{"id":41357,"date":"2022-11-09T13:48:59","date_gmt":"2022-11-09T18:48:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.haiti-reference.info\/pages\/?page_id=41357"},"modified":"2026-04-09T18:40:23","modified_gmt":"2026-04-09T22:40:23","slug":"1934-1986","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.haiti-reference.info\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1934-1986\/","title":{"rendered":"6270.- Histoire d\u2019Haiti: 1934-1986"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">Section I<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\" \/><\/h2>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">Pouvoir mul\u00e2tre<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/line-bar\/african_hr.gif\" width=\"465\" height=\"23\" \/><\/h2>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Les Am\u00e9ricains, qui avaient occup\u00e9 le pays depuis la fin du mois de juillet de 1915, remirent aux Ha\u00eftiens la direction des affaires publiques qu\u2019ils avaient g\u00e9r\u00e9e en plusieurs \u00e9tapes. Les derni\u00e8res unit\u00e9s am\u00e9ricaines quitt\u00e8rent le pays le 15 ao\u00fbt 1934. Une semaine plus tard, eut lieu la c\u00e9r\u00e9monie officielle de la fin de l&rsquo;occupation. Le bicolore fut \u00e0 nouveau hiss\u00e9 aux m\u00e2ts des \u00e9difices de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">St\u00e9nio Vincent<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?personID=I86&amp;tree=Politique\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"\/histoire\/notables\/vincent.jpg\" alt=\"St\u00e9nio Vincent\" width=\"250\" \/><\/a>Le pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti d\u2019alors s&rsquo;appelait <a class=\"red\" title=\"Profil de St\u00e9nio Vincent\" href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/notables\/chefs-detat\/stenio-vincent\/\">St\u00e9nio Vincent<\/a>.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 choisi le 18 novembre 1930 au 4\u00e8me tour d\u2019un scrutin (30 voix contre 19 pour son opposant Seymour Pradel) auquel particip\u00e8rent les membres de l\u2019Assembl\u00e9e nationale compos\u00e9e alors de 50 membres (15 s\u00e9nateurs et 35 d\u00e9put\u00e9s). Il\u00a0 devenait ainsi le quatri\u00e8me chef d\u2019\u00c9tat de l\u2019occupation am\u00e9ricaine qui se trouvait \u00e0 sa 15\u00e8me ann\u00e9e(1).<\/p>\n<p>Connu jusqu\u2019alors pour ses positions nationalistes, ce sentiment commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se diluer peu de temps apr\u00e8s son investiture pour dispara\u00eetre enti\u00e8rement avant la fin de sa pr\u00e9sidence. H\u00e9ritant les structures administratives mises en place par l&rsquo;occupant, il cherchait d&rsquo;abord \u00e0 en tirer profit et ainsi mieux asseoir son pouvoir.<\/p>\n<p>L&rsquo;un de ces h\u00e9ritages fut La Garde, une institution militaire fa\u00e7onn\u00e9e par l&rsquo;occupant. C&rsquo;\u00e9tait une force compos\u00e9e majoritairement de noirs, avec un commandant noir form\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, le colonel D\u00e9mosth\u00e8ne P\u00e9trus Calixte. Cependant, la majorit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat-major \u00e9tait des mul\u00e2tres. En th\u00e9orie, sa charge \u00e9tait apolitique. Elle devait, en tout premier lieu,\u00a0 maintenir l&rsquo;ordre interne, tout en soutenant un gouvernement \u00e9lu par le peuple. La Garde avait toutefois du mal \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 ce r\u00f4le parce que Vincent, profitant de la stabilit\u00e9 nationale relative, essaya de la vassaliser pour acqu\u00e9rir le pouvoir absolu en cherchant \u00e0 alimenter les divisions ou acheter des adh\u00e9rents dans les rangs. Bien des officiers tomb\u00e8rent dans le pi\u00e8ge. Avec leur aide, il a r\u00e9ussi \u00e0 brutalement r\u00e9primer l&rsquo;opposition, censurer la presse et gouverner en grande partie pour son propre b\u00e9n\u00e9fice et celui d&rsquo;une clique de mul\u00e2tres et d&rsquo;officiers militaires.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Contr\u00f4le des institutions vitales de la nation<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>St\u00e9nio Vincent, dans la tradition politique plus que centenaire, a voulu gouverner en autocrate. Les autocrates n\u2019admettent pas la pr\u00e9sence d\u2019un pouvoir parall\u00e8le, et, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du pouvoir ex\u00e9cutif, Haiti en avait alors deux: le pouvoir judiciaire et le pouvoir l\u00e9gislatif. Vincent, une fois \u00e9lu, se fixa d&rsquo;abord sur le Parlement pour r\u00e9duire ses pouvoirs ou, \u00e9ventuellement, le porter \u00e0 approuver sans critique ou d\u00e9bats les d\u00e9cisions de son gouvernement. Il avait d&rsquo;ailleurs subi un revers du corps l\u00e9gislatif dont les deux chambres avaient rejet\u00e9 le trait\u00e9 du 3 septembre 1931 sur le contr\u00f4le financier du pays et de la Garde d&rsquo;Haiti.<\/p>\n<p>Des \u00e9lections l\u00e9gislatives pour remplacer les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus en 1930 sous l&rsquo;\u00e9gide de la Constitution de 1918, amend\u00e9e en 1928 et qui n&rsquo;accordait qu&rsquo;un mandat de deux ans aux parlementaires de la chambre basse eut lieu le 10 janvier 1932. Ce fut donc le premier pas dans cette direction. Des d\u00e9put\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9taient montr\u00e9s trop nationalistes et qui affichaient une certaine ind\u00e9pendance face au nouveau pouvoir, ne furent pas r\u00e9\u00e9lus. On parla alors de victoire frauduleuse de ses sympathisants et m\u00eame de son jeune fr\u00e8re Nemours Vincent qui, au dire de Jean Price-Mars, \u201cn\u2019avait d\u2019autre m\u00e9rite que celui d\u2019\u00eatre le fr\u00e8re du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u201d(2).<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, des deux chambres, le S\u00e9nat se montra le plus hostile au gouvernement. Le pr\u00e9sident Vincent ne se g\u00eana pas alors pour renvoyer, pour cause d&rsquo;insubordination, quelques l\u00e9gislateurs de cette chambre jug\u00e9s trop ind\u00e9pendants. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui arrive en 1935 quand 11 s\u00e9nateurs(3) furent d\u00e9chus de leur fonction et imm\u00e9diatement remplac\u00e9s par des citoyens plus mall\u00e9ables.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Parlement, ce fut le tour de la presse, surtout la frange qui se montra trop ind\u00e9pendante en passant au peigne fin les actions du gouvernement. La r\u00e9pression d\u00e9buta \u00e0 la mi-ao\u00fbt 1932 quand le gouvernement proc\u00e9da \u00e0 la fermeture de plusieurs journaux apr\u00e8s avoir impos\u00e9 l\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge \u00e0 Port-au-Prince. Des directeurs des journaux interdits furent donc arr\u00eat\u00e9s dont Louis Callard, Joseph Jolibois. Ce dernier sera condamn\u00e9 \u00e0 trois ans de prison et assassin\u00e9 dans son cachot.<\/p>\n<p>Entretemps, une nouvelle <a title=\"texte de la Constitution de 1932\" href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1932-text\/\">Constitution<\/a> fut publi\u00e9e apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e \u00e0 mains lev\u00e9es par l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative le 19 juillet 1932. Elle sera remplac\u00e9e en <a title=\"Texte de la Constitution de 1935\" href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1935-text\/\">1935<\/a>. Cette derni\u00e8re r\u00e9duisit consid\u00e9rablement les pouvoirs du Parlement, prolongea le mandat du pr\u00e9sident et accorda d&rsquo;\u00e9normes privil\u00e8ges \u00e0 ce dernier. Quatre ans plus tard, elle sera \u00e0 nouveau modifi\u00e9e apr\u00e8s maints conflits avec le S\u00e9nat. Les amendements de 1939 font des s\u00e9nateurs de simples fonctionnaires de l&rsquo;\u00c9tat qui, nomm\u00e9s par le pr\u00e9sident, pouvaient \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9s \u00e0 n&rsquo;importe quel moment. Celui-ci se r\u00e9servait le m\u00eame droit de nomination pour les membres de la chambre des d\u00e9put\u00e9s \u00ab\u00a0en cas de mort, d\u00e9mission, d\u00e9ch\u00e9ance, interdiction judiciaire\u00a0\u00bb (Article 29, amend\u00e9). Quant \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e primaire qui, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;article 38 de la Constitution de 1935, pouvait voter au scrutin secret pour l\u2019un des trois candidats qui aspirent \u00e0 la pr\u00e9sidence pr\u00e9alablement choisis par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, elle avait perdu ce droit sans l&rsquo;avoir jamais exerc\u00e9. Il revint une fois de plus \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale de choisir le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Les mouvements d\u2019opposition furent \u00e9galement une des cibles du gouvernement Vincent qui r\u00e9duisit au silence leurs chefs en les arr\u00eatant ou les forcer \u00e0 s\u2019exiler. Par exemple, le parti communiste ha\u00eftien (PCH) cr\u00e9\u00e9 par <a class=\"link\" href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&amp;id=29#nom\">Jacques Roumain<\/a> (1907-1944) fut dissous par d\u00e9cret du gouvernement en novembre 1936, mais continua \u00e0 op\u00e9rer dans la clandestinit\u00e9 sans pour autant r\u00e9ussir \u00e0 atteindre la masse.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Relations Haitiano-dominicaines<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Vincent entretenait des relations personnelles avec le dictateur dominicain, Rafa\u00ebl Trujillo, qu&rsquo;il rencontrait souvent. Ce dernier avait pourtant une vue raciste des Ha\u00eftiens.