{"id":18340,"date":"2017-07-17T20:28:38","date_gmt":"2017-07-18T00:28:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.haiti-reference.com\/pages\/?page_id=18340"},"modified":"2024-10-16T12:47:51","modified_gmt":"2024-10-16T16:47:51","slug":"1843-1915","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.haiti-reference.info\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1843-1915\/","title":{"rendered":"6250.- Histoire d&rsquo;Haiti: 1843-1915"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Section I<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\"><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">De Rivi\u00e8re H\u00e9rard \u00e0 Boisrond Canal<\/h2>\n<h4 class=\"title_paragraf\">La d\u00e9ception de l&rsquo;apr\u00e8s-Praslin<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9part pour l&rsquo;exil du pr\u00e9sident Jean-Pierre Boyer dont l&rsquo;administration d\u00e9tient \u00e0 ce jour le record de long\u00e9vit\u00e9 (1818-1843) jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de Faustin Soulouque, quatre gouvernements \u00e9ph\u00e9m\u00e8res se succ\u00e9d\u00e8rent sans arriver \u00e0 r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts de ses derni\u00e8res ann\u00e9es au pouvoir:<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">I. <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=233\">Charles Rivi\u00e8re H\u00e9rard<\/a>:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=86\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/riviere_herard.jpg\" width=\"200\"><\/a>D&rsquo;abord chef du gouvernement provisoire form\u00e9 de leaders du mouvement de Praslin assist\u00e9s alors d&rsquo;un Conseil d&rsquo;\u00c9tat de neuf membres, Charles Rivi\u00e8re H\u00e9rard fut d\u00e9sign\u00e9 pr\u00e9sident par les Constituants charg\u00e9 de la r\u00e9daction de la Constitution de 1843. Cette nouvelle Charte, la deuxi\u00e8me et la derni\u00e8re en vigueur sur toute l\u2019\u00eele, r\u00e9duisit consid\u00e9rablement l&rsquo;autorit\u00e9 du pr\u00e9sident qui ne fut plus \u00e0 vie et dont le mandat devrait expirer chaque quatre ans. Certains des privil\u00e8ges que celui-ci d\u00e9tenait auparavant furent octroy\u00e9s au Parlement. Il pr\u00eata serment le 4 janvier 1844.<\/p>\n<p>Le porte-drapeau de l&rsquo;Insurrection de Praslin imm\u00e9diatement mit en veilleuse la constitution de 1843 la jugeant trop restrictive. Il abrogea le Code Rural de 1826 suite \u00e0 la publication de l&rsquo;Arr\u00eat\u00e9 du du 22 mai 1843, sur la r\u00e9forme du droit civil et criminel; et voulut forcer les Dominicains, qui avaient d\u00e9clar\u00e9 leur ind\u00e9pendance en f\u00e9vrier 1844, \u00e0 se soumettre \u00e0 nouveau au gouvernement de Port-au-Prince manu militari. Il fut renvers\u00e9 par sa garde nationale pendant une campagne contre l&rsquo;Est. Rappelons que son cousin H\u00e9rard Dumesle, ministre de la Guerre et pr\u00e9sident du Conseil des ministres, l&rsquo;avait r\u00e9duit au niveau d&rsquo;un pr\u00e9sident-marionnette, et se comportait en despote.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son d\u00e9part, Rivi\u00e8re H\u00e9rard fit trois tentatives de reconqu\u00eate du pouvoir (deux sur la pr\u00e9sidence de Guerrier et une sur celle de Pierrot).<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">II. Philippe Guerrier<\/a>:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=86\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/philippe_guerrier.jpg\" width=\"200\"><\/a>La campagne de l&rsquo;Est et le m\u00e9contentement qu&rsquo;il engendra parmi les soldats ne fut pas seulement l&rsquo;unique cause du renvoi de Rivi\u00e8re H\u00e9rard. Le soul\u00e8vement des cultivateurs du Sud qui r\u00e9clamaient des terres et qui avaient fait de Jean-Jacques Acaau leur chef, avait \u00e9galement pr\u00e9cipit\u00e9 cette chute. Les partisans de l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Jean-Pierre Boyer, dont <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=5\">C\u00e9ligny<\/a> et <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=3\">Beaubrun Ardouin<\/a>, \u00e9cart\u00e9s au d\u00e9part de ce dernier du pouvoir revinrent sur la pointe des pieds mais sans se d\u00e9faire de leur attitude politiquement caustique. Ils furent de ceux qui, s&rsquo;alliant \u00e0 Acaau, firent de <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=86\">Philippe Guerrier<\/a> le successeur de Rivi\u00e8re H\u00e9rard et l&rsquo;aid\u00e8rent \u00e0 \u00e9tablir une dictature, donc sans le contr\u00f4le d&rsquo;un Parlement et surtout du S\u00e9nat tout-puissant. Un conseil d&rsquo;\u00c9tat de 21 membres l&rsquo;assistait. Ce conseil resta pourtant inactif pendant la pr\u00e9sidence de Guerrier qui prit fin \u00e0 sa mort, le 15 avril 1845.<\/p>\n<p>Guerrier avait toutefois r\u00e9ussi \u00e0 pacifier le pays en contraignant les hommes d&rsquo;Acaau \u00e0 abandonner leur lutte et en mettant fin \u00e0 la scission du Nord (la deuxi\u00e8me apr\u00e8s celle de 1807) . L&rsquo;\u00e9ducation retint \u00e9galement son attention. Deux lyc\u00e9es furent cr\u00e9\u00e9s, l&rsquo;un au Cap-Haitien et l&rsquo;autre aux Cayes. Plusieurs communes se dot\u00e8rent d&rsquo;une \u00e9cole primaire,<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">III. Jean-Louis Pierrot<\/a>:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=236\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/pierrot_jeanlouis.jpg\" width=\"200\"><\/a>Commandant militaire du d\u00e9partement du Nord sous le gouvernement de Rivi\u00e8re H\u00e9rard, il s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9volt\u00e9 contre ce dernier en proclamant la scission du Nord le 24 avril 1844.<\/p>\n<p>Il fut choisi \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par le Conseil d&rsquo;\u00c9tat, le lendemain de la mort de Guerrier. Vieillard au pass\u00e9 glorieux, mais illettr\u00e9 et de nature m\u00e9fiante, il pr\u00eata serment \u00e0 Saint Marc avant d&rsquo;entrer \u00e0 la capitale qui l&rsquo;acclama. Malheureusement, depuis l&rsquo;assassinat de l&rsquo;Empereur Dessalines, Pierrot affichait une suspicion m\u00eal\u00e9e de grand m\u00e9pris \u00e0 cette capitale, lieu d&rsquo;assassinat de Dessalines, son idole. Comme certains g\u00e9n\u00e9raux du Nord avant lui, il l&rsquo;avait surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0Port-aux-crimes\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;entoura d&rsquo;abord d&rsquo;officiers venant du Nord avant de transf\u00e9rer le si\u00e8ge du gouvernement au Cap-Ha\u00eftien (Voir: <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/ephemerides\/dates-11novembre\/#1\">1er novembre 1845<\/a>).<\/p>\n<p>Pierrot fit la m\u00eame erreur que son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Rivi\u00e8re H\u00e9rard, en voulant forcer les Dominicains \u00e0 revenir dans le giron d&rsquo;Haiti. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une campagne militaire ne plut nullement aux militaires qui se souvinrent de sa d\u00e9faite \u00e0 Santiago deux ans plus t\u00f4t. Se transformant en conjur\u00e9s, ces chefs d\u00e9cr\u00e9t\u00e8rent sa d\u00e9ch\u00e9ance et le remplac\u00e8rent par un autre vieillard, le g\u00e9n\u00e9ral Jean-Baptiste Rich\u00e9, le 1er mars 1846. Le choix fut confirm\u00e9 par le Conseil d&rsquo;\u00c9tat 11 jours plus tard.<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">IV. Jean-Baptiste Rich\u00e9:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=240\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/jb_riche.jpg\" width=\"200\"><\/a>Une fois confirm\u00e9 et devenu officiellement le pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti, sa premi\u00e8re d\u00e9marche fut de revenir \u00e0 la Constitution de 1816, avant la mise en projet d&rsquo;une nouvelle Charte. Une tache qui revint au Conseil d&rsquo;\u00c9tat transform\u00e9 par simple d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel en S\u00e9nat de la R\u00e9publique et dont le nombre fut port\u00e9 \u00e0 trente-six.<\/p>\n<p>La Constitution fut publi\u00e9e le 14 novembre 1846, mais auparavant, il avait r\u00e9tabli les conseils communaux, une innovation de la Constitution de 1843 ignor\u00e9e par les gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents. Cette constitution revint \u00e0 la notion de pr\u00e9sidence \u00e0 vie et r\u00e9tablit les privil\u00e8ges des pr\u00e9sidents. Ainsi Rich\u00e9 devint le 4\u00e8 pr\u00e9sident \u00e0 vie d&rsquo;Haiti, mais n&rsquo;eut pas le temps de gouverner sous son \u00e9gide puisque un peu plus trois mois plus tard apr\u00e8s sa publication, il expira.<\/p>\n<p>Pendant sa courte pr\u00e9sidence, il fit appel \u00e0 des hommes capables sans toutefois ignorer les inamovibles comme C\u00e9ligny Ardouin, v\u00e9ritable \u00e9minence grise pendant la d\u00e9cade pr\u00e9c\u00e9dente. Il dut affronter non seulement l&rsquo;opposition de l&rsquo;\u00e9lite politique form\u00e9e sous le gouvernement de Jean-Pierre Boyer qui pensait faire de lui une marionnette, mais aussi le mouvement insurrectionnel des piquets dans le Sud.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, Faustin Soulouque fut choisi pour devenir son successeur.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Faustin Soulouque: Celui qu&rsquo;on pensait bern\u00e9<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/notables\/chefs-detat\/faustin-soulouque\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"fade alignright\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/soulouque.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"369\"><\/a>Soulouque dont l&rsquo;\u00e9lection, en mars 1847, a \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9e par un petit groupe de politiciens au s\u00e9nat dont <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=3\">Beaubrun<\/a> et <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=5\">C\u00e9ligny Ardouin<\/a> qui voulaient d&rsquo;ailleurs en faire une marionnette s&rsquo;imposa bien vite. Ces derniers se rendirent compte de leur erreur quand le nouveau pr\u00e9sident commen\u00e7a \u00e0 se d\u00e9faire d&rsquo;abord des collaborateurs encombrants pour ensuite les \u00e9liminer physiquement quand ils se transform\u00e8rent en comploteurs. Pour mieux asseoir son pouvoir, il se fit proclamer empereur instaurant ainsi en Haiti un second empire.<\/p>\n<p>Ses actions comme pr\u00e9sident et comme empereur ont eu pour cons\u00e9quences:<\/p>\n<ul>\n<li>De d\u00e9truire l&rsquo;opposition qui mena\u00e7ait constamment son gouvernement;<\/li>\n<li>De pacifier le pays et de n\u00e9gocier sur un ton ferme avec les puissances \u00e9trang\u00e8res et le Saint-Si\u00e8ge;<\/li>\n<li>De cr\u00e9er une nouvelle \u00e9lite \u00e0 travers sa noblesse sans n\u00e9gliger sa base populaire;<\/li>\n<li>De d\u00e9fendre la nation contre les menaces venant de l&rsquo;int\u00e9rieur et de l&rsquo;ext\u00e9rieur quoique, avec le souci de r\u00e9unir l\u2019\u00eele, il se lan\u00e7a dans des campagnes militaires d\u00e9sastreuses.<\/li>\n<\/ul>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p>Apr\u00e8s plus de 12 ans au pouvoir, Soulouque faisant face \u00e0 un soul\u00e8vement par des m\u00e9contents qui prirent pr\u00e9texte de la faillite de ses exp\u00e9ditions contre l&rsquo;Est, dut prendre le chemin de l&rsquo;exil.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">De Geffrard \u00e0 Boisrond-Canal: Populisme et conflits id\u00e9ologiques<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Fabre Nicolas Geffrard, un g\u00e9n\u00e9ral qui a v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;ombre de l&#8217;empereur Faustin 1er, arriva au pouvoir le 15 janvier 1859 \u00e0 la suite de l&rsquo;insurrection initi\u00e9e aux Gonaives un mois plus t\u00f4t, et dont Soulouque n&rsquo;arriva pas \u00e0 ma\u00eetriser. Son premier soin fut de r\u00e9tablir la R\u00e9publique mais de conserver le principe de la pr\u00e9sidence \u00e0 vie. Par ce, il remit en vigueur la constitution de 1846.<\/p>\n<p>Geffrard reprit les n\u00e9gociations avec le Saint-Si\u00e8ge. Initi\u00e9es sous le gouvernement de Jean-Pierre Boyer et sabot\u00e9es sous Soulouque, elles eurent beaucoup plus de succ\u00e8s sous son gouvernement et aboutirent \u00e0 la signature du <a title=\"texte int\u00e9gral du Concordat\" href=\"\/pages\/plan\/religions\/eglise-catholique\/concordats\/concordat-de-1860\/\">Concordat<\/a> en mars 1860. Sous son gouvernement, des relations diplomatiques formelles furent \u00e9tablies entre Haiti et les Etats-Unis (1862).<a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=202\"><img decoding=\"async\" class=\"fade alignleft\" title=\"Voir son profil du r\u00e9pertoire des Notables Haitiens\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/geffrard.jpg\" alt=\"Photo du pr\u00e9sident Geffrard\" width=\"225\"><\/a><\/p>\n<p>Dans sa croisade pour un meilleur syst\u00e8me \u00e9ducatif, Geffrard s&rsquo;appuya sur le nouveau clerg\u00e9 et les religieux invit\u00e9s \u00e0 s&rsquo;\u00e9tablir en Haiti. Des \u00e9coles furent construites dont des \u00e9coles rurales. L&rsquo;\u00e9cole nationale de m\u00e9decine fond\u00e9e durant la pr\u00e9sidence de Boyer fut reconnue d&rsquo;utilit\u00e9 publique. Il fonda la premi\u00e8re \u00e9cole publique accueillant les jeunes.<\/p>\n<p>Geffrard se pencha \u00e9galement sur l&rsquo;organisation de la justice en essayant de combattre la corruption dans ce champ. Il publia en 1864 un code civil et un code rural qui restera en vigueur jusqu&rsquo;en mai 1962. A travers ce Code et une loi pr\u00e9c\u00e9demment vot\u00e9e le 10 octobre 1863, il cr\u00e9a une police de campagne qui devrait assurer la suret\u00e9 des paysans, la protection de leurs propri\u00e9t\u00e9s et champs, la surveillance des culture, le maintien de l&rsquo;ordre par la r\u00e9pression du vagabondage. Ce fut alors l&rsquo;origine des chefs de section qui seront, pr\u00e8s de 100 ans plus tard, macoutis\u00e9s par le gouvernement de Fran\u00e7ois Duvalier jusqu&rsquo;\u00e0 leur disparition du panorama politique apr\u00e8s le d\u00e9part de Jean-Claude Duvalier en 1986.