📂 Pour un carnaval où l’art côtoie la bienséance
📅 Texte publié le Lundi 29 janvier 2018 à 17h59
La nouvelle tomba en mi-semaine : Le groupe musical de Joseph Michel Martelly est exclu du défilé carnavalesque des Gonaïves [Voir note] devant se dérouler du 2 au 4 février.
C’est une décision qui a demandé, de la part du Comité organisateur du carnaval de la Cité de l’indépendance, beaucoup de courage. Mais Les habitants des Gonaïves sont connus pour leur courage. Et encore une fois, nous les applaudissons.
Certains voudraient voir dans cette exclusion, une position politique. Pour nous, elle reflète plutôt un désir des membres du Comité de se présenter en « agents de moralité » dans une société où la désintégration morale est visible dans tous les centres urbains. Pour ce, ils refusent d’accepter la grivoiserie et l’obscénité comme parties intégrantes des festivités carnavalesques qui devraient, en principe, être une fête projetant la culture haïtienne dans ce qu’elle a de singularité, et où les familles se divertiraient sainement tout en se délectant des œuvres musicales bien balancées, tout en admirant les motifs allégoriques des chars, masques et autres déguisements originaux. (suite…)
Jean François Copé, un homme politique français, disait qu’en politique, « il y a une part de langue de bois inévitable »; mais reconnaît immédiatement « qu’il y a une forme de langue de bois qui est insupportable ». Alors qu’il donnait en exemple celle « qui consiste à ne pas assumer ses convictions sur certains sujets »[1], nous ajouterions celle qui consiste à protéger ses intérêts et ceux de son clan au détriment des intérêts vitaux et de l’image de son pays.
Aujourd’hui ramène le 8ème anniversaire de cette fatidique journée à la fin de laquelle des milliers de vies ont été terrassées, des infrastructures qui faisaient notre fierté détruites, laissant les survivants désemparés, et des parents se trouvant à l’extérieur du pays éperdus de douleur.
1. Nous, les Évêques Catholiques d’Haïti, condamnons fermement ce qui s’est passé au moment de la célébration des funérailles du Père Joseph Simoly à la Cathédrale transitoire de Port-au-Prince. Des agitateurs, de toute évidence manipulés, n’ayant aucun lien avec les familles spirituelle et biologique du regretté Père Joseph Simoly, ont tenté d’instrumentaliser cette célébration en faisant du tapage à l’intérieur de l’église, espace sacré, inviolable.
1. Nous vous saluons avec les paroles d’espérance et de consolation prononcées par le prophète Isaïe pour encourager le peuple qui vivait un moment difficile et traumatisant de son histoire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi… » (Isaïe 9, 1.3). Elles annoncent l’événement central de la venue, dans son histoire tragique, du Messie, du Sauveur, de l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, qui est la Lumière qui brille dans les ténèbres.