<\/p>\n<p>Dans les premiers jours d&rsquo;octobre 1937, l&rsquo;arm\u00e9e dominicaine op\u00e9rant sous ses ordres se lan\u00e7a dans une action criminelle jamais vue dans l&rsquo;ile depuis l&rsquo;annhihalation de premiers habitants par les colonisateurs Espagnols. Des milliers d&rsquo;Ha\u00eftiens r\u00e9sidants dans la partie orientale de l&rsquo;\u00eele furent tu\u00e9s.<\/p>\n<p>Ex\u00e9cut\u00e9 avec une efficacit\u00e9 impitoyable, ce massacre eut lieu apr\u00e8s que le pr\u00e9sident ha\u00eftien eut d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 son homologue dominicain des preuves de grandes amiti\u00e9s et eut m\u00eame conclu avec ce dernier Un <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/traites-et-conventions\/accord-de-frontiere-entre-la-republique-dominicaine-et-haiti-1935\/\">Accord de fronti\u00e8re<\/a>, deux ans plus t\u00f4t suivi par un Protocole additionnel en vue d&rsquo;une r\u00e9vision du <a title=\"Texte du Trait\u00e9\" href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/traites-et-conventions\/traite-frontiere-haitiano-dominicaine-1929\/\">Trait\u00e9 de 1929 sur la d\u00e9limitation de la fronti\u00e8re haitiano-dominicaine<\/a>. Il avait m\u00eame accueilli en plusieurs occasions Trujillo sur le territoire et, lors d&rsquo;une de visite lui avait d\u00e9cern\u00e9 le \u00ab\u00a0Grade de Grande Croix\u00a0\u00bb (4). Lors de ses visites, le dictateur avait bien cach\u00e9 son intention d&rsquo;\u00e9liminer toute ethnicit\u00e9 ha\u00eftienne sur le territoire dominicain.<\/p>\n<p>Au lieu de confronter directement le dominicain, Vincent opta pour les nuances de la diplomatie et fit appel \u00e0 des nations proches des dominicains pour r\u00e9gler le diff\u00e9rend, ce qui r\u00e9volta les patriotes Ha\u00eftiens, et m\u00eame certains haut grad\u00e9s de la Garde. Le dictateur dominicain, tout en refusant d&rsquo;admettre publiquement que le massacre eut lieu, accepta de d\u00e9dommager les victimes pour la somme de $750,000. Plus tard, Vincent accepta unilat\u00e9ralement de r\u00e9duire le montant.<\/p>\n<p>La cr\u00e9dibilit\u00e9 du mandataire Ha\u00eftien d\u00e9j\u00e0 rong\u00e9e subit alors un grand coup. Aux yeux surtout de quelques officiers nationalistes, le prestige du pr\u00e9sident avait diminu\u00e9 et m\u00eame conduisit \u00e0 une tentative de coup.<\/p>\n<\/div>\n<h4 id=\"coup_attempt\" class=\"title_paragraf\">Tentative de coup<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>L&rsquo;id\u00e9e de se d\u00e9barrasser de Vincent \u00e9tait entretenue parmi certains haut grad\u00e9s. et le coup commencerait avec l&rsquo;\u00e9limination des chefs qui supportaient le pr\u00e9sident. L&rsquo;attentat contre major Durc\u00e9 Armand, commandant du palais, et le capitaine Arnaux Merceron, chef militaire du pr\u00e9sident au soir du 12 d\u00e9cembre 1937 aurait d\u00fb alors marquer la premi\u00e8re phase du plan. l&rsquo;\u00e9chec du coup conduisit \u00e0 de nombreuses arrestations suivies de condamnations \u00e0 mort ou \u00e0 des peines de prisons \u00e0 vie parmi les membres de la Garde. D\u00e9mosth\u00e8ne Calixte le seul noir de l&rsquo;\u00c9tat-major, suspect aux yeux de Vincent fut d&rsquo;abord relev\u00e9 de ses fonctions et, plus tard, affect\u00e9 au poste d\u2019inspecteur des ambassades et consulats d\u2019Europe. Quand son implication devint claire gr\u00e2ce aux admissions de quelques officiers arr\u00eat\u00e9s, il fut rappel\u00e9 pour \u00eatre jug\u00e9 pour crime contre la s\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat. Ne s&rsquo;\u00e9tant pas pr\u00e9sent\u00e9, un tribunal militaire le condamna, par contumace, \u00e0 la peine de mort. Il fut l&rsquo;objet d&rsquo;une gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle en 1941. Il revint en Haiti en 1946 pour se porter candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Les \u0153uvres sociales de Vincent<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Malgr\u00e9 son despotisme qui faisait de ses critiques une cible sur qui s&rsquo;acharnait les supp\u00f4ts de son gouvernement, St\u00e9nio Vincent \u00e9tait bien aim\u00e9 des masses\u00a0 et des gens des quartiers populaires, un fait qui est d\u00fb \u00e0 ses r\u00e9alisations sociales et \u00e0 quelques infrastructures dont b\u00e9n\u00e9ficiaient les d\u00e9munis. \u00c0 la saline, un quartier au Nord-Ouest de Port-au-Prince, Vincent entreprit d&rsquo;en faire une cit\u00e9 avec des maisons modestes mais en mur qui rempla\u00e7aient alors les masures. Ce quartier un peu r\u00e9nov\u00e9 fut dot\u00e9 d&rsquo;un dispensaire, d&rsquo;un parc et d&rsquo;un kioske. A peu de distance, s&rsquo;\u00e9leva en 1936 une \u00e9cole technique (l&rsquo;\u00c9cole Nationale des Arts et M\u00e9tiers) dont l&rsquo;administration fut confi\u00e9e au Sal\u00e9siens de Don Bosco. Le pr\u00e9sident, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de sa s\u0153ur R\u00e9sia Vincent qui remplissait alors le r\u00f4le de premi\u00e8re dame, fit \u00e9galement appel au Filles de Marie Auxiliatrice (S\u0153urs Sal\u00e9siennes) qui accueillaient alors dans leur nouvelle institution des jeunes filles pour une formation classique et m\u00e9nag\u00e8re.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident fut celui qui institua un syst\u00e8me de cantines scolaires qui se remarquaient aussi bien \u00e0 la capitale que dans les villes de province.<\/p>\n<p>L&rsquo;opposition, cependant, voyait dans ces d\u00e9marches sociales des proc\u00e9d\u00e9s d\u00e9magogiques tendant \u00e0 apaiser les masses.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Elie Lescot<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>St\u00e9nio Vincent, arriv\u00e9 \u00e0 la fin de son deuxi\u00e8me mandat, esp\u00e9rait bien briguer un troisi\u00e8me. Il avait d&rsquo;ailleurs re\u00e7u des deux chambres l\u00e9gislatives un vote de confiance en ce sens le 10 et 13 mars 1941 (5). Vincent d\u00e9clina l&rsquo;offre des parlementaires en pr\u00e9sentant comme excuses des probl\u00e8mes de sant\u00e9. L&rsquo;histoire r\u00e9v\u00e9la plus tard un chantage du pr\u00e9sident dominicain d&rsquo;alors, Trujillo, qui se disait en possession de documents pouvant entacher l&rsquo;honneur du pr\u00e9sident Ha\u00eftien. Le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique voisine \u00e9tait appuy\u00e9 dans sa d\u00e9marche par Elie Lescot, un ancien membre du cabinet de Vincent et ambassadeur \u00e0 Santo Domingo. A ce dernier poste, il s&rsquo;\u00e9tait li\u00e9 d&rsquo;amiti\u00e9 avec Trujillo et en faisait un alli\u00e9.<\/p>\n<p>St\u00e9nio Vincent se r\u00e9signa donc \u00e0 partir en laissant le fauteuil pr\u00e9sidentiel \u00e0 \u00c9lie Lescot qui fut \u00e9lu par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale le 15 avril 1941 (6) . L&rsquo;investiture de ce dernier eut lieu le 15 mai suivie d&rsquo;une tourn\u00e9e en ville des deux pr\u00e9sidents. D\u00e8s ce jour, cependant, Lescot avait voulu s&rsquo;affirmer en refusant de faire de son mandat une prolongation de celui de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Il voulait contr\u00f4ler l&rsquo;arm\u00e9e et tous les appareils de l&rsquo;\u00c9tat. Il se d\u00e9clara, par un d\u00e9cret datant du 5 juin 1941, chef supr\u00eame des forces arm\u00e9es en prenant \u00ab\u00a0le commandement effectif des toutes les forces arm\u00e9es de terre, de l&rsquo;air et de mer de la R\u00e9publique(7).<\/p>\n<p>Profitant de la rentr\u00e9e des \u00c9tats-Unis dans la 2\u00e8 guerre mondiale et faisant d&rsquo;Haiti un alli\u00e9 par une d\u00e9claration de guerre contre l&rsquo;Allemagne, il d\u00e9cr\u00e9ta l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;urgence et s&rsquo;octroya les pleins pouvoirs, ce qui lui permit de gouverner \u00e0 sa guise. Pour ce, il r\u00e9visa la <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1935-text\/\">Constitution de 1935<\/a> par une s\u00e9rie d&rsquo;amendements. Il s&rsquo;octroya un mandat de sept ans renouvelable. Il aurait voulu, en certains cas, nommer lui-m\u00eame les d\u00e9put\u00e9s et les s\u00e9nateurs. Il r\u00e9ussit m\u00eame \u00e0 \u00e9touffer tout d\u00e9bat lors des r\u00e9unions pour l&rsquo;amendement de la constitution. Pour contr\u00f4ler l&rsquo;int\u00e9rieur du pays, il s&rsquo;appuyait sur le r\u00e9seau des chefs de section, sorte de police rurale.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette image d&rsquo;autocrate et la projection d&rsquo;un certain racisme et de n\u00e9potisme(8) observ\u00e9e dans le recrutement des haut cadres de l&rsquo;administration publique, Lescot essaya d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;\u00e9ducation en confiant les r\u00eanes de l&rsquo;instruction publique \u00e0 un visionnaire, Le ministre Maurice Dartigue. Toutefois, il avait une aversion presque morbide pour le folklore ha\u00eftien et en particulier pour le vodou. Il soutint donc l&rsquo;\u00c9glise catholique dans sa lutte contre cette religion qu&rsquo;elle assimile \u00e0 une superstition pure et simple. A travers une compagne nomm\u00e9e \u00ab\u00a0rejet\u00e9\u00a0\u00bb, il accepta et encouragea m\u00eame la pers\u00e9cution des vodouisants, le saccage des temples vodou et p\u00e9ristyles et la destruction des objets religieux qui constituaient alors un patrimoine culturel de grande importance.