Orphelinat Sainte-Hélène d’Obléon de Kenscoff: Note de la Conférence Haïtienne des Religieux (CHR)

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Le 3 août 2025, huit personnes, dont un enfant de 3 ans et un ressortissant irlandais, ont été enlevées à l’orphelinat Sainte-Hélène de Tèt Bwa Pen, à Kenscoff. Cette institution caritative et ce centre d’accueil à certains de nos plus vulnérables font partie du réseau « Nos Petits Frères et Sœurs » et de la « Fondation Saint-Luc ».

La Conférence haïtienne des religieux (CHR), dans cette note, manifeste sa solidarité avec les victimes et leurs familles, invite le peuple à ne pas laisser effriter leur foi, tout en condamnant l’enlèvement, le qualifiant d’« acte ignoble », et appelle à la libération immédiate des otages.

Critiquant par ailleurs l’indifférence persistante des autorités et l’absence de mesures sérieuses pour faire face à la violence généralisée en Haïti, un « cauchemar qui a trop duré », elle s’interroge sur les raisons pour lesquelles une population pacifique devient la proie de violence si abjecte sous le regard indifférent de l’État.

Ci-après la note originale de la CHR…

Texte reçu le 7 août 2025

La Conférence Haïtienne des Religieux apporte sa solidarité au réseau « Nos Petits Frères et Soeurs” ainsi qu’à la Fondation Saint-Luc suite à l’enlèvement suivi de la séquestration de huit personnes dont un enfant de trois (3) ans et une ressortissante irlandaise. Cet événement douloureux s’est produit dans la matinée du dimanche 3 août 2025 à l’orphelinat Sainte-Hélène d’Obléon, situé à Tèt Bwa Pen dans la commune de Kenscoff. Nous portons dans nos prières la situation terrible de nos frères et sœurs kidnappés. Nous élargissons notre solidarité aux membres de leur famille et à leurs proches affligés.

La CHR condamne fermement cet acte ignoble de trop. Elle exhorte les ravisseurs à libérer sans délai les paisibles hommes, femmes et enfants vulnérables qu’ils ont enlevés.

Par ailleurs, il faut souligner que le cauchemar que vit le peuple haïtien dans son ensemble a trop duré. Nous nous questionnons avec indignation: Pourquoi tant d’indifférences face à la souffrance d’un peuple si paisible ? Pourquoi aucune mesure sérieuse n’a été envisagée en vue d’enrayer ce phénomène destructeur pour notre société?

En tant qu’Église, notre préoccupation pastorale pour les personnes souffrantes, en particulier les victimes de la violence des gangs armées, n’est pas seulement une obligation morale, mais un impératif évangélique fondé sur le respect et la défense de la dignité humaine. Ces épreuves, vécues dans l’Espérance, deviennent une source de l’affermissement de notre foi. Ainsi, nous devons persévérer dans la prière tant pour les personnes victimes de ce fléau que pour la conversion des semeurs de deuil dans le pays.

Puisse notre Dieu compatissant nous combler de grâces afin d’œuvrer davantage pour le développement humain intégral de notre population meurtrie.

Que Dieu nous vienne en aide!

Donné à Port-au-Prince, le 7 août 2025

Pour la Conférence Haïtienne des Religieux (CHR).

P. Morachel BONHOMME, sdb
Président de la CHR