📂 Pasko, le plasticien narrateur
📅 Texte publié le Vendredi 13 février 2015 à 15h00
Texte reçu le 9 février 2015
De Robenson d’Haiti
Cric, crac ! Il était une fois la terre maigrissait. Et les arbres se sont laissé pousser des seins pour l’allaiter… Ainsi nous parlerait une toile de Pierre Pascal Mérisier (Pasko), le conteur qui nous peint des légendes.
L’artiste compose son récit pictural à partir d’une combinaison d’éléments graphiques qui se chevauchent, en vue de donner un sens inédit aux choses. Par exemple, j’ai pu voir, dans un de ses tableaux, un manchot dont le bras manquant lui sert de pénis en passant par son trou du cul. Tout cela est bien lisible et visible, car Pasko tient toujours ses formes à distance du fond. (suite…)


Par les temps qui courent, il est vraiment triste d’être un haïtien. Ce sont là les mots d’un grand historien qui supputait l’inévitable dérive de la Nation. L’ère de la formule-flèche, de l’expression raccourcie, du pittoresque significatif commençait pour ce pays ballotté entre l’anarchie et l’espoir. Dans sa curiosité qui avait l’aiguillon du génie, Roger Gaillard avait fait montre de passion investigatrice, de minutie incomparable dans son travail d’annaliste. Il a jeté un regard passionné sur l’Histoire de notre passé et en a tiré son œuvre maîtresse: « Les Blancs débarquent » qui aurait dû provoquer une profonde réflexion chez tous les haïtiens intellectuels aussi bien qu’analphabètes. Pourtant, pour la plupart, les fils de ce pays n’ont pas su éviter en deux fois sur une période de quinze ans, ces gifles sonores répétées dont nous abreuve la communauté internationale à l’instigation des laquais nationaux.
Voilà déjà trois ans et six mois que tu nous as quittés répondant ainsi au dernier appel du Créateur. Il m’a été, depuis cette fatidique soirée, impossible de suivre les conseils évangéliques qui nous recommandent de « laisser les morts ensevelir les morts ». Tu continues de monopoliser cette part de ma pensée qui t’a toujours appartenu. Et chaque année, à pareille époque, l’intensité de cette pensée s’accroit considérablement, devenant par moments douloureux et insupportable.