<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e au c\u0153ur de toutes les d\u00e9cisions politiques depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance a \u00e9t\u00e9 r\u00e9organis\u00e9e. Le nombre de soldats fut r\u00e9duit et leur salaire augment\u00e9. A c\u00f4t\u00e9 de la cr\u00e9ation d&rsquo;une marine ha\u00eftienne form\u00e9e d&rsquo;\u00e9tudiants de la nouvelle Ecole navale de Port-au-Prince, la police de campagne devint un peu mieux structur\u00e9e. Jouissant d&rsquo;une popularit\u00e9 au d\u00e9but, il ne tarda pas \u00e0 se laissa prendre par les app\u00e2ts du pouvoir. Il commen\u00e7a par ignorer les conseils de ses ministres mieux \u00e9duqu\u00e9s et imbus des choses du gouvernement. Ensuite, ce fut le b\u00e2illonnement de la presse, puis le retour au militarisme tout en gaspillant les ressources du pays.<\/p>\n<p>Le m\u00e9contentement se manifesta \u00e0 nouveau(1) \u00e0 Saint Marc le 21 ao\u00fbt 1866, lors d&rsquo;une insurrection contre sa pr\u00e9sidence. Elle fut vite r\u00e9prim\u00e9e. D&rsquo;autres mouvements se succ\u00e9d\u00e8rent dont celui du 23 f\u00e9vrier 1867. Finalement, il fut destitu\u00e9 par un d\u00e9tachement de la garde pr\u00e9sidentielle qui se pronon\u00e7a alors en faveur de Sylvain Salnave qui, d\u00e9j\u00e0 en mai 1865, avait essay\u00e9 de renverser le gouvernement en \u00e9tablissant au Cap-Ha\u00eftien, un gouvernement insurrectionnel.<\/p>\n<p>\u00c0 la chute de Geffrard, trois <a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/#1867-03-13\">conseils ex\u00e9cutifs<\/a> furent cr\u00e9\u00e9s. Le dernier eut pour pr\u00e9sident le g\u00e9n\u00e9ral Nissage Saget. Mais le g\u00e9n\u00e9ral Sylvain Salnave r\u00e9clamait la pr\u00e9sidence. L&rsquo;assembl\u00e9e constituante cr\u00e9\u00e9e le 8 avril 1867, se pliant aux desiderata de ce dernier et craignant les d\u00e9rapages de la masses de qui il \u00e9tait l&rsquo;idole, fit de lui le successeur de Geffrard.<\/p>\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=77\"><img decoding=\"async\" class=\"fade alignright\" title=\"Photo de Sylvain Salnave\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/sylvain-salnave.jpg\" alt=\"Photo de Sylvain Salnave\" width=\"225\"><\/a>Sylvain Salnave devint donc le 11\u00e8me pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti le 14 juin 1867, suite \u00e0 un compromis. Quoique mul\u00e2tre, il n&rsquo;\u00e9tait pas bien vu par son clan \u00e0 cause de sa proximit\u00e9 avec les masses qui l&rsquo;adoraient et son populisme. Il eut donc \u00e0 affronter l&rsquo;opposition des siens, des cacos, des chefs militaires qui commen\u00e7aient la valse leur permettant de se propulser au-devant de la sc\u00e8ne et, ce jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;occupation am\u00e9ricaine, et de l&rsquo;\u00c9glise catholique(2). Avec le spectre d&rsquo;une nouvelle scission et l&rsquo;arrogance de ses partisans qui dispers\u00e8rent en son nom le parlement, les insurg\u00e9s devinrent de plus hardis et menac\u00e8rent la capitale. Incapable de se maintenir au pouvoir, Salnave s&rsquo;enfuit en se dirigeant vers la R\u00e9publique Dominicaine. Les insurg\u00e9s, qui le croyaient encore au palais, firent sauter l&rsquo;\u00e9difice (20 d\u00e9cembre 1969). Mais s&rsquo;\u00e9tant rendu compte de leur erreur, ils se mirent \u00e0 sa poursuite, le captur\u00e8rent et apr\u00e8s un proc\u00e8s sommaire le fusill\u00e8rent le 15 janvier 1870. Le peloton d&rsquo;ex\u00e9cution aura \u00e9t\u00e9 command\u00e9 par le futur pr\u00e9sident, Boisrond Canal, un cynique qui n&rsquo;avait jamais pardonn\u00e9 au pr\u00e9sident d\u00e9chu et qui allait \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9, d&rsquo;avoir trahi sa classe, celle des mul\u00e2tres et des poss\u00e9dants.<\/p>\n<p>Entre Salnave \u00e0 Louis F\u00e9licit\u00e9 Salomon, se succ\u00e9d\u00e8rent trois pr\u00e9sidents, tous des militaires choisis par le parlement parce que impliqu\u00e9s dans des actions subversives contre le gouvernement de leur pr\u00e9d\u00e9cesseurs:<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">I, Nissage Saget:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\" style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a title=\"Nissage Saget\" href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=237\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/nissage_saget.jpg\" alt=\"Nissage Saget\" width=\"200\"><\/a>Commandant de Saint Marc, Nissage Saget avait publi\u00e9, lors des tumultes qui eurent raison du gouvernement de Salnave, une proclamation contre le gouvernement et avait \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 par Salnave de profiter du brigandage des cacos. A la suite de la fuite de ce dernier, il devint le pr\u00e9sident du gouvernement provisoire form\u00e9 le 27 d\u00e9cembre 1869 et compos\u00e9 alors de cinq membres dont Michel Domingue comme vice-pr\u00e9sident. Les membres de ce gouvernement \u00e9taient assist\u00e9 d&rsquo;un Conseil d&rsquo;\u00c9tat jouissant de certaines attributions l\u00e9gislatives. La Constitution de 1867 fut alors restaur\u00e9e et des \u00e9lections l\u00e9gislatives s&rsquo;ensuivirent. La 13\u00e8 l\u00e9gislature \u00e9man\u00e9e de ces \u00e9lections fit de lui le 12\u00e8 chef d&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Haiti le 19 mars 1870.<\/p>\n<p>Militaire mod\u00e9r\u00e9, il essaya d&rsquo;\u00e9tablir un gouvernement respectueux de la s\u00e9paration des pouvoirs selon le v\u0153u de la Constitution restaur\u00e9e. Les parlementaires virent dans cette attitude un signe de faiblesse et essay\u00e8rent d&rsquo;en profiter en se montrant cruellement inflexibles, ce qui rendit souvent son gouvernement inop\u00e9rant et inefficace. Les emprunts \u00e0 des taux \u00e9lev\u00e9s, les troubles venant des puissances \u00e9trang\u00e8res comme l&rsquo;Allemagne, \u00e0 travers l&rsquo;affaires Batsch (<a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/ephemerides\/dates-06juin\/#11\">11 juin 1872<\/a>), les insurrections finirent par entacher sa pr\u00e9sidence. Mais au lieu de vouloir s&rsquo;accrocher au pouvoir comme certains de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, il d\u00e9cida de plier bagage en remettant, deux jours avant la fin de son mandat (13 mai 1874). Il prit toutefois le soin d&rsquo;assurer sa succession en nommant son ami Michel Domingue g\u00e9n\u00e9ral-en-chef de l&rsquo;arm\u00e9e, une position qui garantissait \u00e0 coup s\u00fbr \u00e0 ce dernier la pr\u00e9sidence.<\/p>\n<p>Saget parti, le Conseil des ministres qui comblait la vacance pr\u00e9sidentielle renvoya sans m\u00e9nagement le parlement intransigeant sous l\u2019\u0153il approbateur des commandants militaires des arrondissements et l&rsquo;appui du nouveau g\u00e9n\u00e9ral-en-chef, organisa les \u00e9lections parlementaires qui accoucha de la 14\u00e8 l\u00e9gislature. Celle-ci nomma Michel Domingue pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d&rsquo;Haiti le 11 juin 1874.<\/p>\n<p>Sous le gouvernement de Nissage Saget, le pays put, malgr\u00e9 les actions obstructionnistes du parlement, respirer un peu apr\u00e8s les affres des ann\u00e9es de Salnave. Au niveau international, il s&rsquo;impliqua dans&nbsp; le d\u00e9bat d&rsquo;annexion de la R\u00e9publique dominicaine par les \u00c9tats-Unis en appuyant les patriotes dominicains qui s\u2019opposaient \u00e0 cette d\u00e9marche(3).<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">II. Michel Domingue:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\" style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a title=\"Michel Domingue\" href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=208\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/michel_domingue.png\" alt=\"Michel Domingue\" width=\"200\"><\/a>Commandant de la ville des Cayes, Michel Domingue prit part \u00e0 l&rsquo;insurrection contre Salnave et supporta le pr\u00e9sident Nissage Saget qui lui paya sa loyaut\u00e9 en le nommant g\u00e9n\u00e9ral-en-chef de l&rsquo;arm\u00e9e, une position qui devrait lui assurer la pr\u00e9sidence. En fait, le 11 juin 1874, il fut \u00e9lu pr\u00e9sident par un parlement acquis \u00e0 sa cause. Ce dernier, transform\u00e9 en assembl\u00e9e constituante \u00e9labora une Constitution qui augmenta le mandat du pr\u00e9sident \u00e0 huit ans au lieu de quatre et donnait au pr\u00e9sident le droit de dissoudre le parlement. Ainsi, Domingue avait plus de pouvoirs que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs imm\u00e9diats. Toutefois, il laissa \u00e0 son neveu, Septimus Rameau, nomm\u00e9 alors Vice-pr\u00e9sident, la charge de gouverner, ce qui fit de lui une simple fantoche.<\/p>\n<p>Le Gouvernement Domingue\/Rameau signa avec la R\u00e9publique dominicaine un trait\u00e9 de paix mettant ainsi aux hostilit\u00e9s entre le deux pays, mais n&rsquo;arriva pas \u00e0 cr\u00e9er, un climat de paix dans le pays par l&rsquo;ali\u00e9nation de l&rsquo;\u00e9lite mul\u00e2tre et la r\u00e9volte de sa base scandalis\u00e9e par la corruption rampante de son administration. Le duo fut oblig\u00e9 d&rsquo;abandonner le pouvoir le 15 avril 1876, ayant \u00e9chou\u00e9 dans sa tentative de transf\u00e9rer le si\u00e8ge du gouvernement aux Cayes. Domingue put se r\u00e9fugier \u00e0 la l\u00e9gation fran\u00e7aise, mais son neveu Septimus Rameau fut tu\u00e9 par le peuple en furie.<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"padding-left: 30px; letter-spacing: 2px; text-indent: 15px;\">III. Pierre T. Boisrond Canal:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/images\/line-bar\/red_belt.gif\" alt=\"line horizontale\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\" style=\"padding-left: 60px;\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=235\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft fade\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/boisrond-canal.jpg\" alt=\"Boisrond Canal\" width=\"200\"><\/a>Un officier de l&rsquo;arm\u00e9e sous Geffrard, un s\u00e9nateur sous les gouvernements de Nissage Saget et de Michel Domingue, Boisrond-Canal afficha ouvertement son opposition au gouvernement de ce dernier, ce qui l&rsquo;obligea \u00e0 prendre le chemin de l&rsquo;exil. Membre du gouvernement provisoire \u00e0 la chute de son adversaire, il se fit \u00e9lire pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti le 17 juillet 1876.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, les deux tendances id\u00e9ologiques qui exist\u00e8rent depuis quelques d\u00e9cades prirent une forme institutionnelle avec la fondation des partis lib\u00e9ral et national. Le parti lib\u00e9ral n\u00e9 durant la pr\u00e9sidence de Geffrard et qui pr\u00e9conisait, \u00e0 travers son slogan le \u00ab\u00a0pouvoir aux plus capables\u00a0\u00bb affichait un certain \u00e9litiste dans la conduite des affaires de la R\u00e9publique tandis que le parti national, avec son slogan \u00ab\u00a0le pouvoir au plus nombreux\u00a0\u00bb, un certain populiste avec une pr\u00e9sidence ferme et un parlement sans cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Les id\u00e9ologues de ces partis se mesuraient dans l\u2019ar\u00e8ne du parlement alors que leurs partisans s&rsquo;affrontaient dans tous les autres champs de la vie, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre soudoyant les chefs militaires. Un exemple de cet affrontement qui laissait aucune place au compromis fut la rixe qui \u00e9clata au parlement le 30 juin 1879 accompagn\u00e9 de coups de feu. Cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencha une \u00e9meute \u00e0 Port-au-Prince et pr\u00e9cipita la d\u00e9mission de Boisrond Canal.<\/p>\n<p>Les puissances \u00e9trang\u00e8res d\u00e9tectant notre grande faiblesse dans cette volatilit\u00e9 politique en profit\u00e8rent pour se livrer \u00e0 des extorsions et des actes de harc\u00e8lement(4). Nous tombons victimes des usuriers internationaux avec des emprunts aux taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat exorbitant. Ce fut dans cette atmosph\u00e8re qu&rsquo;arriva au pouvoir Lysius F\u00e9licit\u00e9 Salomon.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">\u270d Notes:<\/p>\n<ol>\n<li>Geffrard dut faire face \u00e0 plusieurs complots, conspirations et insurrections arm\u00e9es durant sa pr\u00e9sidence et ce, d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e 1861. En 1863, des parlementaires s&rsquo;oppos\u00e8rent ouvertement \u00e0 la signature du Concordat. D&rsquo;autres se montr\u00e8rent offusqu\u00e9s \u00e0 la suite des rumeurs qui faisait croire que Geffrard se proposait de r\u00e9viser la loi qui accordait le droit de propri\u00e9t\u00e9 exclusivement aux Ha\u00eftiens. En mai 1865, Salnave \u00e9tablit un gouvernement insurrectionnel au Cap-Haiti.<\/li>\n<li>Les ennemis du pr\u00e9sident Salnave l&rsquo;accus\u00e8rent d&rsquo;\u00eatre un pratiquant du vodou sans toutefois en fournir les preuves. Ses relations avec l&rsquo;\u00e9glise catholique \u00e9taient plut\u00f4t tendues. La hi\u00e9rarchie de cette derni\u00e8re faisaient croire aux fid\u00e8les que son administration voulait r\u00e9installer les pr\u00eatres aux m\u0153urs douteuses \u00e9cart\u00e9s apr\u00e8s la signature du Concordat. Le 28 juin 1869, il prit un d\u00e9cret contre l&rsquo;Archev\u00eaque de Port-au-Prince, Mgr. Testard de Cosquer qui abandonna Haiti le 25 mai 1867.<\/li>\n<li>William Javier Nelson. <em>Almost a territory : America&rsquo;s attempt to annex the Dominican Republic.<\/em> Newark : University of Delaware Press, 1990.<\/li>\n<li>L\u00e9ger, Jacques Nicolas. Haiti: son histoire et ses d\u00e9tracteurs. New York ; Washington : The Neale Pub. Co., 1907; pp. 226-233.<\/li>\n<\/ol>\n<p class=\"recommended\">\ud83d\udcda R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques:<\/p>\n<ul class=\"indent-bullet\">\n<li>Adam, Andr\u00e9 George. <em>Une crise ha\u00eftienne 1867-1869 : Sylvain Salnave<\/em>. Port-au-Prince; Imprimerie Deschamps, 1983.<\/li>\n<li>Antoine, Max A. <em>Salomon Jeune : martyr volontaire de sa classe, ses ide\u0301es son action.<\/em> Port-au-Prince, Hai\u0308ti : H. Deschamps, 1968.<\/li>\n<li>Bernard, Dominique F.<em> Histoire des interpellations parlementaires depuis la constitution de 1867.<\/em> Port-au-Prince : Imprimerie Bernard, 1913-<\/li>\n<li>Bouzon, Justin. <em>Etudes historiques sur la pre\u0301sidence de Faustin Soulouque (1847-1849).