📂 Assassinat de Maître Monferrier Dorval: Note des Évêques catholiques d’Haiti
📅 Texte publié le Mardi 1er septembre 2020 à 17h16
Par la présente, nous, les Évêques catholiques d’Haïti, condamnons avec vigueur l’assassinat de Maître Monferrier Dorval, Batonnier du Barreau de Port-au-Prince, ainsi que tous ces derniers assassinats par balles perpétrés dans le pays. Nous en profitons pour présenter nos sincères condoléances à la famille de la victime et au Barreau de Port-au-Prince. Malheureusement cette réalité est devenue le quotidien de la population qui vit désormais sous le choc, le traumatisme, la colère, l’indignation, la révolte, l’inquiétude. Ce n’est pas seulement une atteinte extrême et grave à la vie, qui est ainsi banalisée, mais aussi à la justice, au droit, à la paix, à la convivialité sociale, au vivre-ensemble pour la construction d’une société juste, fraternelle, harmonieuse et pacifique. (suite…)
Sommes-nous en train de devenir un peuple d’assassins? C’est la question qui nous est immédiatement venue à l’esprit en apprenant l’assassinat du bâtonnier de l’Ordre des avocat de Port-au-Prince, Maitre Monferrier Dorval. Nous étions alors au dernier vendredi de la dernière semaine du mois d’août, une semaine marquée par une augmentation de la criminalité.
1. Nous, les Évêques Catholiques d’Haïti, condamnons fermement ce qui s’est passé au moment de la célébration des funérailles du Père Joseph Simoly à la Cathédrale transitoire de Port-au-Prince. Des agitateurs, de toute évidence manipulés, n’ayant aucun lien avec les familles spirituelle et biologique du regretté Père Joseph Simoly, ont tenté d’instrumentaliser cette célébration en faisant du tapage à l’intérieur de l’église, espace sacré, inviolable.
Il y a de ces anniversaires qu’on aimerait bien ne pas se rappeler, mais l’histoire parfois tenaille des décennies voire des siècles après, et on ne peut s’en empêcher. Se faisant, on garde, bien sûr, le mince espoir que notre génération ou les générations futures n’auront pas à vivre les événements qu’il nous peine à commémorer. Le génocide des Haïtiens en République Dominicaine, il y a 80 ans, en est un.