<\/p>\n<p>Les restrictions et les menaces envers les critiques du gouvernement, une opposition se forma, encourag\u00e9e par le m\u00e9contentement de plusieurs secteurs dont les grands propri\u00e9taires terriens et les petits paysans d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs terres au profit de soci\u00e9t\u00e9s agricoles comme la SHADA(9), les commer\u00e7ants qui devaient se plier aux d\u00e9siderata des privil\u00e9gi\u00e9s du r\u00e9gime, le petits paysans ruin\u00e9s, enfin la classe moyenne noire de plus en plus marginalis\u00e9e qui voyaient les \u00e9l\u00e9ments mul\u00e2tres occuper tous les postes importants de l&rsquo;administration publique.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du mois de janvier 1946, une gr\u00e8ve fut d\u00e9clench\u00e9e par des \u00e9tudiants et universitaires et embrass\u00e9e quelques jours plus tard par toutes les couches. Le pr\u00e9sident Lescot essaya, dans un premier temps de bl\u00e2mer la presse, ciblant plusieurs journaux. Les gr\u00e8ves se multipli\u00e8rent alors et \u00e9branl\u00e8rent le gouvernement avec la d\u00e9mission en bloc du cabinet minist\u00e9riel. Sa tentative de former un autre cabinet \u00e9choua et, au cinqui\u00e8me jour de la gr\u00e8ve, l&rsquo;arm\u00e9e d\u00e9cida d&rsquo;intervenir en prenant le pouvoir. Ce fut la fin de la pr\u00e9sidence d&rsquo;\u00c9lie Lescot qui partit alors pour l&rsquo;exil. Une junte de trois membres pr\u00e9sid\u00e9e par le colonel Franck Lavaud assist\u00e9 des majors Paul Eug\u00e8ne Magloire et Antoine L\u00e9velt se chargea du pouvoir ex\u00e9cutif.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">Note :<\/p>\n<ol>\n<li>\u00ab\u00a0St\u00e9nio Vincent, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb <em>Le Nouvelliste<\/em> [Haiti]; No. 12316, Mercredi 19 novembre 1930; p. 1.<\/li>\n<li>Jean Price Mars, \u00ab Le panorama historique qui explique l\u2019avortement du lib\u00e9ralisme \u00bb dans Leslie P\u00e9an, <em>Comprendre Ant\u00e9nor Firmin \u2013 Une inspiration pour le XXIe si\u00e8cle.<\/em> Port-au-Prince: Presses de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat d\u2019Ha\u00efti, 2012, p. 298.<\/li>\n<li>Les S\u00e9nateurs renvoy\u00e9s furent: Seymour Pradel; Hector Paultre, Jean-Price Mars; Pierre Hudicourt; Fouchard martineau; Antoine Th\u00e9l\u00e9maque; Justin Latortue; Rameau Loubeau; L\u00e9on Nau; David jeannot; Valencourt Pasquet.<br \/>\nIls furent remplac\u00e9s par des personnalit\u00e9s chosies par la Chambre des d\u00e9put\u00e9s lors de la s\u00e9ance extraordinaire du jeudi 21 f\u00e9vrier 1935.<\/li>\n<li><strong>2 novembre 1934:<\/strong> Visite de 5 jours. Le pr\u00e9sident dominicain fut re\u00e7u en grande pompe et le \u00ab\u00a0Grade de Grande Croix\u00a0\u00bb, une insigne nationale, lui fut d\u00e9cern\u00e9e.<br \/>\n<strong>8 mars 1936:<\/strong> Rencontre \u00e0 Bellad\u00e8re, une ville haitienne situ\u00e9e sur la fronti\u00e8re.<br \/>\n<strong>15 mai 1936:<\/strong> Visite de 10 jours lors de l&rsquo;inauguration du second mandat du pr\u00e9sident Vincent.<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0\u00c0 l&rsquo;unanimit\u00e9 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s d\u00e9cide qu&rsquo;il y a lieu de prolonger le mandat pr\u00e9sidentiel\u00a0\u00bb Le <em>Nouvelliste\u00a0<\/em>(Haiti) 45\u00e8 Ann\u00e9e, No. 20804, Lundi 10 mars 1941; p. 1.<br \/>\n\u00ab\u00a0Le S\u00e9nat par acclamation d\u00e9cide de prolonger le mndat pr\u00e9sidentiel\u00a0\u00bb\u00a0Le <em>Nouvelliste\u00a0<\/em>(Haiti) 45\u00e8 Ann\u00e9e, No. 20807, Jeudi 13 mars 1941; p. 1.<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0\u00c9lection d&rsquo;\u00c9lie Lescot. D\u00e9cret de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale.\u00a0\u00bb [Fichier inclu dans son profil]<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Arr\u00eat\u00e9 [faisant du pr\u00e9sident d&rsquo;\u00c9lie Lescot le chef supr\u00eame des forces de terre, de mer et de l&rsquo;air]\u00a0\u00bb Bulletin des lois et actes: 15 mai 1941-15 septembre 1942. Port-au-Prince: Imprimerie de l&rsquo; &lsquo;Etat, 1942; p. 10-12.<\/li>\n<li>Le pr\u00e9sident fit de son fils G\u00e9rard Lescot, fut ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Un autre fils, Henri Lescot, detint le monopole du commerce du sisal. Il ferma les yeux sur les agissements ill\u00e9gaux d&rsquo;un autre fils, le lieutenant Roger Lescot, qui s&rsquo;appropriait des bien des Allemands saisis par le gouvernement.<\/li>\n<li>SHADA: Soci\u00e9t\u00e9 Haitiano-Am\u00e9ricaine de D\u00e9veloppement Agricole. Cette compagnie financ\u00e9e par des capitaux am\u00e9ricains s&rsquo;\u00e9tablit sur des terres vol\u00e9es aux paysans pour la culture du caoutchouc.<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<p><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1934-1986\/\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px; vertical-align: baseline;\"><\/i> <strong>Section I:<\/strong> <span style=\"color: #ff0000;\">Pouvoir mul\u00e2tres<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section II<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\" \/><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">De coup d&rsquo;\u00e9tat (1946) \u00e0 coup d&rsquo;\u00e9tat (1957)<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/line-bar\/african_hr.gif\" width=\"465\" height=\"23\" \/><\/h2>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">La junte de 1946<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Le mouvement d\u00e9clench\u00e9 dans les premiers jours de janvier 1946 a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 par certains de r\u00e9volution. D&rsquo;autres parlent simplement d&rsquo;une protestation g\u00e9n\u00e9rale. R\u00e9volution ou protestation, ce mouvement marqua un d\u00e9veloppement in\u00e9dit dans l&rsquo;Histoire d&rsquo;Ha\u00efti. La Garde, cette nouvelle arm\u00e9e cr\u00e9\u00e9e par l&rsquo;occupant am\u00e9ricain, intervint pour prendre temporairement le pouvoir en tant qu&rsquo;institution et non en tant que d\u00e9marche personnelle d&rsquo;un chef marchant \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une arm\u00e9e pour d\u00e9loger le pr\u00e9sident en fonction, comme ce fut le cas de l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;occupation am\u00e9ricaine. Les trois membres de la junte connue sous le nom de \u00ab\u00a0Comit\u00e9 ex\u00e9cutif militaire\u00a0\u00bb formaient en quelque sorte l&rsquo;\u00c9tat-major de la Garde:<\/p>\n<ol>\n<li>le colonel Franck Lavaud, Commandant de la Garde d&rsquo;Haiti;<\/li>\n<li>le major Antoine Levelt, le lieutenant de ce dernier;<\/li>\n<li>le major Paul E. Magloire, commandant de la Garde pr\u00e9sidentielle.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces chefs s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dissoci\u00e9s des actions du gouvernement de Lescot qui, quoique s&rsquo;autoproclamant chef effectif de l&rsquo;arm\u00e9e en 1941, essuya de leur part un refus quand il leur demanda de mater s\u00e9v\u00e8rement la protestation. La majorit\u00e9 des Ha\u00eftiens voyaient la d\u00e9marche de l&rsquo;arm\u00e9e comme une issue logique aux \u00e9v\u00e9nements devant emporter le pr\u00e9sident. Les trois membres de la junte militaire qui eux aussi avaient assimil\u00e9 leur intervention \u00e0 une action politique acceptable, n&rsquo;avaient pourtant pas compris, au\u00a0 moins au d\u00e9but, ce que le peuple et les acteurs du moment attendaient d&rsquo;eux: une br\u00e8ve transition vers un gouvernement civil \u00e9lu. Ils ont donc essay\u00e9 d&rsquo;explorer d&rsquo;autres options, mais les clameurs publiques sous force de manifestations de soutien aux candidats potentiels, ont finalement forc\u00e9 les officiers, membres de la junte \u00e0 se plier aux desiderata du peuple. Ils se sont engag\u00e9 \u00e0 organiser des \u00e9lections l\u00e9gislative d&rsquo;abord et ensuite superviser le processus du choix du pr\u00e9sident par le parlement.<\/p>\n<p>Les membres de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale furent \u00e9lus le 12 mai 1946. Et le nouveau parlement fixa au 16 ao\u00fbt 1946 la date d&rsquo;\u00e9lection du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Les principaux candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence furent au nombre de trois, tous des noirs:<\/p>\n<ol>\n<li>Dumarsais Estim\u00e9, ancien ministre de l&rsquo;\u00c9ducation nationale sous le pr\u00e9sident St\u00e9nio Vincent, membre de l&rsquo;assembl\u00e9e nationale;<\/li>\n<li>F\u00e9lix d&rsquo;Orl\u00e9ans Juste Constant, chef du Parti Communiste Ha\u00eftien (PCH);<\/li>\n<li>L&rsquo;ancien commandant de la Garde D\u00e9mosth\u00e8nes P\u00e9trus Calixte, exil\u00e9 en 1937, suite \u00e0 un coup d&rsquo;\u00e9tat manqu\u00e9 contre St\u00e9nio Vincent et revenu depuis peu au pays. Il s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme candidat d&rsquo;une coalition progressiste qui comprenait le Mouvement Ouvrier Paysan [MOP](1).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dumarsais Estim\u00e9, le plus mod\u00e9r\u00e9 des trois, obtint le soutien de la population et de la classe moyenne noire \u00e9mergente. Les chefs de l&rsquo;arm\u00e9e, qui n&rsquo;approuvaient pas l&rsquo;\u00e9lection de Juste Constant et qui affichaient une grande prudence face au populiste Fignol\u00e9 qui avait soutenu D\u00e9mosth\u00e8nes P\u00e9trus Calixte, voyaient \u00e9galement en Estim\u00e9, un candidat acceptable. Apr\u00e8s deux tours de scrutin, les l\u00e9gislateurs ont ainsi offert la pr\u00e9sidence \u00e0 ce dernier.