<\/em> Port-au-Prince : Bibliothe\u0301que hai\u0308tienne ; Paris : Gustave Gue\u0301rin, 1894.<\/li>\n<li>Gaillard, Roger; Gaillard-Pourchet, Gusti-Klara. <em>Le cacoisme bourgeois contre Salnave, 1867-1870 inclus le r\u00e9cit comment\u00e9 de Ducis Viard \u00ab\u00a0La dernie\u0300re \u00e9tape.<\/em> Port-au-Prince: Fondation Roger Gaillard, [2003].<\/li>\n<li>Gaillard, Roger.<em> Une modernisation manque\u0301e (1880-1896).<\/em> Port-au-Prince, Hai\u0308ti : R. Gaillard, 1995, \u00a91984.<\/li>\n<li>Georges, Andr\u00e9. <em>Le Gouvernement de Sylvain Salnave au sein de la crise de 1867-1869 en Hai\u0308ti.<\/em> Th\u00e8se de sortie. Port-au-Prince : \u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure, [1961].<\/li>\n<li>MacLeaod, Murdo J. <em>The Soulouque regime in Haiti, 1847-1859 : a reevaluation.<\/em> Pittsburgh, Pa. : Center of Latin American Studies, University Center for International Studies, University of Pittsburgh, 1971.<\/li>\n<li>Manigat, Leslie F. <em>Un fait historique: l&rsquo;ave\u0300nement a\u0300 la pr\u00e9sidence d&rsquo;Hai\u0308ti du ge\u0301ne\u0301ral Salomon; essai d&rsquo;application d&rsquo;un point de th\u00e9orie d&rsquo;histoire.<\/em> Port-au-Prince, Imprimerie de l&rsquo;\u00c9tat, 1957.<\/li>\n<li>Michel, Antoine. <em>Av\u00e8nement du g\u00e9n\u00e9ral Fabre Nicolas Geffrard \u00e0 la pr\u00e9sidence d&rsquo;Haiti<\/em>. Port-au-Prince : Editions Fardin, 1981.<\/li>\n<\/ul>\n<p><!--nextpage--><br \/>\n<a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1843-1915\/1\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px;\"><\/i> <strong>Section I: <\/strong><span style=\"color: #ff0000;\">De Rivi\u00e8re H\u00e9rard \u00e0 Boisrond Canal<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section II<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\"><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">De Salomon \u00e0 Sam<\/h2>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Le gouvernement de Salomon<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=115\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Lysius Salomon: Fichier\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/salomon-marshall-100.jpg\" alt=\"Photo du pr\u00e9sident salomon\" width=\"200\"><\/a>Apr\u00e8s la d\u00e9mission de Boisrond Canal, Lysius F\u00e9licit\u00e9 Salomon, un natif des Cayes dans le D\u00e9partement du Sud, qui venait juste d&rsquo;arriver de son exil, devint pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti.<\/p>\n<p>Salomon fut s\u00e9nateur sous le gouvernement de Jean-Baptiste Rich\u00e9 et ministre des Finances sous Faustin Soulouque. Il avait pris le chemin de l&rsquo;exil \u00e0 la suite de la d\u00e9mission de l&rsquo;Empereur, retourna bri\u00e8vement au pays en 1878 et banni \u00e0 nouveau par Boisrond Canal. Durant son bref retour, il avait embrass\u00e9, dans un monde politique domin\u00e9 par deux partis, la cause du parti national.<\/p>\n<p>\u00c0 son second retour d&rsquo;exil apr\u00e8s le d\u00e9part de Boisrond Canal, il devint un personnage incontournable autour duquel virevolt\u00e8rent les \u00e9lites noires. Son parti devenant majoritaire suite aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, l&rsquo;acc\u00e8s&nbsp;\u00e0 la pr\u00e9sidence ne fut qu&rsquo;une simple formalit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c9lu le 23 octobre 1879 pour un mandat de sept ans, Salomon d\u00e9dia les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa pr\u00e9sidence \u00e0 redorer l&rsquo;image d&rsquo;Haiti en se faisant entourer d&rsquo;hommes capables dont Thomas Madiou, \u00e0 la Justice et aux Cultes, J.B. Damien \u00e0 la Chancellerie, Fran\u00e7ois Denys L\u00e9gitime \u00e0 l&rsquo;Agriculture. Pendant son long exil en France, il avait pu se rendre compte de l&rsquo;image n\u00e9gative que les Europ\u00e9ens faisaient d&rsquo;Haiti.<\/p>\n<p>Les actions de son gouvernement durant le premier mandat tournaient autour de quatre grandes priorit\u00e9s:<\/p>\n<ol>\n<li>\u00c9ducation:<br \/>\nSalomon aurait voulu faire de l&rsquo;\u00e9ducation un des points capitaux de son programme de gouvernement, mais il manquait de moyens, nonobstant, il montra une certaine pr\u00e9occupation pour la comp\u00e9tence des enseignants et pour l&rsquo;acc\u00e8s au plus grand nombre, sans pour autant n\u00e9gliger l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur.<\/li>\n<li>Agriculture:<br \/>\nIl r\u00e9organisa les services agricoles avec plusieurs initiatives comme, par exemple, un corps d&rsquo;inspection agricole dont les membres (les inspecteurs) devrait fournir un rapport hebdomadaire sur la marches des affaires agricoles dans les r\u00e9gions soumises \u00e0 leur contr\u00f4le. Une organisation agricole fut organis\u00e9e en 1881 pour sensibiliser sur l&rsquo;importance de ce champs et surtout attirer l&rsquo;attention sur les denr\u00e9es venant de nos terres.<\/li>\n<li>Le professionnalisme de l&rsquo;arm\u00e9e:<\/li>\n<li>La lutte contre la corruption<\/li>\n<\/ol>\n<p>A son actif, il faut \u00e9galement mentionner l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une Banque nationale, l&rsquo;admission d&rsquo;Haiti \u00e0 l&rsquo;Union postale universelle et l&rsquo;\u00e9tablissement du premier c\u00e2ble sous marin reliant t\u00e9l\u00e9graphiquement Haiti \u00e0 la Jama\u00efque et ensuite Cuba. Des initiatives qui contribu\u00e8rent \u00e0 la stabilisation de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les progr\u00e8s de son gouvernement, Salomon fut la cible de plusieurs r\u00e9bellions dont la tentative d&rsquo;insurrection de Boyer Bazelais dans la ville de Mirago\u00e2ne. Il dut \u00e9galement faire face, comme plusieurs de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, \u00e0 l&rsquo;arrogance et aux actes d&rsquo;extorsion des puissances \u00e9trang\u00e8res d&rsquo;alors. Les \u00c9tats-Unis, avec l&rsquo;affaire Pelletier et Lazare qui, heureusement se termina \u00e0 la satisfaction du gouvernement ha\u00eftien(1), la Grande Bretagne qui ne pouvait supporter sa francophilie et qui avait eu recours \u00e0 la menace afin de forcer Haiti \u00e0 payer une indemnit\u00e9 \u00e0 la famille Mauders(2)<\/p>\n<p>En 1886, Salomon r\u00e9visa la constitution en vue de faciliter sa r\u00e9\u00e9lection pour un second mandat de sept ans, une d\u00e9marche que plusieurs de ses successeurs imit\u00e8rent. Il fut r\u00e9\u00e9lu et pr\u00eata serment pour le second mandat le 15 mai 1887. Ses opposants interpr\u00e9t\u00e8rent cette d\u00e9marche comme le d\u00e9but du pavement de la route devant conduire \u00e0 la pr\u00e9sidence \u00e0 vie et manifest\u00e8rent ouvertement leur m\u00e9contentement. Le 4 ao\u00fbt 1888, une insurrection initi\u00e9e dans le nord par le g\u00e9n\u00e9ral S\u00e9ide Th\u00e9l\u00e9maque, commandant de l&rsquo;arrondissement du Cap-Haitien et qui trouvait des sympathisants \u00e0 Port-au-Prince, mit pr\u00e9matur\u00e9ment fin \u00e0 son nouveau mandat. Il prit \u00e0 nouveau le chemin de l&rsquo;exil (10 ao\u00fbt 1888) et ne revint plus en Haiti. Il rendit l\u2019\u00e2me quelques mois plus tard (19 octobre 1888).<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">L\u00e9gitime, pr\u00e9sident apr\u00e8s des affrontements et une tentative de scission<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=166\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" title=\"Fran\u00e7ois D. L\u00e9gitime: Fichier\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/denis_legitime_sm.jpg\" alt=\"Photo de Fran\u00e7ois D. L\u00e9gitime\" width=\"194\" height=\"255\"><\/a>Apr\u00e8s le d\u00e9part de Salomon, un gouvernement provisoire portant le nom de \u00ab\u00a0Comit\u00e9 R\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb fut \u00e9tabli. &nbsp;Il eut \u00e0 sa t\u00eate l&rsquo;ancien pr\u00e9sident et son pr\u00e9d\u00e9cesseur imm\u00e9diat, Boisrond Canal. Alors que ce gouvernement se pr\u00e9parait \u00e0 faire de L\u00e9gitime le nouveau pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti, le g\u00e9n\u00e9ral S\u00e9ide Th\u00e9l\u00e9maque qui s&rsquo;\u00e9tait soulev\u00e9 contre le gouvernement de Salomon, pensant que le laurier pr\u00e9sidentiel lui revint de droit, se mit \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une arm\u00e9e imposante. Il marcha sur Port-au-Prince. La population de la capitale vit d&rsquo;un tr\u00e8s mauvais \u0153il cette arm\u00e9e venant du nord qui, d&rsquo;ailleurs avait en face d&rsquo;elle les contingents de l&rsquo;ouest encore fid\u00e8le au Comit\u00e9 R\u00e9volutionnaire. Dans la nuit du 28 septembre, une fusillade \u00e9clata et produisit un affrontement entre les deux arm\u00e9es. Th\u00e9l\u00e9maque y trouva la mort et les troupes du Nord, se sentant humili\u00e9es et pi\u00e9g\u00e9es durent se replier.<\/p>\n<p>Les militaires du Nord et de l&rsquo;Artibonite, se disant membres d&rsquo;une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire avec, \u00e0 leur t\u00eate Florvil Hyppolite, refus\u00e8rent de recevoir d&rsquo;ordre de Port-au-Prince et form\u00e8rent un gouvernement si\u00e9geant aux Gona\u00efves. C&rsquo;est la scission. Florvil Hyppolite fut nomm\u00e9 et acclam\u00e9 Pr\u00e9sident provisoire et appela, pour le seconda, cinq conseillers charg\u00e9s des d\u00e9partements minist\u00e9riels. Ils furent:<\/p>\n<ol>\n<li>Ant\u00e9nor Firmin, \u00e0 la direction du service des d\u00e9partements des Finances, du Commerce et des Relations Ext\u00e9rieures.<\/li>\n<li>G\u00e9n\u00e9ral Mompoint jeune, \u00e0 la direction du service des d\u00e9partements de la Guerre et de la Marine ;<\/li>\n<li>G\u00e9n\u00e9ral N. Bottex, \u00e0 la direction du service du d\u00e9partement de l&rsquo;Int\u00e9rieur.<\/li>\n<li>A. William, \u00e0 la direction du service des d\u00e9partements de l&rsquo;Agriculture et des Cultes.<\/li>\n<li>Titus P\u00e9lissier, \u00e0 la direction du service des d\u00e9partements de la Justice et de l&rsquo;Instruction publique.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u00e9gitime prit acte de la tentative de scission des d\u00e9partements du Nord et d\u00e9clara les chefs de ces d\u00e9partements en \u00e9tat de r\u00e9bellion. Pour les ramener \u00e0 la raison, il envoya dans le Nord une d\u00e9l\u00e9gation qui re\u00e7ut de la part des hommes d&rsquo;Hyppolite une fin de non-recevoir. Du c\u00f4t\u00e9 de Jacmel, une autre r\u00e9volte se fomentait. Mais l\u00e9gitime s&rsquo;agrippait au pouvoir. Apr\u00e8s qu&rsquo;on ait publi\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te une constitution, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale d\u00e9cida de faire de ce dernier, le 16 d\u00e9cembre 1888, le pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti pour une p\u00e9riode de sept ans. Il pr\u00eata serment sur la nouvelle <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1888-text\/\">Constitution de 1888<\/a> compos\u00e9e de seulement 64 articles.<\/p>\n<p>Une guerre civile s&rsquo;ensuivit entre les forces du gouvernement de L\u00e9gitime \u00e9tabli \u00e0 Port-au-Prince et le gouvernement s\u00e9paratiste du Nord. Alors que les forces venant de Port-au-Prince subissaient des revers dans le Nord et \u00e9taient poursuivies jusqu&rsquo;aux portes de la capitale, les commandants de Jacmel et des Cayes se d\u00e9clar\u00e8rent contre L\u00e9gitime. Antoine Simon, commandant du Sud, entreprit une marche vers la capitale. Tous ces \u00e9v\u00e9nements forc\u00e8rent le pr\u00e9sident L\u00e9gitime, dont l&rsquo;\u00e9lection remontait \u00e0 seulement huit (8) mois, \u00e0 d\u00e9missionner et comme la majorit\u00e9 de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs \u00e0 prendre le chemin de l&rsquo;exil dans la journ\u00e9e du 22 ao\u00fbt 1889.<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e du Nord, command\u00e9e par Florvil Hyppolite entra imm\u00e9diatement dans la capitale et ce dernier prit la t\u00eate du gouvernement provisoire. La <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1888-text\/\">Constitution de 1888<\/a> fut abolie et remplac\u00e9e par la charte du 9 octobre 1889. Hyppolite sous l&rsquo;\u00e9gide cette constitution devint le pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti pour une p\u00e9riode de sept ans. Cependant par un strat\u00e8ge des constituants, son mandat devrait durer sept ans et sept mois<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Florvil Hyppolite, homme de vision, mais vindicatif<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=234\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Florvil Hyppolite: Fichier\" src=\"\/pages\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/florvil_hyppolite-histoire.jpg\" alt=\"Photo du pr\u00e9sident Florvil Hyppolite\" width=\"147\" height=\"195\"><\/a>Le g\u00e9n\u00e9ral Florvil Hyppolite, commandant de l\u2019arm\u00e9e insurrectionnelle venant du Nord se trouvait aux portes de la ville de Port-au-Prince lorsque le pr\u00e9sident prit le chemin de l\u2019exil. Il entra alors dans la capitale et prit imm\u00e9diatement possession du gouvernement \u00e0 titre de pr\u00e9sident provisoire. Voulant une Constitution qui aurait mieux r\u00e9pondu \u00e0 ses aspirations, il convoqua aux Gona\u00efves l\u2019Assembl\u00e9e constituante remani\u00e9e qui, en moins de deux mois, accoucha d\u2019une nouvelle Charte. Celle-ci fut vot\u00e9e le 9 octobre 1889. Ainsi, sous l\u2019\u00e9gide de cette loi-m\u00e8re, le g\u00e9n\u00e9ral Florvil Hyppolite passa de provisoire \u00e0 constitutionnel. Il fut \u00e9lu pour un mandat de sept ans.<\/p>\n<p>Militaire, et ancien s\u00e9nateur, le nouveau pr\u00e9sident avait une certaine maitrise de la chose publique et connaissait bien les rouages du gouvernement. Pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es de sa pr\u00e9sidence, la presse jouit d\u2019une certaine libert\u00e9 et il essaya de respecter le principe de s\u00e9paration des pouvoirs, ce qui contribua \u00e0 une atmosph\u00e8re d\u00e9tendue. Mais tout allait \u00eatre chang\u00e9 au printemps de l\u2019ann\u00e9e 1891 quand Port-au-Prince commen\u00e7a \u00e0 revivre au rythme des mouvements de panique. Le jour de la F\u00eate-Dieu (28 mai 1891), une de la prison centrale par le g\u00e9n\u00e9ral Sully Guerrier suivie de la lib\u00e9ration des prisonniers politiques d\u00e9clencha une r\u00e9pression syst\u00e9matique. Hyppolite se fit non seulement mena\u00e7ant mais passa imm\u00e9diatement aux actes en donnant l\u2019ordre \u00e0 ses militaires de patrouiller la ville et de fusiller tout opposant suspect ou r\u00e9el. \u201cFusiller tous les suspects, toux ceux qui veulent troubler la tranquillit\u00e9 publique.