Textes et Documents » Catégorie : Conditions sociales

📂 …Et le peuple paie et payera les pots cassés

Photo AP / D. Nalio CheryChaque fois que des organismes ou institutions internationaux interviennent chez nous pour nous faire des exigences qui, d’après leurs représentants, nous aideront à assainir nos finances ou réparer notre structure politique, la pagaille s’ensuit. Et le peuple paie les pots cassés.

Pour illustrer cette observation, revenons aux interventions en Haiti de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) pendant les trois dernières décades.

En 1986, après le départ du président Jean-Claude Duvalier, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) s’insurgèrent contre le taux de change fixe de notre gourde sur le marché formel et informel. Ses représentants conseillèrent au ministre des finances d’alors, Leslie Delatour, de libérer la monnaie nationale en la laissant fluctuer librement et sans aucune intervention de l’État. Ainsi débuta sa dégringolade. Elle passa, en moins d’un an, de 5 gourdes pour un dollar à 7,50 gourdes pour l’unité du billet américain. En 1989, il en fallait alors 12 gourdes. Aujourd’hui, Il faut en moyenne 66.00 gourdes pour obtenir en échange un dollar américain. (suite…)

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📂 Faisons également attention à ce qui se passe ailleurs

Ces derniers jours, Haïti revient à la une dans les colonnes des quotidiens internationaux avec le scandale sexuel autour de la confédération d’ONGs nommée Oxfam(1). Je me demande bien si ce scandale, qui mit en cause ses employés de cet organisme brittanique, et non des moindres(2), atteindrait une telle ampleur si les Haïtiens faisaient attention à “ce qui se passe ailleurs”, menaient les enquêtes sur les organismes qui veulent s’établir en Haiti et les individus qui font de notre précieuse terre, un lieu de prédilection pour leurs « activités à caractère humanitaire ».

Oxfam ne fut pas le premier organisme international dont les employés ou les cadres profitent de la misère du peuple pour donner libre cours à leurs bas désirs, pour corrompre et détruire moralement nos jeunes.

De 2004 à leur départ en 2017, des soldats de la Minustah, cette force politico-militaire de l’ONU, avaient abusé des enfants, des jeunes des deux sexes en profitant de notre situation de vulnérabilité(3). Ils sont même responsables de la réapparition sur le territoire national du choléra qui continue à terrasser nos compatriotes(4). (suite…)

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📂 Attitude socialement dangereuse

Jean François Copé, un homme politique français, disait qu’en politique, « il y a une part de langue de bois inévitable »; mais reconnaît immédiatement « qu’il y a une forme de langue de bois qui est insupportable ». Alors qu’il donnait en exemple celle « qui consiste à ne pas assumer ses convictions sur certains sujets »[1], nous ajouterions celle qui consiste à protéger ses intérêts et ceux de son clan au détriment des intérêts vitaux et de l’image de son pays.

C’est cette forme de langue de bois que le premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, adopta le lundi 15 janvier dernier à Jérémie, quand il refusa d’abord de répondre aux questions des journalistes sur les propos insultants du chef de l’exécutif américain:

« Bon nou pa la jodya pou sa… »[2]

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📂 C’est à eux d’avoir honte

Aujourd’hui ramène le 8ème anniversaire de cette fatidique journée à la fin de laquelle des milliers de vies ont été terrassées, des infrastructures qui faisaient notre fierté détruites, laissant les survivants désemparés, et des parents se trouvant à l’extérieur du pays éperdus de douleur.

Ce 12 janvier serait pour nous une journée de réflexions sur les attentes et espoirs immédiatement post-sismiques non encore comblés:

• Attente d’une ré-urbanisation des villes affectées sans l’hypertrophie urbanistique d’avant;
• Attente d’un programme d’éducation et de prévention pour éviter, en cas d’un similaire désastre, tant de pertes;
• Attente d’un nouveau « contrat social » des composantes de la société civile qui tiendrait compte de l’instauration de l’ordre sociale et des revendications populaires de dignité et d’honneur;
• Espoir des familles refugiés encore dans les camps de fortune de reprendre une vie normale.
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📂 Haïti a besoin d’un miracle

Le miracle devra se manifester sous la forme
d’un grand réveil de la conscience collective

Depuis quelques décennies Haïti se dirige vers les bords d’un précipice. Aujourd’hui, elle y est, piégée par les spéculations douteuses des uns et des autres sur son destin. Haïtiens, nous sommes aujourd’hui tiraillés par notre loyauté à ce lopin de terre, legs de nos ancêtres, la recherche  à titre individuel, d’un lendemain meilleur sous d’autres cieux, et un conformisme dans notre pays d’accueil, une fois parvenu à ce but.

Ceux qui n’ont aucune attache ombilicale ou ancestrale au pays, et qui détiennent pourtant dans leurs mains son destin sont motivés uniquement par leurs propres intérêts ou ceux de leurs pays. L’épuisement du sol, la corruption généralisée, l’avilissement des mœurs, l’injustice flagrante qui ne révolte plus sont les moindres de leurs préoccupations. Ils savent qu’ils détiennent des atouts et peuvent surtout à tout moment faire chanter ceux d’entre nous qui auraient tendance à afficher une trop grande liberté ou une certaine empathie pour le peuple en développant, pour leur bénéfice, un projet de société. (suite…)

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