<\/p>\n<\/div>\n<p id=\"dumarsais-estime\" class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Dumarsais Estim\u00e9<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium aligncenter\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>D\u2019origine modeste et passionn\u00e9ment anti-\u00e9litiste et donc g\u00e9n\u00e9ralement anti-mul\u00e2tre, Dumarsais Estim\u00e9 acc\u00e9da \u00e0 la pr\u00e9sidence \u00e0 la faveur d&rsquo;une \u00e9lection tenue par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale le 16 ao\u00fbt 1946. Il a d\u00e9montr\u00e9, au moins au d\u00e9but, un v\u00e9ritable souci du bien-\u00eatre de la population. Op\u00e9rant en vertu d\u2019une nouvelle <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1946-text\/\">constitution<\/a> entr\u00e9e en vigueur en novembre 1946, Estim\u00e9 proposa, mais n\u2019a jamais obtenu l\u2019adoption de la premi\u00e8re l\u00e9gislation sur la s\u00e9curit\u00e9 sociale en Ha\u00efti.<\/p>\n<p>Il a cependant \u00e9largi le syst\u00e8me scolaire, encourag\u00e9 la cr\u00e9ation de coop\u00e9ratives rurales, augment\u00e9 les salaires des fonctionnaires et la repr\u00e9sentation des noirs dans la classe moyenne et dans le secteur public. Il a \u00e9galement tent\u00e9 de gagner la faveur de la Garde &#8211; rebaptis\u00e9e Arm\u00e9e d\u2019Ha\u00efti en mars 1947 &#8211; en promouvant Lavaud au grade de g\u00e9n\u00e9ral de brigade et en sollicitant l\u2019aide militaire des \u00c9tats-Unis. Il organisa une exposition universelle pour c\u00e9l\u00e9brer le bicentenaire de la fondation de Port-au-Prince. Cet \u00e9v\u00e9nement eut beaucoup de succ\u00e8s et mit Haiti sur la carte touristique. A son actif, il faut \u00e9galement mentionner la modernisation de la ville de Bellad\u00e8re qui aurait d\u00fb apporter \u00e0 la r\u00e9gion de grands b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques puisqu&rsquo;elle se trouvait sur la route internationale reliant Santo Domingo \u00e0 Port-au-Prince et les autres grandes villes des d\u00e9partements du Nord et de l&rsquo;Artibonite. Le pr\u00e9sident dominicain, Rafael Trujillo, d\u00e9cida alors de saboter le projet en fermant la route internationale qui passait par Elias Pi\u00f1as et en redirigeant le trafic sur Jiman\u00ed.<\/p>\n<p>Estim\u00e9 a finalement \u00e9t\u00e9 victime de deux des pi\u00e8ges de la politique ha\u00eftienne: l\u2019intrigue des \u00e9lites et l\u2019ambition personnelle. Les \u00e9lites avaient un certain nombre de griefs contre Estim\u00e9. Non seulement il les avait largement exclues des leviers souvent lucratifs du gouvernement, mais il avait \u00e9galement promulgu\u00e9 le premier imp\u00f4t sur le revenu du pays(3), favoris\u00e9 la croissance des syndicats et sugg\u00e9r\u00e9 que le <a href=\"\/pages\/plan\/religions\/vodou-haitien\/\">vaudou<\/a> soit consid\u00e9r\u00e9 comme une religion \u00e0 l&rsquo;instar du catholicisme romain, une notion que l\u2019\u00e9lite europ\u00e9anis\u00e9e abhorrait.<\/p>\n<p>Manquant d\u2019influence directe dans les affaires ha\u00eftiennes, ces \u00e9lites ont eu recours \u00e0 un lobbying clandestin parmi le corps des officiers. Leurs efforts, combin\u00e9s \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions int\u00e9rieures, ont conduit en partie, \u00e0 un coup d\u2019\u00c9tat en mai 1950.<\/p>\n<p>Certes, Estim\u00e9 avait pr\u00e9cipit\u00e9 sa propre disparition de plusieurs fa\u00e7ons. La nationalisation de la concession de bananes Standard Fruit avait fortement r\u00e9duit les revenus de l\u2019entreprise. Il avait ali\u00e9n\u00e9 les travailleurs en leur demandant d\u2019investir entre 10% et 15% de leurs salaires dans des obligations pour la d\u00e9fense nationale. Le pr\u00e9sident finalement avait scell\u00e9 son sort en tentant de manipuler la constitution afin de prolonger son mandat. Il essuya un refus de la part du S\u00e9nat, une action qui plongea le pays dans une crise politique au d\u00e9but du printemps de l&rsquo;ann\u00e9e 1950.<\/p>\n<p>Cette action et l\u2019agitation populaire qu\u2019elle engendra, donn\u00e9rent une raison \u00e0 l\u2019arm\u00e9e qui for\u00e7a le pr\u00e9sident \u00e0 d\u00e9missionner. Le 10 mai 1950, la m\u00eame junte qui avait pris le pouvoir apr\u00e8s la chute de Lescot revint au pouvoir. Une escorte de l\u2019arm\u00e9e accompagna Estim\u00e9 du Palais national pour le port\u00a0 o\u00f9 il s&rsquo;envolera pour l&rsquo;exil en Jama\u00efque. Les \u00e9v\u00e9nements de mai 1946 avaient impressionn\u00e9 le ministre du Travail de Dumarsais Estim\u00e9, Fran\u00e7ois Duvalier qui en tira une le\u00e7on qu&rsquo;il aura appliqu\u00e9e moins d&rsquo;une d\u00e9cade plus tard: Ne jamais faire confiance \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. Celle-ci aura d&rsquo;ailleurs tout fait pour attiser cette m\u00e9fiance.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Deuxi\u00e8me coup en quatre ans<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e ne fut pas cependant responsable du renvoi de Dumarsais Estim\u00e9. D\u00e9tectant une opportunit\u00e9 de reprendre le pouvoir, elle en profita simplement. En fait, le pr\u00e9sident Dumarsais, homme mod\u00e9r\u00e9, mais pris dans l&rsquo;engrenage du pouvoir en Haiti, \u00e9tait devenu la proie des forces politiques radicales d\u00e9cha\u00een\u00e9es en 1946 et la cible de critiques des deux camps. L&rsquo;un l&rsquo;accusait d&rsquo;\u00eatre trop conservateur alors que l&rsquo;autre faisait de lui un extr\u00e9miste de gauche. Lorsque le S\u00e9nat qui comptait des \u00e9l\u00e9ments des deux camps rejeta sa proposition de revoir la constitution de 1946 pour lui permettre de briguer un autre terme comme pr\u00e9sident, l\u2019arm\u00e9e intervint, comme cela s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 en janvier 1946, pour, disait-elle, emp\u00eacher l\u2019instabilit\u00e9 politique et superviser une transition du pouvoir.<\/p>\n<p>Une junte provisoire compos\u00e9e des m\u00eames officiers formant le \u00ab\u00a0Comit\u00e9 Ex\u00e9cutif Militaire\u00a0\u00bb de janvier 1946 prit alors le pouvoir : Franck Lavaud, qui \u00e9tait maintenant g\u00e9n\u00e9ral, assumait le m\u00eame r\u00f4le. Il \u00e9tait accompagn\u00e9 alors des colonels Antoine L\u00e9velt et Paul Magloire. Dans une conf\u00e9rence de presse le 10 mai 1950, ils annonc\u00e8rent au peuple le changement arguant que le p\u00e9ril qui s&rsquo;annon\u00e7ait for\u00e7a l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 prendre cette \u00ab seule d\u00e9cision susceptible de sauvegarder l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la Nation Ha\u00eftienne \u00bb(2) pour annoncer les intentions des militaires. Deux jours plus tard, la junte installa son cabinet. Cependant, contrairement \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 1946, cette fois, c\u2019\u00e9tait le colonel Magloire, et non le g\u00e9n\u00e9ral Lavaud qui g\u00e9rait, de mains fermes, la transition.<\/p>\n<p>Une \u00e9quipe dirig\u00e9e par le s\u00e9nateur <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/notables\/chefs-detat\/faustin-soulouque\/\">Dant\u00e8s Bellegarde<\/a> fut charg\u00e9e de r\u00e9viser la Constitution, mais avant qu&rsquo;elle ne publiasse la nouvelle charte des \u00e9lections ouvertes \u00e0 tous les citoyens m\u00e2les \u00e2g\u00e9s de plus de 21 ans furent organis\u00e9es. Pour se faire \u00e9lire, Magloire se retira du gouvernement provisoire et annon\u00e7a sa propre candidature. Tous les politiciens pr\u00e9alablement candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence, sauf un, boycotta les \u00e9lections qui eut lieu le 10 octobre de cette ann\u00e9e. Sans surprise, Paul Eug\u00e8ne Magloire fut \u00e9lu pr\u00e9sident, avec dit-on, un pourcentage de 99% des voix.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Paul Eug\u00e8ne Magloire<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>\u00c9lu pr\u00e9sident, Paul Eug\u00e8ne Magloire, qui se dit un soldat au service du peuple, fut investi le 6 d\u00e9cembre 1950, dans une atmosph\u00e8re de r\u00e9jouissances populaires, rapport\u00e8rent les t\u00e9moins de l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, il essaya de tirer profit de la bonne gouvernance du pouvoir du pr\u00e9sident Dumarsais Estim\u00e9. Il mit en place un plan quinquennal de d\u00e9veloppement consistant \u00e0 \u00e9riger des routes, des drainages, des \u00e9coles, des h\u00f4pitaux et m\u00eame des barrages dont \u00ab P\u00e9ligre \u00bb. Avec la c\u00e9l\u00e9bration du bicentenaire de Port-au-Prince, et l&rsquo;exposition universelle tenue en cette occasion, Haiti devint un centre d\u2019attraction de choix pour le tourisme mondial, ce qui contribua \u00e0 une grande prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Paul Eug\u00e8ne Magloire, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es tira tous les avantages de cette prosp\u00e9rit\u00e9 ce qui lui permit de r\u00e9aliser certains points de son programme. Dans le domaine de l&rsquo;\u00e9ducation, il construisit plusieurs \u00e9coles et quelques lyc\u00e9es. Il redonna aux villes, dont le Cap et les Gona\u00efves, une certaine valeur par des oeuvres de restoration. D\u00e8s la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1953, il c\u00e9l\u00e9bra en grande pompe le tri-cinquantenaire de l&rsquo;ind\u00e9pendance par des manifestations \u00e9chelonn\u00e9es sur plusieurs mois, marqu\u00e9es par l&rsquo;inauguration d&rsquo;edifices publiques dont la cath\u00e9drale des Gona\u00efves, de places comme celle du champ de Mars au centre de Port-au-Prince, des p\u00e8lerinages aux lieues historiques, des veill\u00e9es patriotiques, des t\u00e9moignages d&rsquo;honneurs aux p\u00e8res de la patrie.