\u201d (Gaillard, Roger. <em>La R\u00e9publique exterminatrice<\/em>; p. 234).<\/p>\n<p>La terreur ne prit fin qu\u2019avec l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 2 juin 1891 qui interdisait aux fonctionnaires d&rsquo;ex\u00e9cuter sans forme de proc\u00e8s tout suspect dans les \u00e9v\u00e9nements du 28 mai. Mais le climat de terreur n&rsquo;avait pas disparu pour autant. Le pr\u00e9sident \u00e9tait d\u2019ailleurs d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 \u00e9liminer ses ennemis. Les ex\u00e9cutions sommaires seront reprises plus tard, surtout apr\u00e8s une attaque contre sa personne sans la nuit du 1er au 2 d\u00e9cembre 1892 et&nbsp; une tentative d\u2019assassinat sur la fille du pr\u00e9sident et sur son gendre. \u00c0 la nouvelle d\u2019une attaque de la ville de Jacmel par un groupe de paysans conduit par M\u00e9risier Joannis qui chassa le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du gouvernement, il d\u00e9cida d\u2019aller lui-m\u00eame r\u00e9tablir l\u2019ordre dans cette ville en prenant la t\u00eate de ses troupes. Il n\u2019eut pas le temps de laisser la capitale puisque, arriv\u00e9 \u00e0 la sortie Sud de la ville, il tomba victime d\u2019une crise cardiaque et expira sur le champ. Ainsi prit fin un gouvernement qui s\u2019annon\u00e7ait prometteur par ces grandes r\u00e9alisations.<\/p>\n<p>Hyppolite \u00e9tait entour\u00e9 de ministres capables tels Ant\u00e9nor Firmin \u00e0 la t\u00eate des Finances et des Affaires \u00e9trang\u00e8res dans les premiers temps. Il avait une certaine vision pour le pays et voulait son rel\u00e8vement. Pour ce, il entreprit, \u00e0 travers le pays des grands travaux d\u2019infrastructure coordonn\u00e9s par le D\u00e9partement des travaux publics, un minist\u00e8re nouvellement cr\u00e9\u00e9. Ces travaux incluaient des ponts, des routes, des b\u00e2timents logeant les administrations publiques, des march\u00e9s publics. Ha\u00efti arriva \u00e0 se relier au monde par les services t\u00e9l\u00e9graphiques.<\/p>\n<p>Toutes ces activit\u00e9s avaient pourtant attir\u00e9s des rapaces tant au niveau national qu\u2019international. Tous voulaient tirer des profits personnels par le b\u00e9n\u00e9fice de contrats juteux. Sinon, ils optaient pour la d\u00e9stabilisation.<\/p>\n<p>On \u00e9tait \u00e0 quelques deux d\u00e9cennies de 1915, mais les am\u00e9ricains voulaient bien avoir un pied-\u00e0-terre en Ha\u00efti. Ils s\u2019int\u00e9ressaient en particulier au M\u00f4le Saint Nicolas pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une base militaire et approchaient le gouvernement de Florvil Hyppolite en ce sens. Les n\u00e9gociations conduites du c\u00f4t\u00e9 ha\u00eftien par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Ant\u00e9nor Firmin, n&rsquo;aboutirent pas selon le v\u0153u des Am\u00e9ricains, le gouvernement ha\u00eftien ayant clairement manifester des objections. Partis bredouille, le gouvernement am\u00e9ricain continuera dans sa tentative d\u2019acculer les gouvernements successifs. Et, Ant\u00e9nor Firmin, pour leur avoir tenir t\u00eate, ne se fera jamais pardonn\u00e9, d\u2019o\u00f9 la non-r\u00e9alisation plus tard de ses r\u00eaves pr\u00e9sidentiels.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Tiresias Simon Sam, Humiliation, pillage et favoritisme<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=233\" title=\"Profil de Tir\u00e9sias Sam\"><img decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/sam_tiresias2.jpg\" width=\"200\"><\/a>Florvil Hyppolite, pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti du 9 octobre 1889, mort subitement le 24 mars 1896, il fallait le remplacer imm\u00e9diatement pour \u00e9viter des troubles comme le pays en a connu durant les deux derni\u00e8res ann\u00e9es de la d\u00e9cade pr\u00e9c\u00e9dente. Le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur d&rsquo;alors, Tancr\u00e8de Auguste qui dirigeait le Conseil des Ministres qui, selon les prescrits de l\u2019article 93 de la Constitution de 1889, comblait la vacance pr\u00e9sidentielle (3), se d\u00e9mena pour respecter l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de 10 jours exig\u00e9e par la Constitution pour pourvoir au pr\u00e9sident d\u00e9funt un successeur. Le 31 mars, l\u2019Assembl\u00e9e nationale jeta son d\u00e9volu sur le ministre de la guerre et de la marine du pr\u00e9sident Lysius F\u00e9licit\u00e9 Salomon, Tir\u00e9sias Simon Sam. la population accueillit l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement sans aucune \u00e9motion publique.<\/p>\n<p>Sam arriva au pouvoir \u00e0 un moment o\u00f9 le pays confrontait, d\u00fb \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 du march\u00e9 international, une crise financi\u00e8re aig\u00fce. Les gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents avaient contract\u00e9 des dettes et Ha\u00efti devrait r\u00e9pondre \u00e0 ses obligations face aux cr\u00e9anciers. De plus, les attentes personnelles et claniques n\u2019avaient pas chang\u00e9es, ce qui compliquait sa tache et rendit ses d\u00e9marches infructueuses. En effet, il essaya d\u2019assainir les finances en faisant \u00e0 nouveau appel \u00e0 Ant\u00e9nor Firmin. Celui-ci proposa pour commencer;<\/p>\n<ol>\n<li>La suspension des travaux non-urgents entam\u00e9s sous le gouvernement de Florvil Hyppolite,<\/li>\n<li>La cessation des bonus vers\u00e9s aux hauts grad\u00e9s qui devenaient de plus en plus un fardeau pour le gouvernement,<\/li>\n<li>Le renvoi de certains d\u00e9partements minist\u00e9riels, des employ\u00e9s non-essentiels ou surnum\u00e9raires.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces d\u00e9cisions cr\u00e9\u00e8rent bien de m\u00e9contents de la part de ceux qui tourbillonnaient autour du gouvernement et qui \u00e9taient pass\u00e9s ma\u00eetres dans la malversation. Ils se comptaient dans toutes les sph\u00e8res: dans l\u2019arm\u00e9e, parmi le personnel civil, dans les chambres l\u00e9gislatives. Les membres de celles-ci, en signe de protestation, interpellaient le cabinet pour le rappeller \u00e0 l&rsquo;ordre.<\/p>\n<p>Sam lui-m\u00eame se montra irresponsable dans la gestion des bien publics apr\u00e8s avoir fait appel \u00e0 Ant\u00e9nor Firmin pour le seconder. Ce dernier dut d\u00e9missionner apr\u00e8s l&rsquo;interpellation de la chambre parce qu&rsquo;il ne se sentait pas support\u00e9 par le pr\u00e9sident. Il effectua ici et l\u00e0 des emprunts qui augment\u00e8rent le d\u00e9ficit budg\u00e9taire et ne contribu\u00e8rent pas \u00e0 la relance de l\u2019\u00e9conomie, puisque les sommes emprunt\u00e9es \u00e9taient distribu\u00e9es \u00e0 des amis, des membres influents du gouvernement et de l\u2019arm\u00e9e, et m\u00eame \u00e0 des \u00e9trangers. Ces derniers qui avaient b\u00e2ti leur richesse en Ha\u00efti ne cessaient de nous faire chanter en faisant de fa\u00e7on frivole des r\u00e9clamations. Ils se disaient victimes des violences des guerres fratricides. Le gouvernement prit \u00e9galement la d\u00e9cision de consolider les dettes publiques en \u00e9mettant des bonds dit \u201cconsolid\u00e9s\u201d. Cette initiative engendre, de la part des malveillants politiques et \u00e9conomiques des actes de perversion et de malversation. Des cr\u00e9ances frauduleuses, de faux certificats \u00e9taient alors distribu\u00e9s \u00e0 des cr\u00e9anciers sans scrupules. Parfois, des bonds d\u00e9j\u00e0 acquitt\u00e9s \u00e9taient remis en circulation. Plus tard, plusieurs de ces cupides auront \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s et tra\u00een\u00e9s devant la justice. Ce sera alors le grand proc\u00e8s de la consolidation qui aura lieu sous le gouvernement du Pr\u00e9sident Nord Alexis mais qui n&rsquo;a fait qu\u2019\u00e9clabousser les coupables.<\/p>\n<p>Entretemps l\u2019\u00e9tranger qui ne s\u2019\u00e9tait jamais r\u00e9signer \u00e0 admettre Ha\u00efti au rang des nations libres et souveraines continuait de veiller. L\u2019affaire Luders exposerait une fois de plus leur ranc\u0153ur, leur racisme visqueux, leur injustice.<\/p>\n<\/div>\n<h5 id=\"luders\" style=\"text-indent: 15px;\">L\u2019affaire Luders:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>\u00c9mile Luders, n\u00e9 d\u2019un p\u00e8re allemand(4) et d&rsquo;une m\u00e8re ha\u00eftienne, \u00e9tait, par la nature de la Constitution sous laquelle il avait pris naissance en 1871, un citoyen Ha\u00eftien(5). Il savait toutefois tirer avantage de la nationalit\u00e9 de son p\u00e8re. Pour ce, il s\u2019\u00e9tait fait inscrit \u00e0 la l\u00e9gation allemande.<\/p>\n<p>Le 14 octobre 1897, il fut condamn\u00e9 \u00e0 un an de prison pour avoir d\u00e9fendu un voleur, Dorl\u00e9us Pr\u00e9sum\u00e9, qui fut \u00e9galement un de ses cochers. Il fit donc appel aux autorit\u00e9s du pays de son p\u00e8re qui imm\u00e9diatement r\u00e9clam\u00e8rent sa lib\u00e9ration \u00e0 coup d\u2019extorsions. Malgr\u00e9 sa lib\u00e9ration, le 22 octobre, l&rsquo;Allemagne continua de donner vie \u00e0 l\u2019affaire et fit m\u00eame de nouvelles exigences dont:<\/p>\n<ul>\n<li>Le retour de Luders qui avait laiss\u00e9 le pays en direction des \u00c9tats-Unis, apr\u00e8s sa lib\u00e9ration,<\/li>\n<li>Une ran\u00e7on de $20,000 comme indemnit\u00e9.<\/li>\n<li>Un salut de 21 coups de canon au drapeau allemand,<\/li>\n<li>Une lettre d&rsquo;excuse du gouvernement ha\u00eftien,<\/li>\n<li>Une c\u00e9r\u00e9monie officielle en l&rsquo;honneur du charg\u00e9 d&rsquo;affaires allemand en Ha\u00efti.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le gouvernement ha\u00eftien n\u2019avait que 4 heures pour satisfaire \u00e0 ses exigences. L\u2019humiliation ne s\u2019arr\u00eata pourtant pas \u00e0 ces demandes. Apr\u00e8s le d\u00e9part des marins allemands, les Ha\u00eftiens d\u00e9couvrirent avec stup\u00e9faction et honte la souillure de notre embl\u00e8me national, le bicolore. Cet \u00e9v\u00e9nement entacha au-del\u00e0 du possible l\u2019histoire de notre pays. Et la r\u00e9putation du pr\u00e9sident Sam, d\u00e9j\u00e0 otage des banquiers allemands, subit un grand coup.<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"text-indent: 15px;\">R\u00e9pression contre les opposants:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>La grogne publique, devant la capitulation de Sam dans l&rsquo;affaire Luders et sa mauvaise gestion \u00e9conomique, se traduisit quelquefois en violence. Jacmel se souleva en deux fois. A Port-au-Prince, la tension politique \u00e9tait palpable. Comme les gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents en pareille circonstances, Sam mit en branle la machine de r\u00e9pression. Les arrestations se multipli\u00e8rent. Les l\u00e9gations \u00e9trang\u00e8res se remplirent et beaucoup de citoyens, parmi les plus capables, prirent le chemin de l\u2019exil. Il a pu toutefois tenir le coup jusqu&rsquo;en 1902.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des tentatives tendant \u00e0 prolonger son mandat, Sam dut se r\u00e9signer \u00e0 abandonner le pouvoir en pr\u00e9sentant \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale sa lettre de d\u00e9mission et laissa le pays le lendemain quand il devint clair que l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale avait \u00e9chou\u00e9 dans sa tentative de faire d&rsquo;un poulain, son successeur. Lors de ce d\u00e9part sous une forte escorte compos\u00e9e des repr\u00e9sentants du corps diplomatique dont le repr\u00e9sentant des \u00c9tats-Unis, il aurait alors l\u00e2ch\u00e9 cette phrase: \u00ab Je suis le dernier pr\u00e9sident d\u2019Ha\u00efti\u00bb, qui heureusement ne se r\u00e9v\u00e9la pas \u00eatre une proph\u00e9tie.<\/p>\n<p>Cependant, la transition ne s&rsquo;op\u00e9ra pas sans heurts et violence, car le pays connut bien des troubles et vit l&rsquo;immolation d&rsquo;un martyr, l&rsquo;amiral Hammerton Killick.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">\u270d Notes:<\/p>\n<ol>\n<li>Antonio Pelletier, capitaine du navire \u00ab\u00a0William, encra ill\u00e9galement dans le port de Fort-Libert\u00e9. Il fut accus\u00e9 de piraterie et tentative de traite de noirs. Condamn\u00e9 d&rsquo;abord \u00e0 \u00eatre fusill\u00e9 et, suite \u00e0 un second proc\u00e8s \u00e0 cinq and de prison, le gouvernement prit possession de son navire. Salomon h\u00e9rita de cette affaire vieille de plus de 20 ans.<br \/>\nLazare se faisant passer pour un banquier signa avec le gouvernement en 1886 un contrat &nbsp;en vue d&rsquo;\u00e9tablir une Banque nationale \u00e0 Port-au-Prince. Ne respectant pas les termes du contrat, le gouvernement de Salomon d\u00e9cida de l&rsquo;annuler.<br \/>\nPelletier et Lazare se disant l\u00e9s\u00e9s demand\u00e8rent l&rsquo;aide de leur gouvernement.<br \/>\n(Source: <em>Statutes of the United States of America passed at the first session of the forty-eight congress (1883-1884) et recent treaties et executive proclamations.<\/em> Washington DC : gouvernement Printing Office, 1884; pp. 76-78.)<\/li>\n<li>La famille Maunder qui s&rsquo;\u00e9tait \u00e9tablie &nbsp;\u00e0 l\u2019\u00cele de la Tortue se disant victime suite \u00e0 des pr\u00e9tendus dommages caus\u00e9s \u00e0 leur propri\u00e9t\u00e9, r\u00e9clamait du gouvernement de Sylvain Salnave des compensations. Nissage Saget accepte d&rsquo;indemniser ces sujets de la couronne britannique, mais le gouvernement de Michel d\u00e9cida de les exproprier. Alors, ces \u00e9trangers furent appel \u00e0 leur gouvernement pour de nouvelles r\u00e9clamations. Boisrond Canal n&rsquo;eut pas le temps de mettre une fin \u00e0 l&rsquo;affaire qui se retrouva dans les dossiers \u00e0 g\u00e9rer par le gouvernement de Salomon. Pour se prot\u00e9ger contre l&rsquo;agressivit\u00e9 des Britanniques, Salomon d\u00e9cida de solliciter l&rsquo;aide des Am\u00e9ricains et des Fran\u00e7ais par une offre de protectorat. Les deux puissances refus\u00e8rent l&rsquo;offre.