Introduction

La première, qui couvre la période allant de 1934 à 1970, fait ressortir le rôle central de ces chefs dans les crises politiques du pays, participant à des complots, à des renversements de présidents et à des transitions forcées. Leur influence s’est grandement effritée sous la présidence de François Duvalier, qui affaiblit l’institution militaire au profit de la milice macoute, connue sous le nom de Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN), en marginalisant les officiers supérieurs, en fermant l’Académie militaire et en installant un climat de suspicion parmi les hauts gradés, qui laisse cette force de défense affaiblie et dépendante du pouvoir exécutif.
De 1970 à 1994 (section B de cette page), les chefs d’État‑major de l’Armée d’Haïti jouent un rôle décisif dans la vie politique du pays, oscillant entre loyauté aux Duvalier père et fils, et en se lançant dans les rares tentatives de coups d’État, et finalement, en dirigeant les périodes de transition, après le départ de Jean Claude Duvalier, le 7 février 1986. Certains, comme Claude Raymond ou Jean‑Baptiste Hilaire, sont liés aux stratégies de succession du régime duvaliériste, tandis que d’autres, tels que Henri Namphy, Prosper Avril ou Raoul Cédras, devinrent, au gré du hasard, des acteurs centraux de prises de pouvoir militaires. Un seul montra cependant une certaine sensibilité pour la démocratie. Il s’agit du lieutenant-général Hérard Abraham. L’ensemble de cette période révèle une institution militaire profondément politisée, souvent divisée, et impliquée dans des épisodes de répression, d’instabilité ou de violence, jusqu’à la dissolution de facto de son autorité après 1994.
De 1994 à aujourd’hui, la fonction de chef d’État‑major des Forces Armées d’Haïti reflète les bouleversements institutionnels du pays. Bernardin Poisson tente d’assainir une armée discréditée après le coup d’État de 1991 avant sa démobilisation, Jodel Lesage supervise la remobilisation progressive des FAd’H à partir de 2017 malgré les critiques liées au passé de plusieurs officiers, et Derby Guerrier, un ancien proche du régime Cédras, est finalement nommé commandant en chef en 2024 pour coordonner, avec une armée réduite et sous‑équipée, les efforts de sécurité aux côtés d’une police débordée et d’une mission internationale inadéquate.
Date de création: 18 Décembre 2022
Date de révision : 10 avril 2026
Histoire et Société