<\/p>\n<p>Mais une fois pass\u00e9s ces moments de fastes et de r\u00e9jouissances, la politique partisane reprit ses droits. Le gouvernement accusa alors l&rsquo;opposition d&rsquo;inciter le peuple \u00e0 la r\u00e9volte et proc\u00e9da \u00e0 des arrestations muscl\u00e9es m\u00eame de parlementaires malgr\u00e9 leur immunit\u00e9. Ce fut alors le d\u00e9but de la fin pour le gouvernement, qui rechercha des supports \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger lors des voyages officiels du pr\u00e9sident dans plusieurs pays du continent. Le <a href=\"\/pages\/plan\/geographie-et-tourisme\/milieu-naturel\/desastres-et-accidents\/cyclones-et-ouragans\/ \u200e#hazel\">cyclone Hazel<\/a> qui atteignit Haiti le 12 d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e du tri-cinquantenaire et qui d\u00e9vasta la p\u00e9ninsule du Sud en laissa des d\u00e9g\u00e2ts \u00e9valu\u00e9s \u00e0 des millions de dollars mit pratiquement fin \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 que le pays avait connue jusqu&rsquo;alors. Les mesures de redressement du gouvernement n&rsquo;apport\u00e8rent pas les r\u00e9sultats escompt\u00e9s.<\/p>\n<p>Des discussions et la confusion qui en r\u00e9sulte autour de la date d&rsquo;expiration du mandat constitutionnel du pr\u00e9sident furent \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une bataille politique, avec d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 des candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence et leurs partisans, d&rsquo;un autre le gouvernement sous l&rsquo;oeil approbateur de l&rsquo;arm\u00e9e. A l&rsquo;approche du 6 d\u00e9cembre date retenue par l&rsquo;opposition pour la fin du mandat de Magloire, la situation devint alarmante. Magloire, voulant jouer au plus malin, feignit de laisser le pouvoir, pour imm\u00e9diatement le r\u00e9-assumer provisoirement.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le chaos!<\/p>\n<p>Des agitations s&rsquo;ensuivirent agr\u00e9ment\u00e9es de gr\u00e8ves, d&rsquo;attaques \u00e0 la bombe. Magloire ne pouvant contr\u00f4ler la situation d\u00e9cida alors de remettre une nouvelle fois sa d\u00e9mission esp\u00e9rant revenir dans le giron de l&rsquo;arm\u00e9e qui lui refusa sa r\u00e9int\u00e9gration. Il dut alors prendre le chemin de l&rsquo;exil le 14 d\u00e9cembre 1956. Suite \u00e0 ce d\u00e9part, Haiti aura connu pr\u00e8s de 10 mois de grands bouleversements. Presque toutes les institutions furent affect\u00e9es avec de grands changement dans l&rsquo;arm\u00e9e marqu\u00e9s d&rsquo;abord par le remplacement du chef d&rsquo;\u00c9tat-major et le renvoi du commandant du d\u00e9partement militaire de la police de Port-au-Prince qui s&rsquo;exila.<\/p>\n<\/div>\n<p id=\"ephem\" class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Gouvernements \u00e9ph\u00e9m\u00e8res<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Gouvernement de Nemours Pierre-Louis<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium alignleft\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/nemours_pierre-louis.jpg\" width=\"117\" height=\"166\" \/>Magloire parti, le pr\u00e9sident de la Cour de Cassation, Nemours Pierre-Louis, devint pr\u00e9sident provisoire en vertu de l&rsquo;article 81 de la <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1950-text\/#81\">Constitution de 1950<\/a>. Celui-ci, se disant \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un gouvernement constitutionnel devant fonctionner avec les trois pouvoirs, r\u00e9tablit les chambres l\u00e9gislatives qui avaient \u00e9t\u00e9 dissoutes par Magloire lorsqu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait \u00e9rig\u00e9 en pr\u00e9sident d&rsquo;un conseil ex\u00e9cutif apr\u00e8s avoir remis, dans un premier temps, sa d\u00e9mission.<\/p>\n<p>Le gouvernement de Nemours Pierre-Louis, asserment\u00e9 le 12 d\u00e9cembre 1956, devint vite la cible de ceux qui voulaient passer l&rsquo;\u00e9ponge sur le gouvernement de son pr\u00e9d\u00e9cesseur et r\u00e9clamaient une enqu\u00eate exhaustive sur ses actes en esp\u00e9rant un verdict pr\u00e9-\u00e9tabli. Le nouveau pr\u00e9sident provisoire qui pourtant avait propos\u00e9 \u00e0 la Chambre de former une commission d&rsquo;enqu\u00eate sur le gouvernement de Magoire, \u00e9tait per\u00e7u comme affichant trop d&rsquo;indulgence envers l&rsquo;ancien r\u00e9gime. Ses propres ministres d\u00e9sapprouvaient sa l\u00e9thargie et plusieurs d\u00e9mission\u00e8rent en signe de protestation(4).<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des politiciens de l&rsquo;\u00e9poque dont certains caressaient l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une candidature \u00e0 la pr\u00e9sidence, l&rsquo;accusaient eux aussi d&rsquo;inaction. \u00c0 la suite de ces d\u00e9nonciations et accusations les manifestations reprirent apr\u00e8s seulement quelques semaines de calme.<\/p>\n<p>Le 3 f\u00e9vrier 1957, apr\u00e8s seulement 53 jours \u00e0 la t\u00eate du gouvernement provisoire, Nemours Pierre-Louis l\u00e2cha prise.<\/p>\n<p>Les futurs candidats se jet\u00e8rent dans l&rsquo;ar\u00e8ne en proposant des solutions qui ne faisaient pas l&rsquo;unanimit\u00e9. Finalement, apr\u00e8s d&rsquo;interminables discussions, le Parlement choisit Franck Sylvain pour lui succ\u00e9der provisoirement, rejetant ainsi les recommandations de la <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1950-text\/#81\">Constitution de 1950<\/a>, dans son article 81.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Gouvernement de Franck Sylvain<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"\/pages\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/franck_sylvain.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" \/>Franck Sylvain, un candidat d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence, fit le retrait de sa candidature lorsqu&rsquo;il devient conscient que les chances \u00e9taient de son c\u00f4t\u00e9 pour devenir chef d&rsquo;\u00c9tat quoiqu&rsquo;\u00e0 titre provisoire(5). Choisi par le Parlement avec 23 voix le 7 f\u00e9vrier 1957, il preta serment imm\u00e9diatement prenant virtuellement le pouvoir de l&rsquo;arm\u00e9e qui avait \u00e9t\u00e9 en charge depuis le d\u00e9part de Nemours Pierre-Louis. Avec un mandat devant prendre fin au 15 mai, il d\u00e9finit alors son gouvernenement com mi-r\u00e9volutionnaire, mi-conditionnel.<\/p>\n<p>Le nouveau pr\u00e9sident provisoire se proposa d&rsquo;organiser les \u00e9lections avant la fin de son mandat et d\u00e9cida l&rsquo;ouverture des inscriptions au 24 mars. Peu de jours apr\u00e8s, il d\u00e9cr\u00e9ta la dissolution du parlement, une deuxi\u00e8me exp\u00e9rience du genre pour les parlementaires qui pourtant l&rsquo;avaient \u00e9lu.<\/p>\n<p>Certains secteurs commenc\u00e8rent donc \u00e0 l&rsquo;accuser d&rsquo;\u00eatre trop proche de Fran\u00e7ois Duvalier qui, disait-ont, nommaient lui-m\u00eame des fonctionnaires de son administration. On l&rsquo;accusait \u00e9galement de vouloir organiser des \u00e9lections qui auraient favoris\u00e9 ce dernier. Ces accusations se transform\u00e8rent en gr\u00e8ves et manifestations le ciblant, Port-au-Prince et ses banlieues connurent m\u00eame les m\u00e9faits de l&rsquo;explosion de bombes artisanale. Le 2 avril, le g\u00e9n\u00e9ral L\u00e9on Cantave, chef d&rsquo;\u00c9tat-major de l&rsquo;arm\u00e9e, orchestra un coup et pla\u00e7a Sylvain en r\u00e9sidence surveill\u00e9. Le chef de l&rsquo;arm\u00e9e l&rsquo;accusait de complicit\u00e9 dans l&rsquo;affaire des bombes. L\u00e9on Cantave remit le pouvoir \u00e0 un \u00ab\u00a0Conseil Ex\u00e9cutif de Gouvernement\u00a0\u00bb(6) compos\u00e9 de secr\u00e9taires et de sous-secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p>Entre son investiture et son assignation \u00e0 r\u00e9sidence surveill\u00e9e par l&rsquo;arm\u00e9e, Franck Sylvain eut le temps de mettre sous s\u00e9questre les biens de l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Paul Magloire et de certains fonctionnaires de son gouvernement. Il \u00e9largit le pouvoir de la Commission d&rsquo;enqu\u00eate cr\u00e9\u00e9 par le gouvernement provisoire de Nemours Pierre-Louis.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Une formule vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Au renvoi de Franck Sylvain, le pouvoir se retrouva une fois de plus entre les mains du chef d&rsquo;\u00c9tat-major, le g\u00e9n\u00e9ral L\u00e9on Cantave. Celui-ci dut une fois encore passer outre l&rsquo;opportunit\u00e9 de diriger le pays. Il fit donc appel aux candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence pour trouver une formule de gouvernement acceptable par tous. La r\u00e9union de ces candidats ou de leurs repr\u00e9sentants prit le nom d'\u00a0\u00bbAssembl\u00e9e r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb. Ces derniers d\u00e9cid\u00e8rent de cr\u00e9er un gouvernement h\u00e9t\u00e9roclite compos\u00e9 apr\u00e8s discussion de 13 personnalit\u00e9s. Propos\u00e9es par les candidats, ces personnalit\u00e9s remplirent les fonctions de secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat et de sous-secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat. Ce gouvernement provisoire prit le nom de \u00ab\u00a0Conseil Ex\u00e9cutif\u00a0\u00bb et la pr\u00e9sidence fut assum\u00e9e \u00e0 tour de r\u00f4le par chaque secr\u00e9taire d&rsquo;\u00e9tat.