<\/li>\n<li><span style=\"font-weight: 400;\">Article 93: \u00ab\u00a0Pendant la vacance, le Pouvoir Ex\u00e9cutif est exerc\u00e9 par les secr\u00e9taires d\u2019\u00c9tat, r\u00e9unis en Conseil et sous leur responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-weight: 400;\">Les Constitutions ha\u00eftiennes jusque-l\u00e0 interdisaient aux \u00e9trangers de poss\u00e9der des biens fonciers et immobiliers. Pour circonvenir la l\u00e9gislation ha\u00eftienne sur la possession des biens fonciers par les \u00e9trangers, les ressortissants d\u2019autres nations \u00e9pousaient des femmes ha\u00eftiennes, achetaient des propri\u00e9t\u00e9s en leur nom<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019article 3 de la constitution de 1867 stipulait que \u201cSont Ha\u00eftiens tous individus n\u00e9s en Ha\u00efti ou en pays \u00e9tranger d\u2019un Ha\u00eftien ou d\u2019une Ha\u00eftienne\u201d.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p><!--nextpage--><br \/>\n<a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1843-1915\/2\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px; vertical-align: baseline;\"><\/i> <strong>Section II:<\/strong> <span style=\"color: #ff0000;\">De Salomon \u00e0 Sam<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section III<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\"><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">La premi\u00e8re D\u00e9cade du XX\u00e8 si\u00e8cle<\/h2>\n<h4 class=\"title_paragraf\">La guerre civile<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Apr\u00e8s la <a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=129\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Profil de Nord Alexis\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/nord_alexis01.jpg\" alt=\"Photo de Nord Alexis\" width=\"175\" height=\"814\"><\/a>d\u00e9mission du pr\u00e9sident Tir\u00e9sias Sam, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale dont les chambres venaient \u00e0 peine d&rsquo;\u00eatre form\u00e9es se r\u00e9unit pour lui donner un successeur. Boisrond Canal, un ancien pr\u00e9sident qui exer\u00e7ait une grande influence dans la politique du pays, de concert avec le commandant de l&rsquo;arrondissement de Port-au-Prince, fit \u00e9chouer la s\u00e9ance et dispersa la chambre(1). Ce fut alors le d\u00e9but d&rsquo;une longue p\u00e9riode de troubles o\u00f9 d\u00e9barqu\u00e8rent d&rsquo;exil ou se trouvaient depuis peu des hommes dont l&rsquo;ultime but est de devenir pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti. Des blocs se formaient dont l&rsquo;un au Cap-Ha\u00eftien, avec Nord Alexis pour pr\u00e9sident et comptant parmi ses membres Ant\u00e9nor firmin, auquel se joignit, pour renfort militaire, l&rsquo;amiral Hammerton Killick, et l&rsquo;autre si\u00e9geant \u00e0 Port-au-Prince dirig\u00e9 par Boisrond Canal qui d&rsquo;ailleurs se faisait passer pour le chef d&rsquo;un gouvernement provisoire.<\/p>\n<p>Le bloc du Nord se transformant en troupe arm\u00e9e marcha sur Port-au-Prince. \u00c0 l&rsquo;invitation de Boisrond Canald cependant, des repr\u00e9sentants de ce blocs entr\u00e8rent dans la capitale et particip\u00e8rent \u00e0 une rencontre d&rsquo;o\u00f9 sortit un gouvernement provisoire form\u00e9 de sept membres (Voir: <a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/3\/#mai-1902\">Gouvernement provisoire du 28 mai 1902<\/a>).<\/p>\n<p>Le gouvernement provisoire avait une triple tache: liquider les affaires courantes, organiser les \u00e9lections l\u00e9gislatives et superviser les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles par la nouvelle Assembl\u00e9e nationale. Des trois candidats d\u00e9clar\u00e9s, Ant\u00e9nor Firmin fut le plus populaire, mais suscita en m\u00eame temps de grandes animosit\u00e9s chez certains chef militaires et des n\u00e9gociants aux affaires douteuses qui ne lui pardonn\u00e8rent pas sa probit\u00e9 lors de ses passages au Minist\u00e8re des Finances. Les deux autres, Calisth\u00e8nes Fouchard et S\u00e9n\u00e8que Pierre essayaient de tirer avantage de ces ressentiments.<\/p>\n<p>Quoique les deux fussent du Nord, Nord Alexis, membre du gouvernement provisoire affichait lui aussi son aversion pour Firmin, une aversion encourag\u00e9e par Boisrond Canal qui avait peur de devenir une victime durant un possible gouvernement Firmin. Cette peur s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il avait command\u00e9 le peloton d&rsquo;ex\u00e9cution lors de l&rsquo;ex\u00e9cution du pr\u00e9sident Sylvain Salnave et la fille de ce dernier, Rosa Salnave, \u00e9tait l&rsquo;\u00e9pouse de Firmin.<\/p>\n<p>Nord Alexis d\u00e9cida de combattre Firmin avec toutes les armes dont il disposait. Les partisans de ce dernier juraient alors de d\u00e9fendre leur leader au prix de leur vie. La guerre \u00e9clata et Nord Alexis eut le dessus \u00e0 tel point que Firmin dut se r\u00e9fugier sur le navire de l&rsquo;Amiral Killick \u00ab\u00a0La Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot\u00a0\u00bb pour se rendre aux Gona\u00efves o\u00f9 il fut accueilli en h\u00e9ros devenant m\u00eame le d\u00e9put\u00e9 de la ville. Il forma un gouvernement dit r\u00e9volutionnaire support\u00e9 par Jean-Jumeau et ses troupes et l&rsquo;Amiral Killick. Dans le Nord, l&rsquo;Ouest et le Sud, la chasse aux firministes s&rsquo;intensifia.<\/p>\n<p>Ce fut la guerre civile. Firmin bloquait toutes les routes conduisant aux Gona\u00efves et d\u00e9cr\u00e9ta un blocus naval dans le but d&#8217;emp\u00eacher les navires \u00e9trangers de ravitailler en armes et minutions les troupes de Nord Alexis. La \u00ab\u00a0Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot\u00a0\u00bb assurait le maintien du blocus. Le gouvernement provisoire d\u00e9cr\u00e9ta que les principales villes firministes de la r\u00e9gion septentrionale ouvertes au commerce ext\u00e9rieur (Gona\u00efves, Saint Marc, Port-de-Paix) \u00ab\u00a0en \u00e9tat de r\u00e9bellion contre le gouvernement \u00e9tabli\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0villes insurg\u00e9es\u00a0\u00bb. Les ports de ces villes furent donc \u00ab\u00a0ferm\u00e9s au commerce avec l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb(2)<\/p>\n<p>En vertu du blocus naval d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par Firmin, la \u00ab\u00a0Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot\u00a0\u00bb arraisonna un bateau allemand, le <em>Markomania&nbsp;<\/em>qui transportait des armes et des munitions(3) destin\u00e9es aux troupes de Nord Alexis dans le Nord. Ce dernier qui avait fait de Killick, qui fut d&rsquo;abord relev\u00e9 de ses fonctions(4),&nbsp; un hors-la-loi, avait sollicit\u00e9 l&rsquo;aide d&rsquo;un navire fran\u00e7ais, le <em>Dassa<\/em>, pour la capture du croiseur ha\u00eftien ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant le faire couler. Le ministre r\u00e9sidant allemand vint au secours du gouvernement provisoire et de Nord quand il fit appel au capitaine du \u00ab SMS Panther \u00bb<em>(5)<\/em>. Ce dernier, arriv\u00e9 le 6 d\u00e9cembre dans la rade des Gona\u00efves, somma l&rsquo;\u00e9quipage de la Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot. de se rendre. Killick qui se trouvait \u00e0 terre, une fois inform\u00e9 de la situation, regagna son navire, renvoya son \u00e9quipage \u00e0 l&rsquo;exception de son m\u00e9decin, Docteur Cole qui ne voulait pas abandonner le navire, et le fit sauter plut\u00f4t que de se rendre.<\/p>\n<p>La perte de la \u00ab\u00a0Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot\u00a0\u00bb fit pour Firmin une catastrophe, et pour Nord Alexis une victoire qui lui permit d&rsquo;outrepasser les obstacles pos\u00e9s par Firmin sur les voix terrestres. En route pour Port-au-Prince, il s&rsquo;arr\u00eata en triomphateur aux Gona\u00efves. Firmin eut juste le temps de s&#8217;embarquer sur un navire qui partait \u00e0 destination de l&rsquo;\u00cele de Saint Thomas. Les firministes les plus notoires furent alors pers\u00e9cut\u00e9s except\u00e9s ceux \u00e9lus peu avant \u00e0 la Chambre. Ce tournant marqua la fin de la guerre civile qui avait dur\u00e9 pr\u00e9s de six mois. Et Nord Alexis, comptant bien recueillir ses lauriers, arriva \u00e0 Port-au-Prince \u00e0 la mi-d\u00e9cembre. Il demanda imm\u00e9diatement aux deux candidats encore en lice, Calisth\u00e8nes Fouchard et S\u00e9n\u00e8que Pierre, de se retirer et renvoya le gouvernement provisoire. Ce fut le coup d&rsquo;\u00e9tat. Quelques jours plus tard, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, qui n&rsquo;avait ni le courage ni les moyens de s&rsquo;opposer au puissant de l&rsquo;heure, fit de lui le pr\u00e9sident constitutionnel d&rsquo;Ha\u00efti (6) pour une p\u00e9riode de sept ans. Entretemps, plusieurs hauts grad\u00e9s de la capitale se sentant menac\u00e9s pour avoir pris position contre le g\u00e9n\u00e9ral Nord Alexis sollicit\u00e8rent l&rsquo;asile dans les l\u00e9gations \u00e9trang\u00e8res(7).<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Pr\u00e9sidence de Nord Alexis<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Le jour de sa prestation de serment, le g\u00e9n\u00e9ral octog\u00e9naire devenu pr\u00e9sident pr\u00e9senta son cabinet minist\u00e9riel compos\u00e9 alors de sept ministres. Certains manquaient d\u2019exp\u00e9rience et \u00e9taient inaptes \u00e0 redresser la situation difficile dans laquelle se trouvait le pays apr\u00e8s la faillite de Sam et la guerre civile.<\/p>\n<p>Le gouvernement essaya toutefois de tacler les probl\u00e8mes \u00e9conomiques mais ses strat\u00e9gies cr\u00e9\u00e8rent une inflation difficile \u00e0 g\u00e9rer. Il s&rsquo;agissait, comme au temps de gouvernement de Sam, d\u2019emprunter, d\u2019\u00e9mettre des papiers monnaies qui conduisit \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation de la gourde, la monnaie nationale, de pr\u00e9senter des lois sur les lois droits d\u2019importation et d\u2019exportation qui suscitaient des ressentiments chez les grands commer\u00e7ants. Apr\u00e8s maintes tergiversations, ces mesures ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es par le Parlement qui avait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;ailleurs l&rsquo;objet d\u2019attaques par une foule en furie pendant les derniers jours du mois de mars 1903. La col\u00e8re des parlementaires suite \u00e0 cette attaques for\u00e7a le pr\u00e9sident \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 un premier remaniement minist\u00e9riel. Tous les ministres \u00e0 l\u2019exception du titulaire de la Guerre et de la Marine furent remerci\u00e9s.<\/p>\n<p>Le nouveau cabinet, sous la proposition du ministre des Finances proposa les mesures suivantes:<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9duction de l\u2019effectif de l\u2019arm\u00e9e et des d\u00e9penses militaires;<\/li>\n<li>Contr\u00f4le des douanes avec une perception r\u00e9glement\u00e9e des revenus de l&rsquo;\u00c9tat;<\/li>\n<li>Arr\u00eat des \u00e9missions de papiers monnaies;<\/li>\n<li>Interdiction aux Syriens qui commen\u00e7aient un groupe \u00e9conomiquement fort d&rsquo;exercer le commerce.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mentionnons que les grandes puissances (la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Angleterre et les \u00c9tats-Unis) qui entretenaient des \u00e9changes commerciaux avec Ha\u00efti caressaient l\u2019id\u00e9e d&rsquo;un contr\u00f4le international des finances publiques pour, disaient-elles, en assurer la stabilit\u00e9. Cette id\u00e9e ne se concr\u00e9tisa pas durant la pr\u00e9sidence de Nord Alexis, car celui-ci, ne manquant jamais de manifester son refus quand il s&rsquo;agit de n\u00e9gociation mettant en p\u00e9ril la souverainet\u00e9 d&rsquo;Ha\u00efti. Il aurait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 un journaliste Jama\u00efcain durant une entrevue que&nbsp;Pendant les six ann\u00e9es qu&rsquo;il \u00e9tait au pouvoir, il a constamment consacr\u00e9 ses efforts et son autorit\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher l&rsquo;influence am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Et durant la c\u00e9l\u00e9bration du centenaire de l\u2019Ind\u00e9pendance il avait fait le serment suivant:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Je jure devant vous, Dessalines, de mourir plut\u00f4t que de livrer mon pays \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. \u00bb(8)<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"text-indent: 15px;\">Festivit\u00e9s du centenaire:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Les festivit\u00e9s du centenaire de l\u2019Ind\u00e9pendance furent l\u2019un de deux moments forts de la pr\u00e9sidence de Nord Alexis, quoique l\u2019id\u00e9e fut vilipend\u00e9e par certains membres de l\u2019\u00e9lite politique et intellectuelle d\u2019alors, dont Rosalvo Bobo lui-m\u00eame qui se posait alors la question, quel centenaire f\u00eater?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Centenaire de notre libert\u00e9 ? Non.<br \/>\nCentenaire de l&rsquo;esclavage du n\u00e8gre par le n\u00e8gre.<br \/>\nCentenaire de nos \u00e9garements, de nos bassesses et, au milieu de vanit\u00e9s incessantes, de notre r\u00e9trocession syst\u00e9matique.<br \/>\nCentenaire de nos haines fraternelles, de notre triple impuissance morale, sociale et politique.<br \/>\nCentenaire de nos entr&rsquo;assassinats dans nos villes et savanes.<br \/>\nCentenaire de nos vices, de nos crimes politiques.<br \/>\nCentenaire de tout ce qu&rsquo;il peut y avoir de plus odieux au sein d&rsquo;un groupement d&rsquo;hommes.<br \/>\nCentenaire de la ruine d&rsquo;un pays par la mis\u00e8re et la salet\u00e9.<\/p>\n<p>Mais pour Nord Alexis c\u2019\u00e9tait&nbsp; une question de rappeler au monde ce dont nous sommes capables quand nous nous y mettons. La honte serait plut\u00f4t de passer sous silence cette c\u00e9l\u00e9bration: \u00ab Comment ne pas f\u00eater le Centenaire! Ce serait plut\u00f4t la honte! \u00bb d\u00e9clara-t-il (8)<br \/>\nLes c\u00e9r\u00e9monies du centenaire dur\u00e8rent cinq jours et se cl\u00f4tur\u00e8rent par un p\u00e8lerinage \u00e0 Marchand-Dessalines, premi\u00e8re capitale de la nation, et \u00e0 la Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot, fort o\u00f9 les indig\u00e8nes sous la commande de Jean-Jacques Dessalines gagn\u00e8rent plusieurs batailles sur les troupes exp\u00e9ditionnaires de Napol\u00e9on Bonaparte. Deux anciens chefs d\u2019\u00c9tat particip\u00e8rent aux c\u00e9r\u00e9monies. Ils s\u2019\u00e1git de Boisrond Canal, chef du gouvernement provisoire pendant la guerre civile et qui avait soutenu Nord Alexis et dont le support resta in\u00e9branlable jusqu\u2019\u00e0 sa mort, et de Fran\u00e7ois Denys L\u00e9gitime dont la pr\u00e9sidence avait \u00e9t\u00e9 de courte dur\u00e9e en 1889.