📂 Un silence qui nous laisse perplexe
📅 Publié le Dimanche 6 Décembre 2009 à 16h06
Le président dominicain, Leonel Fernandez, lors de son passage à Paris le 2 décembre dernier, fit certaines déclarations sur la politique intérieure d’Haïti. Nous nous attendions à tout un tollé de la classe politique, de la société civile et des membres de l’ancien Groupe des 184. A côté d’une paire de législateurs qui ont fait part de leur frustration à des journalistes, de la GARR qui publia une note de protestation contre ces déclarations qu’elle assimile à une ingérence dans les affaires internes du pays, du président de la Commission Nationale de Désarmement, démobilisation et Réinsertion (CNDDR), Alix Fils-Aimé, qui les a critiquées, de Edwidge Lalanne, spécialiste en relations internationales qui les a jugées déplacées, c’est le silence total1.
Les déclarations du chef de l’exécutif dominicain constituent une ingérence flagrante dans les affaires du pays et devraient être considérées comme telle par tous les secteurs sans distinction. Si les rôles étaient inversés, la société dominicaine nourrie de cette hostilité pour l’Haïtien aurait manifesté publiquement et même violemment sa désapprobation. (suite…)
Voila déjà deux jours, Mireille (1), que je reviens de l’exposition que vous tenez à votre galerie. Tout autant, ou peut-être encore plus, que les autres expositions tenues aux Ateliers Jérôme en prélude au 25ème anniversaire, celle-ci m’a marqué, surtout par la force mobilisatrice de son titre double : Pasko, l’infini du même, le même à l’infini. L’artiste serait-il cet espace, le même, à la fois délimité et sans bornes ? Ou serait-il cet espace, encore le même, explorant sans cesse ses propres frontières pour les balayer ? S’agirait-il de ce Pierre-Pascal Mérisier, Pasko(2), le même, mais toujours tendu vers de nouveaux espaces du Verbe ? Les questions se multiplient à l’infini.
Des conditions historiques particulières ont porté, ces vingt dernières années, les plasticiens haïtiens à sortir de leur isolement. La participation régulière et organisée aux grandes manifestations internationales (Venise, Johannesburg, Havane, Madrid, Santo Domingo, Porto-Rico, São-Paulo…) à travers expositions, foires, biennales, performances collectives, concours ; le développement récent de l’offre de séjour en résidence ; la mise en place d’institutions privées d’accompagnement, plateformes d’échanges et de brassage d’idées (musées et fondations…) ; l’expérience de rencontres croisées entre plasticiens et littéraires, tous ces facteurs ont ouvert le champ des pratiques artistiques à d’importants courants de production où s’élabore un langage plastique résolument contemporain.