📂 Haiti explose aux mains de l’occupant
📅 Texte publié le Jeudi 24 mai 2012 à 6h28
Texte reçu le 21 mai 2012
Dr Jean L. Théagène

participent, le vendredi 18 mai 2012, à une manifestation
pour demander le rétablissement de leur institution.
Photo: Swoan Parker pour Reuters
De mémoire de journaliste, d’historien et d’homme politique, jamais Haïti, notre pays n’avait atteint ces limites d’opprobre, de souillures et d’avilissement. De Soulouque à Duvalier en passant par les horreurs bien compréhensibles du Cacoïsme version nordiste du Piquétisme, la dignité, la moralité collective n’ont jamais été soumises à tant d’épreuves. (suite…)
Il est dans l’histoire des peuples des dates dont on préserve la mémoire et qui inspirent chaque année une réflexion différente. Dates de victoires décisives comme Vertières, de catastrophes comme Waterloo, de tournants historiques comme le Bois Caïman. Le 18 mai 1803, jour où Catherine Flon aurait cousu à l’Arcahaie le premier drapeau haïtien, est une de ces dates. Des factions de l’armée indigène avaient déjà un drapea noir et rouge, mais Dessalines voulait d’un autre qui symboliserait l’union de tous les fils de la patrie. La petite histoire raconte que n’ayant pas de fil à sa disposition, Catherine Flon utilisa ses propres cheveux pour exécuter la commande.
Des compatriotes se réclamant des Forces Armées d’Haïti s’approchent, le 17 avril dernier, du Parlement, et c’est la panique chez nos législateurs qui s’empressent de mettre fin à une séance à laquelle ils assistaient sans état d’âme. Cette armée dite « remobilisée », financée, il faut l’admettre, par des anonymes aux intentions voilées, suscite une grande peur chez nos politiciens et les élites dirigeantes. Et cette peur les empêche de considérer la résurgence de cette institution avec une certaine objectivité.
Dans les années ‘30 et dans les premières années des années ‘40, Trujillo régnant en maître dans la république voisine tentait, usant de plusieurs stratagèmes, d’influencer la politique et ainsi le cours de l’histoire en Haïti. Il se fit passer publiquement pour des amis personnels des présidents
Si naguère, le pluralisme institutionnel, réunissant sous forme de partis politiques différents mouvements locaux d’opposition, suscitait du côté de bon nombre d’haïtiens quelque engouement intéressé ou légitime enthousiasme, de nos jours, hélas, leur foisonnement anarchique sans cesse accru et démesurément grandissant inquiète, quand il ne met pas en doute la santé mentale de leurs fondateurs. Evitant le trébuchet de jugements, mal étayés, reposant sur des hypothèses spéculatives ou mus par des options subjectives, sentimentales voire métaphysiques, l’analyse scientifique nous commande de déterminer si ces partis correspondent à nos mœurs et coutumes et répondent aux aspirations de notre société.