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre moment fort de la pr\u00e9sidence de Nord Alexis fut celui du proc\u00e8s de la Consolidation.<\/p>\n<\/div>\n<p><a name=\"consolidation\"><\/a><\/p>\n<h5 style=\"text-indent: 15px;\">Proc\u00e8s de la Consolidation:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>On se rappelle que durant la pr\u00e9sidence de Tir\u00e9sias Simon Sam, le gouvernement avait essay\u00e9 de consolider certaines dettes publiques en \u00e9mettant des bonds aux cr\u00e9anciers de l&rsquo;Etat qui devraient \u00eatre plus tard acquitt\u00e9s. Cette d\u00e9marche suscita des actes de malversation et de corruption de la part de l\u2019\u00e9lite \u00e9conomique du pays, de certains hauts grad\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e et des cadres \u00e9trangers de la banque.<\/p>\n<p>Nord Alexis qui avait une conception des affaires publiques et de la conduite \u00e0 tenir diff\u00e9rentes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur et qui abhorrait la corruption patente d\u00e9cida alors de mener une enqu\u00eate sur le ph\u00e9nom\u00e8ne des bonds consolid\u00e9s tout en d\u00e9masquant les fraudeurs. Le 21 mars 1903, il cr\u00e9a une commission dite \u201cCommission d\u2019Enqu\u00eate administrative et de V\u00e9rification\u201d charg\u00e9e de l&rsquo;examen des diff\u00e9rentes op\u00e9rations de consolidation effectu\u00e9es dans le pass\u00e9. Moins d\u2019un mois apr\u00e8s, cette commission publia un rapport confirmant les fraudes et la pratique de malversations associ\u00e9s aux bonds. L\u2019opinion publique s\u2019indigna et le pr\u00e9sident d\u00e9cida alors de poursuivre les fraudeurs en justice. Ce fut alors le d\u00e9but de ce qu\u2019on appellera le proc\u00e8s de la consolidation.<\/p>\n<p>Les citoyens point\u00e9s du doigt par le rapport et qui se trouvaient encore en Ha\u00efti furent arr\u00eat\u00e9s et apr\u00e8s les pr\u00e9liminaires, d\u00e9but\u00e8rent, le 28 novembre 1904, les assises criminelles. Apr\u00e8s 20 jours d\u2019audiences suivies par les ministres de France et d\u2019Allemagne, par un quotidien venu de France et un repr\u00e9sentant de la Cour d\u2019Appel de Paris, le tribunal mit son verdict.<\/p>\n<p>Des inculp\u00e9s trois furent acquitt\u00e9s. Les autres furent condamn\u00e9s \u00e0 des peines allant de la prison \u00e0 vie et \u00e0 4 ans de prison. Trois des condamn\u00e9s connus maintenant sous le nom de consolidards devinrent pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti. Il s\u2019agit de Tancr\u00e9de Auguste, de Cincinnatus Leconte( les deux \u00e0 15 ans de travaux forc\u00e9s) et de Vilbrun Guillaume Sam (condamn\u00e9 aux Travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 ). Quand \u00e0 l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Sam, jug\u00e9 par contumace, il fut condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"text-indent: 15px;\">Chasse aux opposants:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;affrontement avec Ant\u00e9nor Firmin, Nord Alexis resta marqu\u00e9 et voyait des complots partout. Il est vrai que les firministes qui s&rsquo;\u00e9taient terr\u00e9s pendant les trois premi\u00e8res ann\u00e9es de sa pr\u00e9sidence recommen\u00e7aient \u00e1 se remuer. Ils n&rsquo;avaient pas perdu l&rsquo;espoir de voir leur leader arriver au pouvoir. Des complots, bien s\u00fbr, il y en avait et les comploteurs qui se laissaient prendre et ceux associ\u00e9s de pr\u00e8s ou de loin avec eux&nbsp; recevaient dans la majorit\u00e9 des cas les pires sanctions. Ce fut d&rsquo;ailleurs le cas de Maximilien Momplaisir, un ancien ministre et beau-fr\u00e8re d pr\u00e9sident Sam, de son fil Chrysostome qui furent fusill\u00e9s.<\/p>\n<p>Une autre ex\u00e9cution qui ternit la pr\u00e9sidence de Nord Alexis fut celle du po\u00e8te Massillon Coicou, un firministe inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 qui s&rsquo;est laiss\u00e9 prendre dans un pi\u00e8ge tendu par son cousin, le g\u00e9n\u00e9ral Jules Coicou, alors chef de l&rsquo;arrondissement de Port-au-Prince. Celui-ci avait fait comprendre au po\u00e8te qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait ralli\u00e9 \u00e0 la cause firministe. Cette trahison entraina l&rsquo;ex\u00e9cution le 15 mars 1908 du po\u00e8te et plusieurs autres citoyens sur qui on avait coll\u00e9 l&rsquo;\u00e9tiquette de co-conspirateurs.<\/p>\n<p>Entre-temps, Ant\u00e9nor firmin, r\u00e9fugi\u00e9 jusque l\u00e0 \u00e0 Saint Thomas effectua un bref retour dans le pays anim\u00e9 des m\u00eames intentions politiques. Il fut vite maitriser par les forces gouvernementales qui le forc\u00e8rent \u00e0 reprendre le chemin, 21 mars 1908, le chemin de l&rsquo;exil.<\/p>\n<\/div>\n<h5 style=\"text-indent: 15px;\">Fin du r\u00e9gime de Nord Alexis:<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.haiti-reference.com\/images\/gradient.gif\"><\/h5>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>La deuxi\u00e8me victoire de Nord Alexis sur Firmin et la peur install\u00e9e dans l&rsquo;esprit des firministes les for\u00e7ant \u00e0 un repli ne donna qu&rsquo;un court r\u00e9pits au pr\u00e9sident. Semant le doute sur un \u00e9ventuel second mandat (le premier mandat devant expirer, selon le <a href=\"\/pages\/notables\/showmedia.php?mediaID=527\">D\u00e9cret d&rsquo;\u00e9lection du Pr\u00e9sident Nord Alexis de l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale<\/a>, le 15 mai 1909), et alimentant la confusion sur un possible successeur, il essaya alors d&rsquo;\u00e9liminer toute personnalit\u00e9 civile et militaire qui pourrait lui succ\u00e9der avec l&rsquo;approbation de force ou de gr\u00e9 de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. C&rsquo;est donc pour cette raison qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait montr\u00e9 tr\u00e8s m\u00e9fiant envers le commandant du D\u00e9partement du sud, le g\u00e9n\u00e9ral Antoine Simon. Il avait alors essay\u00e9 de le pi\u00e9ger pour le faire arr\u00eater et le ramener \u00e0 Port-au-Prince.<\/p>\n<p>Simon, en fin limier, d\u00e9joua les pi\u00e8ges. Finalement, il lui retira les commandes de son territoire. Celui-ci, au lieu de se soumettre aux ordres du pr\u00e9sident, prit les armes et, le 20 novembre 1908, \u00e0 la t\u00eate de ses hommes marcha en direction de Port-au-Prince mettant en d\u00e9route les renforts envoy\u00e9s par le gouvernement pour l&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;atteindre la capitale. Nord Alexis, abandonn\u00e9 par plusieurs de son entourage, d\u00e9cida alors de quitter le pouvoir et de prendre le chemin de l&rsquo;exil. Un gouvernement provisoire d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/3\/#dec-1908\">Comit\u00e9 de salut Public<\/a>\u00a0\u00bb le rempla\u00e7a. Ce gouvernement provisoire sera dissout une fois Antoine Simon foula la capitale.<\/p>\n<p>Nord Alexis s&rsquo;\u00e9tablit donc \u00e0 la Jama\u00efque o\u00f9 il expira le 1er mai 1910.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Le gouvernement d&rsquo;Antoine Simon<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Avant m\u00eame le d\u00e9part de Nord Alexis pour l&rsquo;exil, Antoine Simon, g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Haiti et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du gouvernement dans le Sud, marchait d\u00e9j\u00e0 sur Port-au-Prince, \u00e0 la t\u00eate de ses hommes. Il \u00e9tait devenu la cible du gouvernement d\u00e9chu qui voulait le neutraliser d&rsquo;abord en essayant de le pi\u00e9ger pour ainsi l&rsquo;arr\u00eater et, ensuite, en le cong\u00e9diant en lui retirant ses commandes.<\/p>\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/\/getperson.php?action=$search&#038;id=239\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"\/pages\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/antoine-simon_nypl.jpg\" alt=\"\" width=\"248\" height=\"300\"><\/a>Trois jours apr\u00e8s le d\u00e9part du pr\u00e9sident Alexis et alors que le pays \u00e9tait gouvernement par un gouvernement provisoire dit \u00ab\u00a0Comit\u00e9 de Salut Public\u00a0\u00bb, Simon arriva \u00e0 la capitale au matin du 5 d\u00e9cembre 1908, et fut accueilli par avec vivats par la population et chaleureusement par les membres du gouvernement provisoire dont certains membres vinrent m\u00eame \u00e0 sa rencontre.<\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement, il se porta au palais national et se donna le titre de \u00ab\u00a0Chef du pouvoir ex\u00e9cutif\u00a0\u00bb pour \u00eatre plus tard consacr\u00e9 par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (17 d\u00e9cembre 1908). Trois jours plus tard, il fut officiellement investi dans ses fonctions devenant ainsi le 20\u00e8 chef d&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Haiti pour un mandat qui aurait d\u00fb expirer le 15 mars 1915. Il annon\u00e7a alors que son gouvernement sera ax\u00e9 sur deux pivots; Justice et Libert\u00e9.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Fran\u00e7ois Antoine Simon h\u00e9rita de la situation \u00e9conomique difficile \u00e0 laquelle faisaient face ses deux pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Le taux de change de la monnaie nationale avait atteint la barre de 900% par rapport au dollar am\u00e9ricain et le gouvernement se retrouvait dans une \u00e8re qui exigeait une certaine modernit\u00e9: Infrastructure routi\u00e8re, lib\u00e9ralisation de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Antoine Simon, vu par certains comme trop simpliste pour se retrouver \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;\u00c9tat, se proposa de moderniser le pays. Mais les moyens lui manquaient. Contrairement \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur, qui refusaient d&#8217;emprunter de l&rsquo;\u00e9tranger pour ne pas hypoth\u00e9quer la souverainet\u00e9 du pays, Antoine Simon se tourna vers l&rsquo;\u00e9tranger sollicitant des capitaux \u00e0 travers des emprunts. Pour ce, il cr\u00e9a une nouvelle banque, celle cr\u00e9\u00e9e par Salomon ayant \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e par Nord Alexis. Elle \u00e9tait aliment\u00e9e par des actions d&rsquo;investisseurs fran\u00e7ais, allemands et am\u00e9ricains. Dans les \u00e9changes avec ces \u00e9trangers qui auraient d\u00fb \u00eatre des partenaires commerciaux, Antoine se laissa bern\u00e9. Plusieurs contrats ne furent pas respect\u00e9s, comme celui de Mac Donald pour la construction d&rsquo;un chemin de fer devant relier Port-au-Prince \u00e0 la deuxi\u00e8me ville du pays, le Cap-Haitien et la culture et l&rsquo;exportation de la figue-banane. Certaines de ses concessions r\u00e9volt\u00e8rent une grande part de la population.<\/p>\n<p>Des pochettes de m\u00e9contents se form\u00e8rent qui devinrent plus tard des insurg\u00e9s. Ce fut le cas des \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roul\u00e8rent \u00e0 Ouanaminthe de janvier \u00e0 mai 1911. Une insurrection \u00e9clata dans cette ville. Elle provoqua des r\u00e9actions violentes de la part du gouvernement qui mobilisa toutes ses forces pour la mater et ensuite s\u00e9vir contre les fauteurs. La ville fut livr\u00e9e au pillage.<\/p>\n<p>Cette victoire du gouvernement, loin d&rsquo;apaiser la col\u00e8re des opposants, redoubla leur ardeur. Les Cacos du Nord-Est, confiant leur leadership \u00e0 Cincinnatus Leconte, prirent la rel\u00e8ve et arriv\u00e8rent \u00e0 mettre en \u00e9chec les troupes de Simon. Ce dernier, finalement dut se r\u00e9signer \u00e0 partir, refusant dans un dernier geste patriotique, l&rsquo;aide des Am\u00e9ricains pour le maintenir au pouvoir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Monsieur, aurait-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9missaire am\u00e9ricain, plut\u00f4t que laisser intervenir l&rsquo;\u00e9trangers dans les affaires de mon pays, j&rsquo;aime mieux m&rsquo;en en aller.\u00a0\u00bb(10)<\/p>\n<p>\u00c0 son \u00e9v\u00e8nement en d\u00e9cembre 1908, Jacmel a \u00e9t\u00e9 la seule ville Jacmel qui avait go\u00fbt\u00e9, pendant un certain temps, aux bienfaits de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Port-au-Prince, la capitale ne sera \u00e9clair\u00e9e qu&rsquo;en 1910 sous son gouvernement d&rsquo;Antoine Simon. Il entreprit \u00e9galement le b\u00e9tonnage de certaines de la capitale pour la circulation des automobiles qui venaient de faire leur apparition dans la ville.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Antoine Simon eut le temps de revenir dans son pays avant de rendre l&rsquo;\u00e2me aux Cayes le 10 janvier 1923 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 79 ans.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">\ud83d\udcda Notes:<\/p>\n<ol class=\"indent-bullet\">\n<li>90 d\u00e9put\u00e9s et 29 s\u00e9nateurs participaient \u00e0 la s\u00e9ance .[\u00ab\u00a0Dissolution des Chambres\u00a0\u00bb <em>Le Nouvelliste<\/em> (Haiti), No 1120, Mercredi 14 mai 1902, p. 1.<\/li>\n<li>&nbsp;Deux D\u00e9crets du Gouvernement provisoire in: <i>Recueil des lois et actes de la R\u00e9publique d&rsquo;Ha\u00efti de 1887 \u00e0 1904&Prime; tome III: 1900-1904<\/i>. Port-au-Prince : Chez l&rsquo;auteur, 1912; pp. 263-264; 269-270.<br \/>\nAussi: <em>Le Moniteur.<\/em> 6, 10 et 17 septembre 1902.<\/li>\n<li>Le Markomania transportait pour le compte du gouvernement provisoire:<br \/>\n\u2022 25 caisses de fusils;<br \/>\n\u2022 20 caisses de cartouches;<br \/>\n\u2022 25 quarts de poudre.<br \/>\n<i>Recueil des lois et actes de la R\u00e9publique d&rsquo;Ha\u00efti de 1887 \u00e0 1904&Prime; tome III: 1900-1904<\/i>. Port-au-Prince : Chez l&rsquo;auteur, 1912; pp. 266.