<\/p>\n<p>Le Conseil ne tarda pas \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;accusations\u00a0 d&rsquo;abord de la part m\u00eame des candidats qui y avaient leurs repr\u00e9sentants, et des collectivit\u00e9s au-del\u00e0 de la capitale.<\/p>\n<p>Les candidats par exemple, pensaient que qu&rsquo;ils dirigeaient par procuration et tiraient les ficelles derri\u00e8re les rideaux. C&rsquo;est le cas du candidat Duvalier qui voyait dans le conseil une cr\u00e9ation des candidats Louis D\u00e9joie et Daniel Fignol\u00e9. Ces derniers avaient chacun 4 repr\u00e9sentants alors le premier n&rsquo;avait que trois. Il d\u00e9cida alors de saboter les travaux du Conseil en rappelant ses repr\u00e9sentants. Plus tard certains de ses proches organisaient des manifestations qui d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e8rent en violence.\u00a0 Les collectivit\u00e9s des autres r\u00e9gions, quant \u00e0 elles, voyaient dans le conseil une \u00e9manation des politiciens de la capitale sans se soucier des int\u00e9r\u00eats des provinces. La m\u00e9fiance d&rsquo;abord entre les commanditaires du conseil et entre celui-ci et les repr\u00e9sentants des autres r\u00e9gions conduisit \u00e0 son \u00e9clatement. Le haut-\u00e9tat-major de l&rsquo;arm\u00e9e qui jouait jusqu&rsquo;alors le r\u00f4le d&rsquo;arbitre d\u00e9cida alors de le dissoudre d&rsquo;autant plus que le Conseil voulait renvoyer le chef de l&rsquo;arm\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral L\u00e9on Cantave, et le remplacer par le colonel Pierre Armand, une man\u0153uvre qui entraina une lutte fratricide au sein de l&rsquo;institution militaire pour une courte dur\u00e9e et se solda par la d\u00e9ch\u00e9ance des deux chefs militaires qui fut remplac\u00e9 plus tard par le g\u00e9n\u00e9ral Antonio Thrasybule K\u00e9breau.<\/p>\n<p>Encore une fois, les candidats, \u00e0 l&rsquo;appel du chef d&rsquo;\u00c9tat-major, invent\u00e8rent une formule qui finit par \u00eatre un pi\u00e8ge pour le b\u00e9n\u00e9ficiaire, Daniel Fignol\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Fignol\u00e9 pris au pi\u00e8ge<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Daniel Fignol\u00e9 qui prit le pouvoir le samedi 25 mai 1957 fut un ancien ministre du pr\u00e9sident Dumarsais Estim\u00e9. Un ancien professeur de math\u00e9matiques et un populiste qui pouvait sur un simple appel mobiliser des milliers de partisans qui pouvaient \u00e9craser tout sur leur passage d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab\u00a0rouleau compresseur\u00a0\u00bb qui leur a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9, devint pr\u00e9sident. Son ambition politique d\u00e9mesur\u00e9e lui avait emp\u00each\u00e9 de comprendre que l&rsquo;arm\u00e9e, en lui remettant le pouvoir \u00e0 titre de pr\u00e9sident provisoire, lui avait tendu un pi\u00e8ge. Pendant son court passage au palais, et se sentant en s\u00e9curit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 son ascendance sur les masses populaires qu&rsquo;il avait utiliser comme arme de chantage, il commen\u00e7a par prendre des mesures qui rendaient l&rsquo;arm\u00e9e et les deux autres candidats (Duvalier et D\u00e9joie) nerveux. Par exemple, il reporta les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles initialement pr\u00e9vues pour le 16 juin, essaya, par des man\u0153uvres, d&rsquo;obtenir un mandat complet de six ans sans \u00e9lections, ordonna \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e de se d\u00e9faire des officiers d&rsquo;ob\u00e9dience d\u00e9jo\u00efstes per\u00e7us comme des opposants \u00e0 son ascension \u00e0 la pr\u00e9sidence, et r\u00e9clama des commissions pour ses partisans civils.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 14 juin 1957, alors que ses partisans dormaient, l&rsquo;arm\u00e9e, ne parvenant pas \u00e0 faire de Fignol\u00e9 un guignol, frappa. Les troupes du g\u00e9n\u00e9ral K\u00e9breau qui avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident, le lendemain de son investiture, envahiss\u00e8rent le palais, forc\u00e8rent le pr\u00e9sident provisoire \u00e0 signer une lettre de d\u00e9mission. Il fut expuls\u00e9. Le lendemain le g\u00e9n\u00e9ral K\u00e9breau annon\u00e7a au peuple que le gouvernement de Fignol\u00e9 faisait d\u00e9sormais partie de l&rsquo;histoire et qu&rsquo;un cinqui\u00e8me gouvernement depuis le d\u00e9part de Magloire prit le pouvoir. Il s&rsquo;agissait alors d&rsquo;une junte militaire de trois hommes, dirig\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral K\u00e9breau lui-m\u00eame, charg\u00e9e de gouverner jusqu&rsquo;\u00e0 la tenue d'\u00a0\u00bb\u00e9lections justes et libres\u00a0\u00bb. Une tentative de r\u00e9volte des partisans du pr\u00e9sident d\u00e9chu, deux jours apr\u00e8s son renvoi, fut \u00e9touff\u00e9e f\u00e9rocement par l&rsquo;arm\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Le Conseil Militaire du Gouvernement de K\u00e9breau<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral de brigade Antonio K\u00e9breau se retrouva \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une junte militaire d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Conseil Militaire du Gouvernement\u00a0\u00bb compos\u00e9 de trois membres. Les deux autres ayant \u00e9t\u00e9 les colonels Emile Zamor et Adrien Valville, avec un cabinet de sept ministres, tous des militaires.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer le gouvernement\u00a0 du g\u00e9n\u00e9ral de brigade Antonio K\u00e9breau, on peut simplement parler de poigne de fer. Celui-ci apporta au pays un calme temporaire, apr\u00e8s des mois de gr\u00e8ves, d&rsquo;incendies criminels et de terreur, mais les prisons se remplirent de partisans du pr\u00e9sident provisoire d\u00e9sormais exil\u00e9, devenus prisonniers politiques. De plus, K\u00e9breau fut responsable du massacre de milliers de partisans du pr\u00e9sident d\u00e9chu r\u00e9sidants des quartiers populaires comme La Saline et B\u00e9lair, dans la nuit du 15 au 16 juin.<\/p>\n<p>A ce stade, Ha\u00efti qui pouvait se vanter d&rsquo;une \u00e9conomie d\u00e9scente se retrouva presqu&rsquo;en ruine, et ce, pour plusieurs raisons:<\/p>\n<ul>\n<li>De mauvaises r\u00e9coltes de caf\u00e9.<\/li>\n<li>Une dette publique de plus en plus pesante.<\/li>\n<li>Le tourisme en chute libre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Avec une loi martiale et un \u00e9tat de si\u00e8ge en place, K\u00e9breau, qui ne cachait pas sa sympathie pour le Dr Fran\u00e7ois Duvalier, organisa les \u00e9lections du 22 septembre 1957 qui fit du m\u00e9decin le pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti. le g\u00e9n\u00e9ral qui avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 chef d&rsquo;\u00c9tat-major pour une p\u00e9riode de six ans fut renvoy\u00e9 sans m\u00e9nagement quand\u00a0 il commen\u00e7a \u00e0 se comporter en c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 politique par des tourn\u00e9es spectaculaires \u00e0 travers le pays, une visite au pr\u00e9sident dominicain, le g\u00e9n\u00e9ral Trujillo, qui le re\u00e7ut avec les honneurs dus \u00e0 un chef d&rsquo;\u00c9tat et le d\u00e9cora m\u00eame.<\/p>\n<\/div>\n<p id=\"Note\" class=\"recommended\">\u270d\u00a0Note:<\/p>\n<ol>\n<li>Le MOP fut en 1946 une nouvelle coalition politique dirig\u00e9e par Daniel Fignol\u00e9. Ce dernier avait choisi de soutenir Calixte, au lieu d&rsquo;un candidat issu de son parti; il avait alors vingt-six ans et \u00e9tait trop jeune pour se devenir pr\u00e9sident (La <i><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1935-text\/\">Constitution de 1935<\/a><\/i>, encore en vigueur, dans son article 32, \u00a73 fixait l&rsquo;\u00e2ge minimum d&rsquo;un candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence \u00e0 40 ans).<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Conf\u00e9rence de la presse de la Junte\u00a0\u00bb <em>Le Nouvelliste<\/em> (Port au Prince, Haiti). No. 22487; 55\u00e8 Ann\u00e9e. Mercredi 10 mai et jeudi 11 mai; p. 1.<\/li>\n<li>L&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu avait apport\u00e9 \u00e0 la casse de l&rsquo;\u00c9tat 13 million de dollars pour le seul mois d&rsquo;Octobre 1949.<br \/>\n<em>\u2022\u00a0Source: <\/em>Heinl, Robert Debs, et al.<em> Written in Blood: The Story of the Haitian People<\/em>, 1492-1995. Univ. Press of America, 2005; p. 502.<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0Lettre de d\u00e9mission des ministres Marcel Vaval et Paul Cassagnol\u00a0\u00bb <em>Le Nouvelliste<\/em> (Port-au-Prince, Haiti), Jeudi 7 f\u00e9vrier 1957; p. 4.<\/li>\n<li>Trois noms furent propos\u00e9 au parlement pour la pr\u00e9sidence provisoire. Il s&rsquo;agissait de Maitre Franck Sylvain, d&rsquo;Edouard P\u00e9trus et de Colbert Bonhomme. (\u00ab\u00a0Les noms propos\u00e9 pour la pr\u00e9sidence provisoire\u00a0\u00bb <em>Le Nouvelliste<\/em> (Port-au-Prince, Haiti), Jeudi 7 f\u00e9vrier 1957; p. 1.<\/li>\n<li><strong>Voir:<\/strong> <a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/#junte06051957\"><em>2190.