ils sont les responsables, à divers niveaux, d’un pays exsangue, en proie à toutes les misères. Et si, de temps en temps, ils font semblant de prêter attention à cette misère en offrant des palliatifs à travers des programmes sociaux sans lendemain et bien souvent humiliants pour les bénéficiaires, ils ne se préoccupent que leur propre avenir politique ou, dans certains cas, de leur survie.
Voilà déjà trois ans et six mois que tu nous as quittés répondant ainsi au dernier appel du Créateur. Il m’a été, depuis cette fatidique soirée, impossible de suivre les conseils évangéliques qui nous recommandent de « laisser les morts ensevelir les morts ». Tu continues de monopoliser cette part de ma pensée qui t’a toujours appartenu. Et chaque année, à pareille époque, l’intensité de cette pensée s’accroit considérablement, devenant par moments douloureux et insupportable.