📂 Peut-on vraiment « aimer la peur »?
📅 Texte publié le Vendredi 11 septembre 2020 à 15h19
“Joubert est un homme heureux… Alors il a fini par aimer la peur.”
C’est ce constat qu’a fait Yanick Lahens, auteure des Douces Déroutes (Le Mans [France] : Editions Libra Diffusion; 2019; chap. 19, p. 153) à propos de Joubert connu dans le monde du crime sous l’alias “Jojo Piman Pike”.
Joubert est l’un des personnages du roman avec une éducation rudimentaire. Pour survivre et obtenir un semblant de respect dans son milieu, il s’allie à un gang spécialisé dans l’accomplissement des basses besognes pour le compte de certaines autorités et des membres de l’élite financière. Son expérience de la rue et des gangs lui a fait comprendre que dans une ville comme Port-au-Prince, le malheur guette à tout moment un jeune homme (p. 146), surtout si celui-ci est identifié à un gangster, qui tue des personnalités respectables sur commande. Alors il a peur. Mais est-il vraiment arrivé à aimer cette peur parce qu’il connaît des moments d’auto-satisfaction?
(suite…)
Sommes-nous en train de devenir un peuple d’assassins? C’est la question qui nous est immédiatement venue à l’esprit en apprenant l’assassinat du bâtonnier de l’Ordre des avocat de Port-au-Prince, Maitre Monferrier Dorval. Nous étions alors au dernier vendredi de la dernière semaine du mois d’août, une semaine marquée par une augmentation de la criminalité.
Présentateur à la radio et à la télévision, Anthony Pascal, plus connu sous le nom de « Kompè Filo », naquit à Port-au-Prince le 11 mars 1953. Il se fit connaitre du grand public lors de son passage à Radio Haiti-Inter où il animait, avec Lilianne Pierre Paul une émission d’information en mi-soirée. La paire décortiquait les nouvelles en adoptant le language du peuple et en faisant grand usage d’allusions, ce qui la rendit populaire.