- Juntes et Conseils Ex\u00e9cutifs<\/em><\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<p><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1934-1986\/2\/\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px; vertical-align: baseline;\"><\/i> <strong>Section II:<\/strong> <span style=\"color: #ff0000;\">D&rsquo;Elie Lescot \u00e0 la tumultueuse ann\u00e9e de 1957<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section III<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\" \/><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">F\u00e9roce dictature<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/line-bar\/african_hr.gif\" width=\"465\" height=\"23\" \/><\/h2>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Apr\u00e8s plus de dix mois de tensions politiques durant lesquelles Ha\u00efti connu cinq gouvernements \u00e9ph\u00e9m\u00e8res dirig\u00e9s tant\u00f4t par des militaires, tant\u00f4t par des civils choisis par des militaires, des \u00e9lections eurent lieu le 22 septembre 1957 sous l\u2019\u00e9gide de la <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1950-text\/\">Constitution de 1950<\/a>. Trois candidats furent en lice, Cl\u00e9ment Jumelle (qui avait d\u00e9sist\u00e9 au dernier moment mais dont le nom paru sur les urnes), Louis D\u00e9joie et Fran\u00e7ois Duvalier, un m\u00e9decin de campagne. Ce dernier, avec la b\u00e9n\u00e9diction des militaires remporta la victoire et fut asserment\u00e9 le 22 octobre.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Fran\u00e7ois Duvalier (1957-1971)<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Peu de temps apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement, le m\u00e9decin de campagne devenu pr\u00e9sident enleva son masque, une d\u00e9ception pour bien de concitoyens et surtout pour les militaires qui pensaient qu\u2019ils pouvaient facilement faire de lui une marionnette. Il faut dire qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement pr\u00e9cipita ce virement. Le 29 juillet 1958, moins d\u2019un an apr\u00e8s son investiture, 3 officiers en exil, le capitaine Alix Pasquet, les lieutenants Philippe Dominique et Henri Perpignan arriv\u00e8rent \u00e0 prendre les Casernes Dessalines aid\u00e9s de mercenaires am\u00e9ricains. Croyant que le groupe \u00e9tait form\u00e9 des centaines de militaires bien arm\u00e9s et bien entra\u00een\u00e9s, Duvalier se pr\u00e9parait \u00e0 partir quand lui parvint la nouvelle qu\u2019ils \u00e9taient moins d\u2019une douzaine. L\u2019assaut fut donn\u00e9 par des militaires et des volontaires recrut\u00e9s par <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?personID=I72&amp;tree=Politique\">Cl\u00e9ment Barbot<\/a> et les envahisseurs furent ma\u00eetris\u00e9s.<\/p>\n<p>Duvalier s\u2019endurcit alors.<\/p>\n<p>Autoritaire, il commen\u00e7a par affaiblir les institutions fortes du pays comme l\u2019arm\u00e9e, l\u2019\u00c9glise et le parlement. Devant la premi\u00e8re, il campa les volontaires de la s\u00e9curit\u00e9 nationale connus plus tard sous le nom de \u201ctontons macoutes\u201d. Cette milice tout \u00e0 sa d\u00e9votion infiltr\u00e8rent tous les groupes de la soci\u00e9t\u00e9. Pour assujettir l\u2019\u00c9glise catholique, il la d\u00e9capita, dans un premier temps. Et, ensuite il proc\u00e9da \u00e0 la revitalisation des croyances populaires que le clerg\u00e9 de cette institution critiquait et d\u00e9nigrait depuis la signature du Concordat en 1860, ce qui d\u2019ailleurs avait conduit \u00e0 une pers\u00e9cution syst\u00e9matique en 1942, sous le gouvernement d&rsquo;\u00c9lie Lescot. Quant au Parlement, il fut simplement r\u00e9duit \u00e0 une chambre, celle des d\u00e9put\u00e9s qui devraient, pour \u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9s, prouver leur all\u00e9geance au\u00a0 pr\u00e9sident. Se faisant, il consolida son propre pouvoir jusqu\u2019\u00e0 \u00e9tablir dans le pays une dictature.<\/p>\n<p>Impatient et ne pouvant attendre l&rsquo;expiration de son mandat qui aurait d\u00fb arriver \u00e0 terme en 1963, il se fit r\u00e9\u00e9lire le 30 avril 1961 \u00e0 la faveur d\u2019\u00e9lections l\u00e9gislatives. Son nom apparut sur les bulletins de vote sans qu&rsquo;on e\u00fbt pr\u00e9vu d&rsquo;\u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Trois ans plus tard, il changea \u00e0 nouveau les donnes pr\u00e9sidentielles en se proclamant pr\u00e9sident \u00e0 vie avec le droit de nommer son successeur. Une constitution, celle de 1964, fut publi\u00e9e pour donner un semblant de l\u00e9gitimit\u00e9 au r\u00e9gime qu\u2019il allait instaurer.<\/p>\n<p>M\u00e9galomane, il a voulu laisser sa marque partout et canaliser m\u00eame les id\u00e9es. Il commen\u00e7a par changer les couleurs du drapeau national et la disposition des deux bandes. Apr\u00e8s avoir d\u00e9capit\u00e9 l\u2019\u00c9glise catholique, il cr\u00e9a sa propre hi\u00e9rarchie compos\u00e9e en grande partie de clercs indig\u00e8nes acquis ou effray\u00e9s. Il renfor\u00e7a les pouvoirs des tontons macoutes dont la pr\u00e9sence dans les coins les plus recul\u00e9s du pays faisait d\u2019eux un r\u00e9seau d\u2019agents de s\u00e9curit\u00e9 et d\u2019intelligence. C\u2019est donc gr\u00e2ce \u00e0 eux qu\u2019il a pu venir \u00e0 bout de nombreuses invasions d\u2019opposants accompagn\u00e9s souvent par des mercenaires \u00e9trangers.<\/p>\n<p>On se demande parfois comment un Duvalier qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 populaire avant les \u00e9lections de 1957 ait pu arriver \u00e0 terroriser tout un pays. On a mentionn\u00e9 l\u2019apport des tontons macoutes, mais \u00e0 eux seuls, le pr\u00e9sident dictateur n\u2019aurait jamais pu arriver \u00e0 garantir la survie du r\u00e9gime. En fait, Fran\u00e7ois Duvalier pouvait \u00e9galement compter sur les grandes puissances, particuli\u00e8rement les \u00c9tats-Unis dont les diff\u00e9rents gouvernements voyaient en lui un rempart contre le communisme install\u00e9 \u00e0 Cuba, leur arri\u00e8re-cour. Ils fermaient les yeux sur les abus, les exactions du r\u00e9gime ha\u00eftien. Pour se faire entendre d\u2019eux, Duvalier utilisait, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9changes diplomatiques de haut niveau, des manifestations de masse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays et des marchandages dans les tribunes des organisations internationales ou lors des votes cruciaux comme celui qui aura vu l&rsquo;expulsion de Cuba de l\u2019OEA en janvier 1962.<\/p>\n<p>Au cours des ann\u00e9es 1970, Duvalier \u00e9tait devenu inamovible \u00e0 tel point que la propagande gouvernementale disait que \u201cDuvalier appartient \u00e0 Ha\u00efti, et Haiti \u00e0 Duvalier\u201d. Malade, il d\u00e9cida, \u00e0 quelques mois de sa mort, de se rendre pr\u00e9sent sans une pr\u00e9sence en nommant son fils Jean-Claude Duvalier, son successeur.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"companyname\" style=\"text-align: center;\">Jean-Claude Duvalier (1971-1986)<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium\" src=\"\/images\/lignenation.gif\" width=\"457\" height=\"24\" \/><\/p>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>La pr\u00e9sidence de Jean-Claude Duvalier d\u00e9buta quelques heures apr\u00e8s l\u2019annonce de la mort de son p\u00e8re, dans la nuit du 21 au 22 avril 1971. \u00c2g\u00e9 de seulement 19 ans, et sans aucun titre universitaire, sans exp\u00e9rience politique, il devint l\u2019h\u00e9ritier d\u2019un r\u00e9gime redoutable qui ma\u00eetrisait par les moyens forts ses opposants et effrayait les non-sympathisants. La <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1964-text\/\">Constitution de 1964<\/a> a \u00e9t\u00e9 amend\u00e9e pour favoriser la succession, et ainsi accommoder les derni\u00e8res volont\u00e9s de Fran\u00e7ois Duvalier qui avait charg\u00e9 des inconditionnels du r\u00e9gime de veiller sur lui et de le guider.<\/p>\n<p>A l&rsquo;av\u00e8nement du fiston, on esp\u00e9rait bien que son gouvernement serait moins brutal, mais les abus et les violations des droits humains continuaient. Comme son p\u00e8re, le jeune pr\u00e9sident s\u2019appuyait sur la milice devenue une force de s\u00e9curit\u00e9 incontournable. Il pouvait \u00e9galement compter sur certains militaires acquis ou sympathisants. Ainsi, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa pr\u00e9sidence, les d\u00e9tentions prolong\u00e9es, les disparitions et les ex\u00e9cutions extrajudiciaires continuaient comme avant.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;av\u00e8nement du pr\u00e9sident Jimmy Carter aux \u00c9tats-Unis en 1976, Jean-Claude Duvalier et ses acolytes se virent donc oblig\u00e9s de r\u00e9viser leur approche pour pouvoir continuer \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019aide am\u00e9ricaine. Quelques centaines de prisonniers politiques furent lib\u00e9r\u00e9s en septembre 1977. A un moment, ils voulaient faire croire que Fort-Dimanche \u00e9tait ferm\u00e9. Mais l&rsquo;inf\u00e2me prison, \u00e9tait bien pr\u00e9sent, redout\u00e9 aussi bien par les proches du r\u00e9gimes qui devaient se montrer \u00e0 tout instant prudent et ne pas s\u2019\u00e9loigner de la ligne de conduite qu&rsquo;on esp\u00e9rait d&rsquo;eux. \u00c0 la mi-1979, des critiques du r\u00e9gime cr\u00e9\u00e8rent ill\u00e9galement trois partis d&rsquo;opposition se r\u00e9clamant de la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne. Cependant, une fois expos\u00e9e la faiblesse de Carter et sa mince chance d&rsquo;\u00eatre r\u00e9\u00e9lu, la r\u00e9pression recommen\u00e7a. Les premiers cibles furent la presse qui pensait jouir d\u2019une certaine libert\u00e9 pendant les ann\u00e9es Carter. Apr\u00e8s la publication en octobre 1979 d\u2019une nouvelle loi sur la presse interdisant toute critique du pr\u00e9sident, du gouvernement, les tactiques d\u2019avant \u00e9taient reprises: arrestations, torture, expulsion.