<\/li>\n<li>D\u00e9p\u00eache du gouvernement provisoire \u00e0 Killick:\n<div class=\"indent-ten\">Monsieur,<br \/>\nJe vous confirme le t\u00e9l\u00e9gramme de la pr\u00e9sente, par lequel le Gouvernement provisoire vous notifie que vous \u00eates relev\u00e9 de vos fonctions de Vice-Amiral. Vous \u00eates invit\u00e9, d\u00e8s la d\u00e9p\u00eache re\u00e7ue, \u00e0 laisser le commandement de la Cr\u00eate-\u00e0-Pierrot au Commandant Edward James Reed, charg\u00e9 de ramener le navire imm\u00e9diatement \u00e0 la Capitale. Nous vous informons aussi que le Corps Diplomatique est avis\u00e9 de cette d\u00e9cision.<br \/>\nRecevez, Monsieur l&rsquo;Amiral, l&rsquo;assurance de ma haute consid\u00e9ration.<br \/>\nBOISROND CANAL.<\/div>\n<p>.- <em>Le Moniteur <\/em>du 26 juillet 1902.<br \/>\n.- <i>Recueil des lois et actes de la R\u00e9publique d&rsquo;Ha\u00efti de 1887 \u00e0 1904&Prime; tome III: 1900-1904<\/i>. Port-au-Prince : Chez l&rsquo;auteur, 1912; pp. 247.<\/li>\n<li>Le \u00ab SMS Panther \u00bb avait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par les Allemands pour faire pression sur les gouvernements et ainsi obtenir d&rsquo;eux des concessions. Sa derni\u00e8re grande tentative d&rsquo;intimation fut sur les Fran\u00e7ais du Maroc en 1911.<\/li>\n<li>Lors du vote du 21 d\u00e9cembre 1902, sur les 115 bulletins recueillis, il obtint 100 voix. Il y avait 14 bulletins blancs et un bulletin portait le nom d&rsquo;Oreste Michel.<\/li>\n<li>\u00ab Hier [16 d\u00e9cembre] vers les onze heures du matin, le g\u00e9n\u00e9ral J. Saint-Fort, membre du gouvernement provisoire, charg\u00e9 du D\u00e9partement de l&rsquo;Int\u00e9rieur et commandant de Port-au-Prince est entr\u00e9 au Consulat am\u00e9ricain.<br \/>\nAu m\u00eame Consulat se sont rendus aussi, le g\u00e9n\u00e9ral Prosper Christophe, commandant de la place et le g\u00e9n\u00e9ral Trasybule K\u00e9breau, chef de la police administrative de la capitale.<br \/>\nOn dit que d&rsquo;autres personnes se sont \u00e9galement refugi\u00e9es dans des consulat. \u00bb<br \/>\n\u2261<br \/>\n<em>Le Nouvelliste<\/em> [Haiti], 5\u00e8 Ann\u00e9e, No 1297, Mercredi 17 d\u00e9cembre 1902; p.3.<\/li>\n<li>\u00ab Cit\u00e9 par Heinl, Robert Debs et Heinl, Nancy Gordon.&nbsp;<i>Written in blood: the story of the Haitian people 1492-1995<\/i>. 2\u00e8me \u00e9dition revue et corrig\u00e9e. New York: University Press. 1996.; p. 312.<\/li>\n<li><em>Loc. cit<\/em>.<\/li>\n<li>Rapport\u00e9 par Coradin, Jean D. <em>Histoire diplomatique d&rsquo;Hai\u0308ti. Tome 4 : 1908-1915<\/em>. Port-au-Prince : Ed. des Antilles 2000, p. 44.<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--nextpage--><br \/>\n<a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1843-1915\/3\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px;\"><\/i> <strong>Section III:<\/strong><span style=\"color: #ff0000;\"> La premi\u00e8re d\u00e9cade du XX\u00e8 si\u00e8cle<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section IV<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\"><\/h1>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">Les \u00c9ph\u00e9m\u00e8res<\/h2>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Cincinnatus Leconte<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=211\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/president_leconte.jpg\" width=\"240\"><\/a>Au d\u00e9part d&rsquo;Antoine Simon, Cincinnatus Leconte devint le pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 comme chef du pouvoir ex\u00e9cutif, il fut \u00e9lu le 14 ao\u00fbt 1911 par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<p>Un politicien et g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;arm\u00e9e dont la derni\u00e8re grande d\u00e9marche militaire fut de se retrouver \u00e0 la t\u00eate des cacos du Nord qui avaient fait appel \u00e0 lui alors qu&rsquo;il se trouvait encore en exil. \u00c0 leur t\u00eate, il avait march\u00e9 sur Port-au-Prince et pr\u00e9cipita le d\u00e9part d&rsquo;Antoine Simon.<\/p>\n<p>Cincinnatus Leconte avait \u00e9t\u00e9 membre du cabinet minist\u00e9riel de Tir\u00e9sias Simon Sam. Il occupait alors la fonction de ministre des Travaux publics et de l&rsquo;Agriculture.&nbsp; Auparavant, et apr\u00e8s des \u00e9tudes en Allemagne o\u00f9 il d\u00e9crocha un dipl\u00f4me en g\u00e9nie civile, il se lan\u00e7a dans l&rsquo;enseignement pour, ensuite, occuper plusieurs postes dans la fonction publique au niveau local [Voir son profil].<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses d\u00e9boires avec la justice et son inculpation lors du <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1879-1915\/2\/#consolidation\">proc\u00e8s de la consolidation<\/a>, il entra au palais national anim\u00e9 de bonnes intentions, pr\u00eat \u00e0 combattre la corruption et \u00e0 nettoyer l&rsquo;administration publique. Pour ce, il fit appel \u00e0 des hommes comp\u00e9tents et exp\u00e9riment\u00e9s. Il exigea des administrateurs de la fonction publique une grande int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p>Comprenant que l&rsquo;arm\u00e9e fut l&rsquo; une des institutions responsables des nombreux troubles et m\u00eame de la corruption dans le pays, il tacha de r\u00e9former l&rsquo;institution en faisant appel \u00e0 des jeunes qui recevaient alors une formation bas\u00e9e sur l&rsquo;ordre et la discipline militaires. Ils devinrent membres d&rsquo;une unit\u00e9 d&rsquo;\u00e9lite appel\u00e9e \u00ab\u00a0la R\u00e9forme\u00a0\u00bb. Les cacos lui avaient voulu de les avoir&nbsp; \u00e9cart\u00e9s de cette arm\u00e9e, eux qui avaient fait appel \u00e0 lui pour s&rsquo;imposer face aux troupes d&rsquo;Antoine Simon.<\/p>\n<p>Durant la pr\u00e9sidence de Cincinnatus Leconte, Haiti commen\u00e7ait \u00e0 jouir d&rsquo;une certaine r\u00e9putation en projetant l&rsquo;image d&rsquo;un pays gouvernable, donc positive. Sa lutte pour assainir l&rsquo;\u00e9conomie ont grandement contribu\u00e9 \u00e0 cette image. Se faisant, malheureusement, il multiplie ses ennemis quoique sa bienveillance envers les plus humbles lui ont valu une opinion favorable de la grande majorit\u00e9 du peuple. Certains pourtant le jugeaient trop pr\u00e8s des Allemands quoique il ait d\u00e9clin\u00e9 des offres d&#8217;emprunt de leur part pour ainsi garder le contr\u00f4le financier du pays. Il continua la guerre ouverte contre les syriens d\u00e9but\u00e9e sur Nord Alexis qui voulait limiter leur flux immigratoire et exigeait d&rsquo;eux une licence pour se lancer dans le commerce(1). Il attaqua la contrebande, ce qui l\u00e9sait les int\u00e9r\u00eats des grands commer\u00e7ants \u00e9trangers. Quand aux politiciens et aux chefs militaires rapaces, ils ne cachaient pas leur col\u00e8re quand l&rsquo;acc\u00e8s du tr\u00e9sor public leur fut ferm\u00e9. Ainsi, quand il perit dans l&rsquo;explosion du 8 ao\u00fbt 1912, beaucoup d&rsquo;historiens, faute de pouvoir identifier un coupables dans cette trag\u00e9die, point\u00e8rent du doigt tous ces secteurs comme ayant un motif pour se d\u00e9faire du pr\u00e9sident. L&rsquo;explosion du 8 ao\u00fbt 1912, qui d\u00e9truisit le palais national, ensevelit le chef de l&rsquo;\u00c9tat, des membres de sa famille et quelques centaines de soldats et mit ainsi fin \u00e0 un gouvernement ouvertement progressiste qui n&rsquo;a malheureusement dur\u00e9 qu&rsquo;un an et 3 jours.<\/p>\n<p>D\u00e9buta alors la valse des \u00e9ph\u00e9m\u00e8res qui s&rsquo;est termin\u00e9e trois ans plus sur la tragique note d&rsquo;un assassinat et le drame d&rsquo;une occupation de 19 ans.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Huit mois de pr\u00e9sident de Tancr\u00e8de&nbsp; Auguste<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft \" src=\"\/pages\/notables\/photos\/tancred_august.jpg\" width=\"250\">Le jour m\u00eame de l&rsquo;explosion, le m\u00e9canisme de la succession fut mis en branle. L&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, se r\u00e9unissant pour la circonstance, fit du g\u00e9n\u00e9ral Tancr\u00e8de&nbsp; Auguste(2) le successeur de Cincinnatus Leconte apr\u00e8s un vote o\u00f9 celui-l\u00e0 recueillit 99 voix alors que les autres candidats, Michel Oreste et Luxembourg Cauvin, ne recueillirent que 8 et 7 voix respectivement. Comme Leconte, Tancr\u00e8de fut l&rsquo;un des condamn\u00e9s durant le <a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1879-1915\/2\/#consolidation\">proc\u00e8s de la consolidation<\/a>. Comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, il fut plus tard l&rsquo;objet d&rsquo;une gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle. Il avait occup\u00e9 une place importante dans les cabinet de Florvil Hyppolite et de Tir\u00e9sias Simon d\u00e9tenant le portefeuille de l&rsquo;Int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ami personnel de Leconte, il comptait poursuivre la politique de ce dernier et conserva m\u00eame, dans un premier temps, son cabinet minist\u00e9riel. Le palais d\u00e9truit, il envisageait de le reconstruire imm\u00e9diatement et entreprendre un programme d&rsquo;urbanisation de la capitale pendant les travaux.<\/p>\n<p>Comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, il eut \u00e0 affronter de grandes difficult\u00e9s \u00e9conomiques et, en conflit avec la Banque de la R\u00e9publique r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e sous le gouvernement d&rsquo;Antoine Simon, il d\u00e9cida de faire appel aux \u00e9trangers, les Allemands surtout, pour la r\u00e9alisation de son programme de gouvernement. Malheureusement, sa pr\u00e9sidence ne fut que de courte dur\u00e9e. Le 2 mai 1913, soit 8 mois et 24 jours apr\u00e8s son \u00e9lection, il rendit l&rsquo;\u00e2me de fa\u00e7on inopin\u00e9e. Ses fun\u00e9railles qui eurent lieu \u00e0 la cath\u00e9drale de Port-au-Prince deux jours apr\u00e8s son tr\u00e9pas se d\u00e9roul\u00e8rent dans une atmosph\u00e8re tendue avec, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9glise de grandes tumultes.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, les parlementaires se r\u00e9unirent pour lui donner un successeur alors que s&rsquo;affront\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du Parlement deux factions de l&rsquo;arm\u00e9e: des soldats de l&rsquo;arrondissement militaire de Port-au-Prince sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Edmond D\u00e9fly et ceux de la Garde et de la \u00ab\u00a0R\u00e9forme\u00a0\u00bb, cette unit\u00e9 d&rsquo;\u00e9lite cr\u00e9\u00e9e par Leconte, sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Maurice Ducasse. Avec le triomphe de ce dernier, le coup de D\u00e9fly a \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 et les \u00e9lections ont pu se poursuivre. Michel Oreste, apr\u00e8s avoir obtenu 72 voix sur les 95 recueillies fut proclam\u00e9 pr\u00e9sident d&rsquo;Haiti.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Michel Oreste, la grande d\u00e9ception<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Av<a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=203\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Profil de Michel Oreste\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/michel_oreste201307.jpg\" alt=\"Michel Oreste: Photo\" width=\"240\" height=\"826\"><\/a>ocat de profession et professeur de droit administratif, Michel Oreste devint le premier civil \u00e0 devenir chef d&rsquo;\u00c9tat en Haiti. Il n&rsquo;\u00e9tait donc pas bien vu des militaires qui avaient l&rsquo;habitude de se trouver au-devant de la sc\u00e8ne politique et pouvaient faire et d\u00e9faire les gouvernements. Un civil est une aberration, d&rsquo;autant plus que ce civil voulait poursuivre la r\u00e9forme de l&rsquo;arm\u00e9e initi\u00e9e par Leconte, r\u00e9duire les d\u00e9penses de cette puissante institution et supprimer les pr\u00e9bendes distribu\u00e9es aux chefs cacos, grands absents dans son gouvernement.<\/p>\n<p>La dossier du retrait du papier-monnaie, envisag\u00e9 par tous les gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents depuis Nord Alexis, resta d&rsquo;actualit\u00e9. Il se montra alors contre le retrait progressif du papier-monnaie et voulait le retrait de tous ces papiers et leur remplacement par une monnaie. Les obstacles \u00e0 cette d\u00e9marche venaient de plusieurs secteurs dont, en premier lieu, la Banque d&rsquo;Haiti. Ceux qui poss\u00e9daient des stocks de papier-monnaie s&rsquo;y montr\u00e8rent farouchement oppos\u00e9s parmi ceux-ci les \u00e9trangers qui profitaient de toutes les situations malheureuses que connut le pays pendant les 12 derni\u00e8res ann\u00e9es. Contrebandes, extorsions tous les moyens sont bons pour augmenter leur richesse. L&rsquo;extorsion honteuse des fr\u00e8res Peters fut un exemple patent de l&rsquo;attitude immoralement affairiste ces \u00e9trangers.<\/p>\n<p>\u00c9mile et Hermann Peters, propri\u00e9taire d&rsquo; une aci\u00e9rie dans la Plaine du Cul de Sac se dirent victimes des troubles de 1911 qui auraient occasionn\u00e9 la perte de leur factory d\u00fb \u00e0 un incendie criminel. Il exig\u00e8rent alors du gouvernement en guise de r\u00e9paration 300,000 dollars. Malgr\u00e9 la nature frauduleuse de leur demande, le gouvernement d\u00e9cida de leur donner 125,000, ce qui qui suscita la d\u00e9sapprobation du S\u00e9nat de la R\u00e9publique. Cette ultime extorsion porta un coup terrible au pr\u00e9sident Michel dont la r\u00e9putation d&rsquo;homme int\u00e8gre embrassant jusqu&rsquo;alors des principes de lib\u00e9ral commen\u00e7aient alors \u00e0 s&rsquo;effriter. La plus grande d\u00e9ception cependant vint du fait qu&rsquo;il essaya lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives de janvier 1910 d&rsquo;imposer des candidats qui lui auront \u00e9t\u00e9 fid\u00e8les.<\/p>\n<p>Le Nord, en \u00e9tat de r\u00e9bellion latente, se souleva. L&rsquo;insurrection, en peu de temps, se propagea dans l&rsquo;Ouest, notamment \u00e0 Thomazeau, le 31 d\u00e9cembre 1913, et dans l&rsquo;Artibonite o\u00f9 deux chef cacos, Davilmar Th\u00e9odore et Oreste Zamor s&rsquo;affront\u00e8rent. Michel Oreste, devant la gravit\u00e9 de la situation, et se sentant isol\u00e9, remit le 27 janvier 1913 sa d\u00e9mission au S\u00e9nat de la R\u00e9publique. Dans sa note de d\u00e9mission, il accusa le peuple de n&rsquo;avoir pas compris ses d\u00e9marches entreprises uniquement pour son bien-\u00eatre. Deux jours plus tard, le 29 janvier, il prit le chemin de l&rsquo;exil et s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 Kingston, Jama\u00efque. Les luttes fratricides pour la conqu\u00eate du pouvoir sont alors reprises avec, au premier rang des chefs cacos de la trempe d&rsquo;Oreste Zamor, de Davilmar Th\u00e9odore et de Vilbrun Guillaume Sam qui tous gouteront pour une courte dur\u00e9e aux fruits \u00e2cres de la pr\u00e9sidence.