📂 Addresse de Mme Mirlande Manigat, Secrétaire Générale du RDNP, à la Nation de
📅 Texte publié le Samedi 9 janvier 2016 à 15h31
Texte reçu le 8 janvier 2016
Mes chers compatriotes,
A l’aube de cette nouvelle année, j’aurais aimé m’adresser à vous en exprimant des vœux traditionnels généralement figés dans la trilogie sereine et rassurante: Santé, Paix, Prospérité.
L’état lamentable de notre pays n’incite cependant pas à se réfugier derrière ces mots simples chargés de sincérité. Il s’agit plutôt de se pencher sur les causes de ce délabrement que quiconque peut observer et commenter, et chercher les solutions adéquates pour réduire cette désespérance qui nous accable. Haiti n’est plus la perle des Antilles tant vantée par nos poètes et nos écrivains, célébrée par les touristes qui nous visitent. Dans son état actuel, elle ressemble plutôt à une terre triste et abandonnée, exposée à la compassion des uns et aux moqueries des autres. (suite…)
Nous sommes vraiment inquiets par ce qui se passe en Haïti ces derniers temps et questionnons surtout les solutions proposées pour endiguer ces crises à répétition. Nous refusons surtout de croire, comme certains, que ce petit pays est maudit.
L’habitude des funérailles symboliques organisées à cor et à cri par les activistes de ce pays interpelle aujourd’hui comme mesure compensatoire la célébration des funérailles réelles de dix-huit jeunes carnavaliers haïtiens et dans le même temps celles d’un gouvernement dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est mortifère.
On dit toujours qu’il faut être un cynique pour faire de la politique. Cet adage résume bien un des événements majeurs des premiers jours de ce mois de juin.
De mon petit coin, loin du patelin, j’observe les actions et écoute attentivement les déclarations quelquefois tonitruantes de ceux qui sont devenus, par un heureux hasard ou grâces aux fantaisies des puissants de l’international, nos leaders. Ils sont les responsables, à divers niveaux, d’un pays exsangue, en proie à toutes les misères. Et si, de temps en temps, ils font semblant de prêter attention à cette misère en offrant des palliatifs à travers des programmes sociaux sans lendemain et bien souvent humiliants pour les bénéficiaires, ils ne se préoccupent que leur propre avenir politique ou, dans certains cas, de leur survie.