<\/p>\n<p>L\u2019arrestation en 1980 du pasteur Sylvio Claude, le leader du Parti D\u00e9mocratique Chr\u00e9tien d&rsquo;Ha\u00efti (PDCH) pour, selon le gouvernement, subversion fut suivie en novembre et d\u00e9cembre 1981 par plus de 400 arrestations de politiciens de l&rsquo;opposition, de journalistes et de directeurs de radiodiffusion. Les principaux opposants au r\u00e9gime ont \u00e9t\u00e9 alors d\u00e9port\u00e9s. Claude lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 15 ans de travaux forc\u00e9s en ao\u00fbt 1981. Les critiques venant de l\u2019\u00e9tranger forc\u00e8rent le gouvernement \u00e0 entamer un nouveau proc\u00e8s au cours duquel la peine initiale fut r\u00e9duite \u00e0 6 ans. Claude a \u00e9t\u00e9 finalement plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e et il s&rsquo;est par la suite enfui \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>le 27 ao\u00fbt 1983, une nouvelle constitution fut publi\u00e9e. Elle fit de la pr\u00e9sidence \u00e0 vie un sujet non-n\u00e9gociable\u00a0 et du cr\u00e9ole, une langue nationale. Entretemps, le pape Jean-Paul II visita Ha\u00efti en mars de la m\u00eame ann\u00e9e et revigora par son encouragement les Ha\u00eftiens. \u201cIl faut que quelque chose change ici\u201d disait-il dans son <strong><a href=\"\/pages\/plan\/religions\/eglise-catholique\/autres-documents\/jean-paul-ii-en-haiti-homelie\/\">hom\u00e9lie<\/a><\/strong>. D\u00e8s l\u2019automne 1985, le pays se fermenta. Des manifestations antigouvernementales sans pr\u00e9c\u00e9dent eurent lieu occasionnant parfois la mort d&rsquo;innocents dont des \u00e9coliers. Les pressions sur le gouvernement s\u2019intensifia d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1986. Jean-Claude Duvalier, perdant la confiance et le soutien de ses amis du Nord de l\u2019Am\u00e9rique abandonna le pouvoir dans la nuit du 6 au 7 f\u00e9vrier 1986, non sans avoir mis sur pied un Conseil de gouvernement. Ce fut donc la fin du r\u00e8gne des Duvalier, mais non du duvali\u00e9risme qui persista bien au-del\u00e0 avec de nouveaux atours.<\/p>\n<p>En termes de grandes r\u00e9alisations, Les Duvalier n\u2019ont laiss\u00e9 que des \u0153uvres \u00e9parses sans grande signification historique tout en d\u00e9truisant celles de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Les deux seules \u0153uvres qui ont une signification en termes d\u2019entit\u00e9s publiques furent l\u2019a\u00e9roport de Port-au-Prince inaugur\u00e9 en 1965 et qui porte le nom du p\u00e8re jusqu\u2019en 1986 et le barrage de P\u00e9ligre commenc\u00e9 sous la pr\u00e9sidence de Paul Magloire et mis en marche sous Fran\u00e7ois Duvalier. Jean-Claude Duvalier quant \u00e0 lui, n\u2019a laiss\u00e9 qu\u2019une \u0153uvre qui vaille, la Radio et T\u00e9l\u00e9vision Nationale. Cependant, ils initi\u00e8rent certaines r\u00e9formes budg\u00e9taires qui n\u2019ont pas eu de suite apr\u00e8s son mariage avec Mich\u00e8le Bennett, une fille cupide de la haute bourgeoisie. Elle arriva m\u00eame \u00e0 \u00e9vincer la vieille garde, et m\u00eame Simone Duvalier, l\u2019\u00e9pouse de Fran\u00e7ois et la m\u00e8re de Jean-Claude qui, pendant un temps apr\u00e8s le mariage gardai son titre de premi\u00e8re dame.<\/p>\n<p>On peut toutefois mettre \u00e0 l\u2019actif des Duvalier l\u2019\u00e9mergence d\u2019une classe moyenne compos\u00e9e en grande majorit\u00e9 de noirs apr\u00e8s les ann\u00e9es de condescendance des gouvernements de\u00a0 St\u00e9nio Vincent et d&rsquo;\u00c9lie Lescot.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Conclusion<\/h4>\n<hr \/>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Du d\u00e9part des soldats am\u00e9ricains en 1934, mettant virtuellement fin \u00e0 une occupation qui dura 19 ans, au d\u00e9part de Jean-Claude Duvalier dans la nuit du 7 f\u00e9vrier 1986, mettant virtuellement fin \u00e0 une dictature f\u00e9roce, Haiti a connu 3 pr\u00e9sidents \u00e9lus par le Parlement (St\u00e9nio Vincent, Elie Lescot et Dumarsais Estim\u00e9), 2 pr\u00e9sidents \u00e9lus au suffrage universel (Paul Eug\u00e8ne Magloire et Fran\u00e7ois Duvalier), 3 juntes militaires (janvier 1946, mai 1950 et juin 1957), un conseil ex\u00e9cutif form\u00e9 de secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat, 3 pr\u00e9sidents provisoires dont deux choisis en dehors des normes constitutionnelles en vigueur. Mais tous ont voulu rester au pouvoir au-del\u00e0 de leur mandat. Fran\u00e7ois Duvalier fut le seul \u00e0 gagner le pari en se faisant proclamer pr\u00e9sident \u00e0 vie, avec le droit de nommer son successeur.<\/p>\n<p>Le pouvoir politique fut tenu tant\u00f4t par les mul\u00e2tres qui ne cachaient pas leur politique raciste derri\u00e8re un certain\u00a0paternalisme envers la majorit\u00e9 noire, tant\u00f4t par les noirs avec la pr\u00e9sence, dans les deux cas, de l&rsquo;arm\u00e9e jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 Fran\u00e7ois Duvalier diminua son autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Le pays aura connu des moment de calme et de stabilit\u00e9 et m\u00eame bri\u00e8vement de prosp\u00e9rit\u00e9. Sous le gouvernement du pr\u00e9sident Vincent, par exemple, le calme et la stabilit\u00e9 furent attribu\u00e9e par les amis du pr\u00e9sident \u00e0 son habilet\u00e9 et \u00e0 sa gouvernance alors que ses ennemis parl\u00e8rent de despotisme par le b\u00e2illonnement. Sous Magloire, qui h\u00e9rita de la prosp\u00e9rit\u00e9 germinative du gouvernement de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Dumarsais Estim\u00e9, le pays connut une \u00e9conomie envieuse, et devint une attraction touristique.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 1957, avec des crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition aura vu la r\u00e9surgence d&rsquo;un type de politiciens qu&rsquo;on avait pas vu depuis les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;occupation am\u00e9ricaine; des politiciens capables de d\u00e9stabiliser le pays pour parvenir \u00e0 leur fin. Leurs noms, Fran\u00e7ois Duvalier, Louis D\u00e9joie, Daniel Fignol\u00e9 et Antonio Thrasybule K\u00e9breau. Leur cupidit\u00e9 plongea le pays dans l&rsquo;enfer, de cet enfer d&rsquo;o\u00f9 surgit une figure diabolique, Fran\u00e7ois Duvalier. Celui-ci arriva \u00e0 s&rsquo;imposer par la gr\u00e2ce du g\u00e9n\u00e9ral K\u00e9breau qui pensait en faire une marionnette, mais d\u00e9couvrit que ses calculs \u00e9taient fait sur une m\u00e9connaissance de la personne \u00e0 qui il offrit la pr\u00e9sidence. Trente ans plus tard, le g\u00e9n\u00e9ral Henri Namphy aura fait la m\u00eame erreur face \u00e0 Leslie Manigat \u00e0 qui il avait remis le pouvoir apr\u00e8s des \u00e9lections-bidons, et aurait essuy\u00e9 la m\u00eame d\u00e9ception n&rsquo;\u00e9tait-ce l&rsquo;intervention rapide de ses fr\u00e8res d&rsquo;armes.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Duvalier arriva non seulement \u00e0 s&rsquo;imposer, mais \u00e0 se d\u00e9faire de ses ennemis r\u00e9els et imaginaires, \u00e0 mettre toutes les institutions du pays \u00e0 son service, et m\u00eame \u00e0 imposer son fils qui venait \u00e0 peine de sortir de l&rsquo;adolescence, comme son successeur. Il avait donc r\u00e9ussi \u00e0 accomplir un exploit recherch\u00e9 par ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs dont St\u00e9nio Vincent qui avait \u00e9chou\u00e9 dans cette d\u00e9marche en essayant de b\u00e2illonner la presse, en cr\u00e9ant une sorte de police secr\u00e8te et en r\u00e9duisant le Parlement au simple r\u00f4le de valet.<\/p>\n<p>Haiti qui se trouvait sous la bonne voie en terme de modernisation sous le gouvernement du pr\u00e9sident Dumarsais Estim\u00e9 r\u00e9gressa deux d\u00e9cades apr\u00e8s, \u00e0 un point tel qu&rsquo;il devint la ris\u00e9e du monde et le mod\u00e8le \u00e0 \u00e9viter \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>Les am\u00e9ricains, \u00e0 leur d\u00e9part en 1934 pos\u00e8rent un d\u00e9fi au pays, \u00e0 ses institutions et \u00e0 ses leaders: ne pas r\u00e9p\u00e9ter les absurdit\u00e9s politiques de la p\u00e9riode allant de 1843 \u00e0 1915. Un d\u00e9fi qu&rsquo;on n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 relev\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">Indices bibliographiques<\/p>\n<ul class=\"indent-bullet\">\n<li><em>Le bilan du premier mandat du Pre\u0301sident Stenio Vincent, 1930-1936<\/em>. Port-au-Prince, 1936.<\/li>\n<li>Calixte, De\u0301mosthe\u0300nes Pe\u0301trus. <em>Haiti : le calvaire d&rsquo;un soldat<\/em> (M\u00e9moire). New York, N.Y. : Theo. Gaus&rsquo; Sons, 1939.<\/li>\n<li>Dupuy, Charles. \u00ab\u00a0L&rsquo;Affaire Calixte\u00a0\u00bb Ha\u00efti-Observateur ( New York) Vol. LI, No. 42, \u00e9dition du 3 novembre 2021, p. 3.<\/li>\n<li>Marxsen, Patti M. \u201cDictatorship and Dissent: Jacques Roumain\u2019s \u2018La Trag\u00e9die Ha\u00eftienne,\u2019 1937.\u201d Journal of Haitian Studies, vol. 23, no. 2, 2017, pp. 108\u2013118.<\/li>\n<li>Nicholls, David. \u201cHaiti: The Rise and Fall of Duvalierism.\u201d\u00a0<i>Third World Quarterly<\/i>, vol. 8, no. 4, 1986, pp. 1239\u201352.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette page de Haiti-R\u00e9f\u00e9rence, repartie sur 3 sections, pr\u00e9sente une histoire succincte du pays, de la pr\u00e9sidence de St\u00e9nio Vincent (1934) \u00e0 la chute de Jean-Claude Duvalier (1986).  <br \/>Une p\u00e9riode marqu\u00e9e \u00e9galement par l&rsquo;ascension des mul\u00e2tres, par des tensions sociales et politiques, des coups d&rsquo;\u00e9tat, par la r\u00e9pression des macoutes. 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