<\/p>\n<\/div>\n<h4 class=\"title_paragraf\">Les trois derniers chefs d\u2019\u00c9tat avant l\u2019occupation am\u00e9ricaine<\/h4>\n<hr>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>Trois constantes marquaient les pr\u00e9sidences des trois derniers chefs d\u2019\u00c9tat avant l&rsquo;occupation am\u00e9ricaine.<\/p>\n<ol>\n<li>Ils se sont tous impos\u00e9s par la force des armes et l\u2019Assembl\u00e9e nationale n\u2019a fait qu\u2019approuver un \u00e9tat de fait en les remettant la pr\u00e9sidence, pour un mandat de sept ans..<\/li>\n<li>Ils ne sont rest\u00e9s au pouvoir que quelques mois, forc\u00e9s de se retirer par la violence et menaces des bandes arm\u00e9es appel\u00e9es alors Cacos.<\/li>\n<li>Durant chacune de ces pr\u00e9sidences, le gouvernement am\u00e9ricain essaya d&rsquo;obtenir le contr\u00f4le financier d&rsquo;Ha\u00efti d&rsquo;abord par diplomatie et ensuite par chantage.Ils promettaient en \u00e9change:\n<ol>\n<li>Leur protection contre l&rsquo;agressivit\u00e9 des puissances \u00e9trang\u00e8res dont l\u2019Allemagne et l\u2019\u00e9limination des troubles internes.<\/li>\n<li>Le flux d&rsquo;investissement am\u00e9ricains qui auraient permis \u00e0 ces pr\u00e9sident de ren\u00e9gocier la dette publique et de mieux g\u00e9rer le dossier de la monnaie avec le retrait des papiers-monnaies.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00c9videmment, tous ont refus\u00e9 de signer le contrat qui aurait permis aux Am\u00e9ricain de prendre en charge les finances du pays, de peur de passer \u00e0 l&rsquo;histoire comme ceux qui auraient hypoth\u00e9qu\u00e9 la souverainet\u00e9 du pays.<\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"\/pages\/notables\/getperson.php?action=$search&#038;id=253\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Profil de Vilbrun Guillaume Sam\" src=\"\/pages\/notables\/photos\/guillaume_sam.jpg\" alt=\"Photo de Vilbrun Guillaume Sam\" width=\"227\" height=\"437\"><\/a>Le dernier pr\u00e9sident de cette p\u00e9riode de gouvernements \u00e9ph\u00e9m\u00e8res fut le g\u00e9n\u00e9ral Vilbrun-Guillaume Sam. Auparavant d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du gouvernement dans le Nord, il avait d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9 ses vell\u00e9it\u00e9s pr\u00e9sidentielles apr\u00e8s le d\u00e9part de Michel Oreste.<\/p>\n<p>Quand il entra \u00e0 Port-au-Prince le 25 f\u00e9vrier 1915, il fut re\u00e7u en triomphateur et l\u2019Assembl\u00e9e nationale, par un vote le 7 mars suivant fit de lui le pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti pour un mandat de sept ans. Deux jours plus tard, il fut investi dans ses fonctions.<\/p>\n<p>Les deux premier mois furent marqu\u00e9s par une certaine diligence de donner \u00e0 l\u2019\u00c9tat un autre visage par des r\u00e9formes structurelles. Certains de ses puissants partisans obscurcissent ses d\u00e9marches par leur z\u00e8le, en remplissant les prisons de soi-disant opposants et fauteurs de trouble.<\/p>\n<p>Les Cacos insatisfaits reprirent la lutte fratricide. Cette fois avec pour chef nominal, Rosalvo Bobo, un m\u00e9decin qui nourrissait depuis quelques ann\u00e9es le r\u00eave de devenir pr\u00e9sident d&rsquo;Ha\u00efti. Malgr\u00e9 les d\u00e9convenues de Bobo et d&rsquo;un de ses groupes dans le Nord, les cacos parvinrent \u00e0 entrer dans la capitale et attaqu\u00e8rent dans la nuit du 26 au 27 juillet 1915, le palais national. Le pr\u00e9sident&nbsp; bless\u00e9 et pensant que tout \u00e9tait perdu trouva refuge au consulat fran\u00e7ais, laissant une note au commandant de l\u2019arrondissement de Port-au-Prince, Charles-Oscar \u00c9tienne. Celui-ci, interpr\u00e9tant mal une partie de la note donna, l\u2019ordre d&rsquo;ex\u00e9cuter les prisonniers enferm\u00e9s au p\u00e9nitencier national, parmi lesquels l\u2019ancien pr\u00e9sident, Oreste Zamor. Quand la population d\u00e9couvrit l\u2019horrible massacre, elle se rendit aux l\u00e9gations fran\u00e7aise et dominicaine o\u00f9 se trouvaient Sam et Charles Oscar \u00c9tienne, s\u2019accapara d\u2019eux et les tua.<\/p>\n<p>Le gouvernement r\u00e9volutionnaire constitu\u00e9 \u00e0 la capitale n\u2019eut m\u00eame pas le temps de se faire conna\u00eetre de la population, les Am\u00e9ricains d\u00e9barqu\u00e8rent le 28 juillet. Ce fut l\u2019OCCUPATION.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">\ud83d\udcda Notes:<\/p>\n<ol>\n<li>\u00ab\u00a0Loi du 24 juillet 1903\u00a0\u00bb publi\u00e9e dans Le Moniteur (Haiti) du 8 juin 1904 in:&nbsp;<i>Recueil des lois et actes de la R\u00e9publique d&rsquo;Ha\u00efti de 1887 \u00e0 1904&Prime; tome III: 1900-1904<\/i>. Port-au-Prince : Chez l&rsquo;auteur, 1912; pp. 345-347.<\/li>\n<li>\u00ab\u00a0D\u00e9cret de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale nommant Tancr\u00e8de Auguste, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb in: Mathon, Etienne. <em>Annuaire de l\u00e9gislation ha\u00eftienne&nbsp;contenant les lois vote\u0301es par les chambres l\u00e9gislatives en l&rsquo;ann\u00e9e &#8230; De\u0301crets et arr\u00eat\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<\/em>. Port-au-Prince : Imprimerie J. Verrollot, 1913; p. 7.<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--nextpage--><br \/>\n<a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/periodes\/1843-1915\/4\"><i class=\"fa fa-angle-double-left\" style=\"font-size: 20px;\"><\/i> <strong>Section IV:<\/strong> <span style=\"color: #ff0000;\"> Les \u00c9ph\u00e9m\u00e8res<\/span><\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Section V<\/h1>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"\/.\/images\/line-bar\/calendar_voodoo.jpeg\"><\/p>\n<h2 class=\"excerpt-title\" style=\"text-align: center;\">Le Verdict<\/h2>\n<div class=\"indent-both\">\n<p>De 1843 \u00e0 1915, Haiti a connu 22 pr\u00e9sidents. 32 <a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/\">juntes ou conseils de gouvernement<\/a>. Les pr\u00e9sidents se recrut\u00e8rent dans toutes les cat\u00e9gories. Elle a eu des tyrans (Michel Domingue), des nationalistes (Soulouque, Salomon, Nord Alexis), des incomp\u00e9tents, des populistes (Salnave), mais tous ont voulu r\u00e9duire les l\u00e9gislatures au rang de valets et tous, hormis Michel Oreste, ont \u00e9t\u00e9 des militaires.<\/p>\n<p>L&rsquo;ordonnance royale de Charles X sign\u00e9e en 1825 n&rsquo;avait pas pu intensifier les relations diplomatiques entre Haiti et les autres pays. Mais durant cette p\u00e9riode, Haiti essaya de sortir de son isolement par l&rsquo;\u00e9tablissement de relations diplomatiques avec quelques&nbsp; pays dont les Etats-Unis et le Saint Si\u00e8ge. Plusieurs des repr\u00e9sentants diplomatiques avaient pri l&rsquo;habitude d&rsquo;accueillir les opposants en fuite, de prot\u00e9ger les pr\u00e9sidents tomb\u00e9s en disgr\u00e2ce ou poursuivis par la populace. Malheureusement, quelques-uns de ces repr\u00e9sentants se sont rendus complices des actes d&rsquo;extorsions de leurs gouvernements en encourageant leurs compatriotes \u00e0 porter plainte contre l&rsquo;\u00c9tat ha\u00eftien pour des bagatelles: L&rsquo;affaire Luders (6 d\u00e9cembre 1897) en fut l&rsquo;une des plus criantes et r\u00e9voltantes.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode qui va de 1889 \u00e0 1915 demeure l&rsquo;une des plus tumultueuses de l&rsquo;histoire d&rsquo;Haiti. Lorsque Salomon qui termina son premier mandat, arriva \u00e0 briguer un second, il suscita bien de m\u00e9contents et fut finalement renvoy\u00e9. Apr\u00e8s son d\u00e9part, 10 pr\u00e9sident se sont succ\u00e9d\u00e9s. Les empreintes laiss\u00e9es par ces diff\u00e9rents gouvernements restent profond\u00e9ment grav\u00e9es dans l&rsquo;esprit du peuple et de ceux qui exercent \u00e0 quelque titre de hautes fonctions dans l&rsquo;\u00c9tat. Marqu\u00e9e par l&rsquo;ambition du pouvoir, des g\u00e9n\u00e9raux firent de la pr\u00e9sidence, malgr\u00e9 son caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, le couronnement de leur carri\u00e8re militaire.<\/p>\n<p>Cette \u00e9poque fut tiss\u00e9e de scandales, d&rsquo;humiliations inflig\u00e9es \u00e0 la patrie par des puissances sur simple complainte de leurs ressortissants. Elle expose l&rsquo;antinationalisme de l&rsquo;\u00e9lite qui avait perdu son pouvoir avec la disparition du parti Lib\u00e9ral en 1883. Cette \u00e9lite alimentait les divisions sociales et menait ouvertement campagne pour une annexion du territoire par les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Au lieu d&rsquo;une l&rsquo;annexion, la puissance du Nord nous occupa et nous imposa ses lois pendant 19 ans.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"recommended\">\ud83d\udcda R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques:<\/p>\n<ul class=\"indent-bullet\">\n<li><em>Histoire du gouvernement du g\u00e9n\u00e9ral L\u00e9gitime : pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d&rsquo;Hai\u0308ti&#8230;<\/em> Paris : [E. Leroux [Angers, A. Burdin et cie.]., 1890.<\/li>\n<li><em>The United States and the government of Gen. F.D. Le\u0301gitime.<\/em> New York, N. Thompson &amp; Co. [1889].<\/li>\n<li>Antoine, Max A. <em>Salomon Jeune : martyr volontaire de sa classe, ses ide\u0301es son action.<\/em> Port-au-Prince, Hai\u0308ti : H. Deschamps, 1968.<\/li>\n<li>Bernard, Dominique F.<em> Histoire des interpellations parlementaires depuis la constitution de 1867.<\/em> Port-au-Prince : Imprimerie Bernard, 1913-<\/li>\n<li>Gaillard, Roger.<em> Antoine Simon ou la modification : (d\u00e9cembre 1908 &#8211; fe\u0301vrier 1911).<\/em> Port-au-Prince : Imprimerie Le Natal, 1998.<\/li>\n<li>Gaillard, Roger.&nbsp;<em>La guerre civile : une option dramatique (15 juillet-31 de\u0301cembre 1902).<\/em> Port-au-Prince, Hai\u0308ti : R. Gaillard, 1993.<\/li>\n<li>Gaillard, Roger.<em> Une modernisation manque\u0301e (1880-1896).<\/em> Port-au-Prince, Hai\u0308ti : R. Gaillard, 1995, \u00a91984.<\/li>\n<li>Gaillard, Roger. Le grand fauve (1902-1908). Port-au-Prince : Imprimerie Le Natal, 1995.<\/li>\n<li>Manigat, Leslie F. <em>Un fait historique: l&rsquo;ave\u0300nement a\u0300 la pr\u00e9sidence d&rsquo;Hai\u0308ti du ge\u0301ne\u0301ral Salomon; essai d&rsquo;application d&rsquo;un point de th\u00e9orie d&rsquo;histoire.<\/em> Port-au-Prince : Imprimerie de l&rsquo;\u00c9tat, 1957.<\/li>\n<li>Michel, Antoine. <em>Av\u00e8nement du g\u00e9n\u00e9ral Fabre Nicolas Geffrard \u00e0 la pr\u00e9sidence d&rsquo;Haiti<\/em>. Port-au-Prince : Editions Fardin, 1981.<\/li>\n<li>Narcisse, J. P. Richard. <em>Dans l&rsquo;ombre d&rsquo;une exe\u0301cution : toute l&rsquo;enque\u0302te sur l&rsquo;affaire Coicou.<\/em> New York : Haitian Book Centre, 2010.<\/li>\n<li>Nicholls, David. \u00ab\u00a0The Wisdom of Salomon: Myth or Reality?\u00a0\u00bb <em>Journal of Interamerican Studies and World Affairs.<\/em> Vol. 20, No. 4 (Nov., 1978), pp. 377-392<\/li>\n<li>Numa, Edgar N. <em>Antoine Simon et la fatalite\u0301 historique.<\/em> [Port-au-Prince] : Les \u00c9dition Fardin, 2014.<\/li>\n<li>Pierre-Paul, Antoine.<em> Les \u00e9v\u00e9nements qui ont amen\u00e9 Antoine Simon au pouvoir.<\/em> Port-au-Prince, Haiti : \u00c9ditions Panorama, [1966?].<\/li>\n<li>Plummer, Brenda Gayle.<em> Haiti and the great powers, 1902-1915.<\/em> Baton Rouge : Louisiana State University Press, \u00a91988.<\/li>\n<li>Price-Mars, Jean. <em>Ceux d&rsquo;autrefois : la lutte pour le pouvoir entre Florvil Hyppolite et Fran\u00e7ois L\u00e9gitime en 1888-1889.<\/em> Pe\u0301tion-Ville, Hai\u0308ti : C3 \u00c9ditions, 2013.<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"recommended\">\ud83d\udcc2 Pages connexes:<\/p>\n<ul class=\"indent-bullet twocolumn\">\n<li><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/notables\/chefs-detat\/\">Chefs d&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Haiti<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/constitution-1843\/\">Constitution de 1843<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/pages\/plan\/histoire-et-societe\/documents-historiques\/constitutions\/1846-2\/\">Constitution 1846<\/a><\/li>\n<li><a href=\"pages\/histoire\/ephemerides.php\">Histoire: Rep\u00e8res chronologiques<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/pages\/plan\/politique\/pouvoir-executif\/juntes-et-conseils-executifs\/\">Juntes et conseils ex\u00e9cutifs<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/pages\/notables\/\">Les Notables Haitiens<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><!-- Bas de la page --><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>P\u00e9riode de valse des g\u00e9n\u00e9raux, elle est marqu\u00e9e par une lutte sans merci pour la supr\u00e9matie politique, sociale et \u00e9conomique avec des insurrections \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. <\/p>\n<p>Pendant ces 72 ans, Haiti a connu 22 pr\u00e9sidents, 32 juntes ou conseils de gouvernement. Les pr\u00e9sidents se recrut\u00e8rent dans toutes les cat\u00e9gories et ont \u00e9t\u00e9, pour certains, des tyrans (Michel Domingue, Vilbrun Guillaume Sam), pour d\u2019autres, des incomp\u00e9tents, des nationalistes (Soulouque, Salomon, Nord Alexis), des populistes, mais tous ont voulu r\u00e9duire les l\u00e9gislatures au rang de valets et tous, hormis Michel Oreste, ont \u00e9t\u00e9 des militaires.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":22638,"menu_order":5,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-histoire.php","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"class_list":["post-18340","page","type-page","status-publish","hentry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>6250.- Histoire d&#039;Haiti: 1843-1915 &#187;<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Page de l&#039;Histoire d&#039;Haiti couvrant la p\u00e9riode l de 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